Renault a annoncé avoir produit son millionième véhicule électrique en France depuis 2010, soit quinze ans de montée en puissance. Un cap surtout tiré aujourd'hui par la Renault 5 E-Tech, dont le succès oblige déjà l'usine à tourner la nuit. Derrière ce chiffre, un pari industriel à 13 milliards d'euros.
De la ZOE à la R5
Tout commence en 2010 avec la ZOE et le Kangoo ZE, deux pionniers à une époque où la voiture électrique faisait encore sourire. La marque a ensuite électrifié ses utilitaires, du Kangoo au Trafic et au Master, avant d'arriver aux modèles qui cartonnent aujourd'hui, la Renault 5 et la Renault 4 E-Tech. Le gros de la production sort du pôle ElectriCity, dans le nord de la France, autour de Douai et Maubeuge, qui pèse à lui seul 600 000 des un million de véhicules, le reste venant d'autres sites comme la Refactory de Flins. Le patron du groupe, François Provost, parle d'une fierté collective.
La R5 met l'usine sous pression
C'est vraiment la Renault 5 E-Tech qui met le feu aux chaînes en ce moment. La citadine s'est déjà écoulée à 100 000 exemplaires fin 2025, et Renault en vise 200 000 pour la seule année 2026. La demande est telle que le constructeur a ajouté une équipe de nuit et embauché 550 intérimaires depuis l'automne dernier pour suivre la cadence. Difficile de faire plus parlant comme preuve que le public a fini par adopter l'électrique quand le prix et le style suivent.
Un pari à 13 milliards, et pas que pour Renault
Ce million ne tombe pas du ciel, il repose sur 13 milliards d'euros investis depuis 2021 pour moderniser les usines françaises. Le groupe revendique 39 000 emplois directs dans le pays et environ 35 000 emplois indirects chez les fournisseurs. Et ElectriCity ne travaille pas que pour Renault, puisque le site fabrique aussi pour Nissan et Mitsubishi, et s'apprête à accueillir des productions Ford. Sauf que voilà, un million en quinze ans reste modeste face aux géants mondiaux, l'essentiel du volume est très récent, et tout repose beaucoup sur la réussite d'un ou deux modèles dans un marché européen que les constructeurs chinois bousculent pas mal.
On en dit quoi ?
Un million de voitures électriques estampillées France, c'est une vraie fierté industrielle et la preuve qu'on peut encore fabriquer des véhicules électriques dans l'Hexagone. Le gros du million est certes tout récent et s'appuie sur le carton de la R5, mais après les années de doute sur l'avenir de l'automobile française, voir Renault embaucher pour suivre la demande fait quand même plaisir à lire.