Apple franchit une nouvelle étape dans sa stratégie industrielle américaine. La firme a confirmé qu’elle commencera la production du Mac mini aux États-Unis dès cette année, une annonce officialisée par Sabih Khan, directeur des opérations d’Apple.
Une montée en puissance progressive
La déclaration a été faite au Wall Street Journal au cours d’une visite d’une usine Foxconn située à Houston, au Texas, où Apple prévoit d’implanter une partie de la chaîne de fabrication de son ordinateur de bureau compact.
Interrogé sur les volumes de production, Sabih Khan a précisé qu’Apple fabrique actuellement des milliers de Mac mini chaque semaine à l’échelle mondiale. L’objectif, à terme, serait d’augmenter la capacité du site texan afin de servir une partie de la demande internationale. Avec le temps, nous voulons développer la production du Mac mini ici pour répondre aux besoins de nos clients dans cette région, indique-t-il.
Jusqu’à présent, le Mac mini était assemblé principalement en Chine et au Vietnam. Ce changement marque donc une évolution notable, même si Apple reste prudente sur les volumes exacts qui seront produits aux États-Unis dans un premier temps.
Une continuité après le Mac Pro
Apple n’en est pas à son premier projet industriel sur le sol américain. Le Mac Pro, ordinateur professionnel à faible volume, est assemblé aux États-Unis depuis 2013, avec une relance de la production en 2019. Le Mac mini, produit bien plus largement, représente toutefois un défi d’une autre ampleur.
Notons que l'on peut aussi découvrir au passage un aperçu inédit des chaînes de production de GlobalWafers et de TSMC en Arizona, deux acteurs clés de la stratégie américaine d’Apple dans les semi-conducteurs.
Qu'en penser ?
Le timing de cette annonce ne doit rien au hasard. Elle est intervenue à quelques heures du discours sur l’état de l’Union 2026 de Donald Trump, prévu ce mardi 24 février. Apple, comme d’autres géants technologiques, fait face à une pression accrue liée aux droits de douane sur les produits importés, et cherche à limiter l’impact de ces mesures sur ses coûts.
En relocalisant une partie de sa production, la décision de Cupertino n'est donc pas neutre et on peut y voir une tentative de sécuriser sa chaîne d’approvisionnement (et aussi de répondre à certaines exigences présidentielles). La question est de savoir si cette initiative restera symbolique ou si elle marque le début d’un mouvement plus large vers une fabrication américaine à plus grande échelle.