Evidemment, la presse française (mais aussi étrangère) ne parle que de ça ou presque : le cambriolage surréaliste du Louvre qui s'est déroulé ce weekend ! Sans revenir sur la sécurité, ou la responsabilité des uns et des autres (ce n'est pas le but ici), il faut quand même noter que l'événement est plutôt prisé des scénarios de braquages. Au fil des années, plusieurs œuvres de fiction ont mis en scène le célèbre musée parisien comme lieu d’un vol audacieux, conjuguant élégance, suspense et mystère.
Lupin (Netflix, 2021 - en cours)
La plus récente en date est bien sûr Lupin, la célèbre série française où Omar Sy —revêtant le costume de gentleman cambrioleur — débute par un casse mythique au Louvre.
Dans le premier épisode, le personnage principal planifie et réussit le vol du collier de la reine (inspiré de Marie-Antoinette), lors d’une vente aux enchères fictive à l’intérieur du musée. Pour le décor central : la pyramide de verre et les galeries du Louvre. Une relecture moderne qui a largement contribué à la popularité de la série sur Netflix.
Arsène Lupin (2004)
Autre interprétation du personnage de Maurice Leblanc, Arsène Lupin de Jean-Paul Salomé avec Romain Duris, qui inclut lui-aussi une scène acrobatique sur les toits du Louvre. Le musée est moins le lieu d’un vol précis que le terrain d’un braquage en toute élégance, dans la tradition des aventures d’Arsène Lupin.
The Mona Lisa Has Been Stolen (Vinci, 1966)
Un film plus ancien qui mise sur le charme du braquage dans le Musée du Louvre. Le scénario suit un jeune Italien qui, profitant d’une fermeture du musée, s’empare de la Joconde. Bien que moins spectaculaire visuellement que les productions modernes, il constitue l’un des premiers récits fictionnels axés sur un vol au Louvre.
Belphégor: Le Fantôme du Louvre (2001 et 1927)
Dans ces adaptations du roman d’Arthur Bernède, un mystérieux intrus s’attaque au Louvre. Le film de 2001 montre explicitement un vol d’objets d’art dans l’enceinte du musée parisien.
La version la plus ancienne — un film muet en noir et blanc tourné par Henri Desfontaine — date de 1927. Cette œuvre débute avec l'assassinat d'un veilleur de nuit au Musée du Louvre. L'inspecteur Ménardier, chargé de l'enquête officielle, un jeune journaliste du nom de Jacques Bellegarde et le roi des détectives Chantecoq entreprennent chacun de leur côté de mener l'enquête.
Pourquoi le Louvre séduit autant le genre du casse ?
Le Louvre incarne à lui seul l’histoire, la richesse culturelle et l’élégance parisienne : des ingrédients parfaits pour un scénario de braquage stylisé. Le décor attire par sa notoriété mondiale, et chaque scène au sein du musée ajoute une tension cinématographique forte. Par ailleurs, la tradition du vol artistique – de la disparition de la Joconde en 1911 à d’autres affaires – nourrit l’imaginaire collectif. Les œuvres cités exploitent ce folklore du vol d’exception, mêlant prestige et audace.
Au fil du temps, le Louvre est devenu bien plus qu’un musée : un personnage à part entière du grand écran. On le retrouve à de nombreuses reprises dans des petites, moyennes ou grandes production comme dans Le Da Vinci Code (2006) de Ron Howard, où la célèbre pyramide devient le point de départ d’une chasse mystique entre art et religion. Mais aussi dans le monde du manga et des animes, avec la série française Cat's Eyes (2024) tournée sur la région parisienne (entre autres à la tour Eiffel, au musée du Louvre, le Musée Guimet ou encore à Versailles).
Plus récemment, la série coréenne Big Bet (Disney+) évoque un vol d’art inspiré par les grands braquages européens, tandis que certains courts-métrages documentaires (les excellents Inside the Louvre sur Arte ou Secrets d’Histoire) ont consacré des séquences entières à la sécurité du musée — preuve que la frontière entre réalité et fiction est parfois bien ténue.