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La Chine interdit les logiciels de cybersécurité américains et israéliens

Par Vincent Lautier - Publié le

Les autorités chinoises viennent de frapper fort. Une directive gouvernementale exige que les entreprises du pays cessent d'utiliser les solutions de sécurité informatique d'une vingtaine de sociétés américaines et israéliennes. Délai de mise en conformité : premier semestre 2026.

La Chine interdit les logiciels de cybersécurité américains et israéliens


Une liste longue comme le bras



Les entreprises visées ne sont pas des petits joueurs. Côté américain, on retrouve VMware (propriété de Broadcom), Palo Alto Networks, Fortinet, CrowdStrike, SentinelOne, McAfee, Mandiant, Wiz (tous deux appartenant à Alphabet), Recorded Future, Claroty et Rapid7. Côté israélien, Check Point Software Technologies, CyberArk, Orca Security et Cato Networks sont concernés. Imperva, désormais dans le giron du français Thales, figure aussi sur la liste noire.

La raison officielle ? Pékin craint que ces logiciels puissent collecter et transmettre des informations confidentielles à l'étranger. Il faut dire que les entreprises de cybersécurité emploient souvent d'anciens agents du renseignement et collaborent parfois étroitement avec leurs gouvernements respectifs. Leurs outils disposent d'un accès privilégié aux réseaux d'entreprise et aux données sensibles.

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Une riposte en miroir



Cette décision rappelle étrangement ce qu'ont fait les États-Unis avec Kaspersky. L'antivirus russe a été banni des réseaux gouvernementaux américains dès 2017, puis carrément interdit à la vente sur tout le territoire en 2024. La Chine applique donc la même logique, mais à l'envers. Les alternatives locales comme 360 Security Technology ou Neusoft sont prêtes à prendre le relais, même si les analystes s'interrogent sur leur capacité à rivaliser avec les géants occidentaux.

Sur les marchés, la réaction a été immédiate. L'action Palo Alto Networks a chuté de 2,8 % avant l'ouverture de Wall Street, tout comme celle de Fortinet. Le marché chinois de la cybersécurité pèse tout de même 27 milliards de dollars en 2025 et devrait atteindre 72 milliards d'ici 2030.

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On en dit quoi ?



C'est quand même un signal fort de la part de Pékin. La guerre technologique entre la Chine et les États-Unis prend une nouvelle dimension, et la cybersécurité devient un terrain de bataille à part entière. Difficile de ne pas voir une certaine symétrie avec les restrictions américaines sur Huawei ou les semi-conducteurs chinois. Chaque pays construit ses murs numériques quand il en est capable, et les entreprises occidentales perdent un marché colossal. Reste à voir si les solutions chinoises pourront vraiment remplacer des acteurs aussi établis que CrowdStrike ou Check Point.