Après l'enlisement du programme européen SCAF, censé donner à la France, l'Allemagne et l'Espagne un avion de combat commun, la France a décidé de faire cavalier seul. Dassault prépare le Rafale F5, surnommé Super Rafale, un chasseur gavé d'intelligence artificielle, épaulé par un drone furtif et porteur d'un futur missile nucléaire. L'entrée en service est prévue entre 2033 et 2035.
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Un Rafale méconnaissable, dopé à l'IA et aux nouveaux capteurs
Le standard F5 ne sera pas une simple mise à jour, mais une évolution en profondeur de l'appareil que l'on connaît. Au menu, un tout nouveau radar développé par Thales, le RBE2 XG, une suite de guerre électronique SPECTRA renforcée pour repérer et brouiller les menaces, ainsi qu'un réseau interne en fibre optique capable d'avaler des montagnes de données. Le tout est arrosé de fonctions d'assistance basées sur l'IA, pensées pour soulager le pilote dans le feu de l'action. Safran planche même sur un moteur revu, le M88 T-REX, pendant que l'avion se prépare à emporter l'ASN4G, le futur missile nucléaire hypersonique qui remplacera l'actuel ASMPA-R.
Un drone furtif pour lui tenir compagnie
La vraie nouveauté se cache peut-être ailleurs, dans le petit compagnon que Dassault veut faire voler aux côtés du chasseur. Il s'agit d'un drone de combat furtif hérité du démonstrateur nEUROn, chargé d'accompagner le Rafale dans les zones les plus défendues, en éclaireur, en leurre ou en bras armé supplémentaire. La feuille de route tient en trois temps, le Rafale F5 d'abord, ce drone furtif ensuite, puis un avion de rupture plus tard. Et le contrat du drone est déjà signé.
Une réponse directe au fiasco européen
Si la France avance seule, c'est parce que le SCAF a calé. Sa phase intermédiaire s'est achevée en avril 2026 sans que personne ne signe la suite, après des mois de bras de fer entre Dassault et Airbus, qui porte les intérêts allemands et espagnols, sur le partage de la maîtrise d'oeuvre. Paris a tranché. En gardant les mains libres, la France ne dépend plus du feu vert de personne, ce qui l'arrange aussi à l'export, là où elle reste seule à décider de ses ventes. Le Super Rafale reste quand même une belle promesse sur le papier plus qu'un programme financé, avec un premier escadron espéré à Luxeuil vers 2036 et une commercialisation visée dès 2035.
On en dit quoi ?
Le geste a de l'allure. La France refuse de moisir dans un projet européen bloqué et reprend seule la main sur son aviation de chasse. Sauf que faire bande à part, ça se paie, en argent comme en années, et il faudra que ce tandem chasseur plus drone tienne tête aux futurs appareils américains, britanniques et chinois qui préparent la même bascule. Le pari est gonflé. Il ne lui manque plus qu'un vrai budget pour décoller.