Selon une enquête menée par 27 autorités de protection des données, dont la CNIL, les plateformes collectent toujours plus d’informations personnelles, tout en s’appuyant sur des contrôles d’âge largement inefficaces.
Une collecte de données en forte hausse
L’étude, qui a analysé près de 900 sites et applications (réseaux sociaux, jeux, éducation ou e-commerce), met en évidence une tendance préoccupante : la collecte de données personnelles continue de progresser.
Ainsi, on apprend qu’en 2025, 40 % des plateformes demandent le nom des utilisateurs, contre 29 % en 2015. Plus globalement, 59 % exigent une adresse e-mail, 50 % un pseudonyme et 46 % des données de localisation pour accéder à certaines fonctionnalités. En outre, cette évolution touche aussi les plus jeunes, alors même que les initiatives visant à renforcer leur protection se multiplient depuis plus de dix ans.
Des contrôles d’âge largement contournables
En parallèle, les dispositifs de vérification de l’âge se sont démocratisés, passant de 15 % des sites en 2015 à environ 45 % aujourd’hui. Mais leur efficacité reste très limitée.
Dans la majorité des cas, les plateformes utilisent la méthode dite de l’auto-déclaration : il suffit à l’utilisateur d’indiquer son âge, et ce, sans aucune vérification. Résultat, 88 % des systèmes en place sont facilement contournables.
Les méthodes plus robustes restent marginales : seulement 11 % des services demandent un document officiel, et à peine 5 % utilisent des technologies d’estimation, comme l’analyse faciale via l’IA.
Un dilemme entre sécurité et vie privée
Cette situation met en lumière un débat de fond : comment concilier protection des mineurs et respect de la vie privée ? Certaines plateformes, comme Reddit, refusent de renforcer les contrôles au prix d’une collecte accrue de données personnelles. L’entreprise estime que ces exigences sont contradictoires avec ses engagements en matière de confidentialité.
À l’inverse, des organisations comme 5Rights Foundation défendent des solutions techniques permettant de vérifier l’âge sans compromettre la vie privée. Parmi elles, les systèmes dits double blind, où un tiers vérifie l’âge sans transmettre les données personnelles au service. Plus sécurisant mais plus coûteux aussi !
Une pression réglementaire croissante
Face à ces limites, les autorités accentuent la pression. En Europe, le Digital Services Act impose aux plateformes de garantir un haut niveau de protection pour les mineurs.
Certaines plateformes de contenus pour adultes sont déjà dans le viseur pour défaut de contrôle d’âge. Par ailleurs, la Commission européenne travaille sur une solution de vérification basée sur une application officielle, censée concilier sécurité et respect de la vie privée.
Dans le même temps, plusieurs pays envisagent des mesures plus radicales, allant jusqu’à restreindre l’accès des mineurs aux réseaux sociaux.
Qu’en penser ?
Si quelques bonnes pratiques émergent — comme des outils de contrôle parental ou des alertes limitant le partage d’informations sensibles —, elles restent encore minoritaires. Pour les régulateurs, le constat est clair : malgré les efforts affichés, l’écosystème numérique évolue dans le mauvais sens. Plus de données sont collectées, tandis que les protections restent insuffisantes. Un déséquilibre qui pourrait accélérer l’adoption de règles plus strictes dans les années à venir.
Besoin d'aide pour choisir votre logiciel de sécurité ?
Personne n'est à l'abri des virus et du phishing. Protégez vos fichiers et vos données personnelles, utilisez un logiciel de sécurité! Consultez nos dossiers sur le sujet des antivirus pour le Mac. Ces articles sont constamment mis à jour et relayent les dernières promotions.