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Nvidia et Mistral veulent un datacenter IA géant en Seine-et-Marne, la fronde monte

Par Vincent Lautier - Publié le

Le plus gros projet de datacenter pour l'IA jamais lancé en France a reçu son feu vert préfectoral le 29 juillet. Porté par Nvidia, Mistral, le fonds MGX et Bpifrance, il doit s'étaler sur 90 hectares de terres agricoles à Fouju, un village de 650 âmes près de Melun. Montant annoncé, 50 milliards d'euros. Et déjà, riverains et écologistes montent au créneau.

Nvidia et Mistral veulent un datacenter IA géant en Seine-et-Marne, la fronde monte


Un chantier totalement hors norme



On vous en a déjà parlé, le projet, baptisé Campus IA, prévoit à terme onze centres de données sur ce coin de Seine-et-Marne. Sa puissance donne le vertige, environ 1,4 gigawatt, soit ce qu'engloutirait une grande ville. On est loin du hangar rempli de serveurs. C'est une infrastructure pensée pour entraîner et faire tourner les modèles d'intelligence artificielle français, dans une logique de souveraineté censée nous éviter de tout héberger chez les géants américains. L'ambition est claire, hisser la France dans la cour des grands de l'IA.

Nvidia et Mistral veulent un datacenter IA géant en Seine-et-Marne, la fronde monte


Une facture écologique trop salée ?



Sauf que 1,4 gigawatt, ça ne sort pas de nulle part, et ça ne disparaît pas non plus. Les opposants pointent une chaleur dégagée équivalente à celle de 200 000 foyers, et une hausse de température locale estimée autour de 2 degrés. S'ajoutent les craintes de fuites de PFAS, ces polluants éternels, et d'hydrocarbures venus des générateurs de secours. Sans oublier le nerf de la guerre, ces 90 hectares de terres agricoles bétonnées d'un coup, dans une région qui n'en manque pourtant pas de projets.

La contestation s'organise



Le collectif Stop Campus IA a pris la tête de la fronde, épaulé par France Nature Environnement, la Confédération paysanne d'Île-de-France et des élus communistes régionaux. Une pétition a déjà réuni 50 000 signatures, et une manifestation s'est tenue à Melun. Les opposants dénoncent aussi une consultation publique expédiée en un mois, entre le 30 avril et le 30 mai. En face, les porteurs du projet mettent en avant les emplois, le développement du territoire et la compétitivité française dans l'IA.

On en dit quoi ?



L'intention derrière ce campus se défend, la France a tout intérêt à ne pas dépendre entièrement des clouds américains pour son IA. Mais poser 1,4 gigawatt et un îlot de chaleur à 2 degrés au milieu d'un village de 650 habitants, sur des terres nourricières, ça pose de vraies questions qu'un mois de consultation ne suffit peut-être pas à balayer. La souveraineté technologique est vitale. Elle ne dispense pas de regarder en face ce qu'on brûle pour l'obtenir.