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Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 22,6 milliards

Par Vincent Lautier - Publié le

C'est le plus gros rachat de l'histoire du groupe français. Schneider Electric a signé l'acquisition de PTC, l'éditeur américain des logiciels industriels Creo et Windchill, pour 22,6 milliards de dollars en cash, autour de 20 milliards d'euros. Les actionnaires n'ont visiblement pas la même lecture de l'opération que la direction, l'action a perdu 10 % dans la journée.

Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 22,6 milliards


Mais c'est quoi, PTC ?



PTC ne parle pas au grand public, mais les industriels, eux, connaissent très bien. Fondée en 1985 du côté de Boston, la société édite Creo, un logiciel de conception 3D, et Windchill, qui suit la vie complète d'un produit, des premiers plans jusqu'au service après-vente. Des outils qu'on retrouve chez les grands industriels, de l'automobile à l'aéronautique. Schneider met 205 dollars sur chaque action, plus de 40 % au-dessus du dernier cours, et le titre PTC a logiquement bondi de 37 % à Wall Street. Il faudra quand même patienter, la finalisation est espérée fin 2027, le temps que les régulateurs donnent leur accord.

Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 22,6 milliards


C'est l'IA qui paie



Un fabricant de tableaux électriques et d'onduleurs qui s'offre un éditeur de logiciels, ça peut surprendre. Sauf que Schneider est devenu l'un des grands gagnants du boom des datacenters. Depuis l'arrivée de ChatGPT, les salles serveurs sont passées de racks de 40 kW à des armoires de 250 kW refroidies par liquide, et le groupe fournit une bonne partie de l'équipement électrique qui va autour. Du coup, les rachats de logiciels s'empilent, Aveva d'abord, Cognite en juin pour 3,1 milliards de dollars, et maintenant PTC. L'objectif est clair, couvrir toute la chaîne, de la conception d'un produit jusqu'à la maintenance de l'usine qui le fabrique, avec une grosse couche d'IA par-dessus.

Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 22,6 milliards


Payé cash, et très cher



Reste la facture. Schneider règle l'ensemble en liquide, avec 16 à 17 milliards de dollars de dette en plus et une émission d'actions pour boucler le financement. La Bourse a tranché sans attendre, le titre a plongé de 10 % lundi, autour de 272 euros, alors qu'il gagnait encore près de 30 % depuis le début de l'année. Les marchés trouvent ça cher payé.

On en dit quoi ?



D'habitude, ça se passe dans l'autre sens, les géants américains raflent les pépites technologiques européennes et tout le monde râle. Voir un groupe français s'offrir un des gros éditeurs de Boston, pour une fois, ça fait plaisir. Le pari est quand même énorme, tout repose sur l'idée que la folie des datacenters va durer assez longtemps pour rembourser la dette. Si l'IA ralentit, la facture restera. Mais un champion européen du logiciel industriel de cette taille ne se construit pas sans risque, et celui-là est au moins assumé jusqu'au bout.