Google déploie depuis le 23 juillet la connexion par selfie vidéo, une nouvelle façon de récupérer l'accès à son compte en filmant son visage quand on a oublié son mot de passe. La fonction arrive petit à petit, et seulement sur les comptes personnels. Elle pose surtout une vraie question de fond sur le stockage de nos données biométriques.
Un selfie vidéo pour retrouver l'accès à son compte
Le principe tient en deux temps. Vous enregistrez d'abord une vidéo de référence en bougeant la tête selon les indications à l'écran, pour que Google voie votre visage sous plusieurs angles, puis le jour où vous êtes bloqué, vous refilmez un selfie que le système compare à celui mis de côté avant de valider la connexion. Pour éviter qu'on lui glisse une simple photo ou une vidéo générée par IA, Google impose des mouvements en direct. Ils prouvent qu'une vraie personne se trouve bien devant la caméra. La méthode vient s'ajouter aux passkeys et aux contacts de confiance déjà en place, et la firme conseille d'en activer plusieurs plutôt que de tout miser sur une seule. Tout se configure depuis l'adresse g.co/signin-selfie.
Une vidéo de référence stockée chez Google
C'est là que ça se complique. Ici, pas d'empreinte ni de scan de visage abstrait. On confie à Google une vraie vidéo de sa tête, qu'il conserve comme référence, avec la promesse qu'elle est chiffrée au repos, qu'elle reste sous votre contrôle, que vous pouvez l'effacer quand vous voulez et qu'aucune IA n'ira la regarder sans votre accord. La fonction n'est pas ouverte à tout le monde non plus, puisqu'elle laisse de côté les comptes des enfants, les comptes Workspace gérés par les entreprises et ceux inscrits au Programme Protection Avancée, réservé aux profils les plus exposés comme les journalistes ou les responsables politiques. Reste ce point qui gêne, celui de confier une vidéo de son visage à un géant de la publicité en ligne, chiffrement ou pas.
Là où Apple a fait le choix inverse avec Face ID
Apple gère la reconnaissance faciale depuis 2017, et pas du tout de la même manière, puisque avec Face ID le modèle de votre visage ne quitte jamais l'iPhone, enfermé dans la Secure Enclave, une puce isolée du reste du système d'où rien ne part vers les serveurs d'Apple ni vers iCloud. Même les applications que vous installez n'y accèdent jamais, elles reçoivent juste un feu vert ou un refus. Google, lui, choisit l'inverse et garde une copie de référence dans le cloud. C'est pratique, puisque vous récupérez votre compte depuis n'importe quel appareil, mais votre visage sort de chez vous. Deux méthodes qui fonctionnent, pour deux idées opposées de la vie privée.
On en dit quoi ?
Se reconnecter avec un selfie quand on a tout perdu, l'idée est plutôt bien vue, et les garde-fous contre les deepfakes comme la suppression à la demande rassurent un peu. Le souci, c'est le principe même, celui de laisser dormir une vidéo de son visage sur les serveurs d'une entreprise qui vit de nos données, alors qu'Apple prouve depuis des années qu'on peut tout garder en local. Pour du dépannage de temps en temps, ça dépanne. On gardera quand même nos passkeys comme filet de sécurité préféré.