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Starlink coupé en Ukraine en pleine nuit : l'ordre viendrait d'Elon Musk

Par Vincent Lautier - Publié le

Dans la nuit du 14 octobre, une partie des drones ukrainiens a perdu sa connexion satellite, sans le moindre préavis. On sait maintenant que l'ordre de brider Starshield, la déclinaison militaire de Starlink, serait venu d'Elon Musk en personne. Et une semaine après, ni Washington ni l'intéressé n'acceptent d'endosser une décision qui a semé la panique à Kyiv.

Starlink coupé en Ukraine en pleine nuit : l'ordre viendrait d'Elon Musk


Un plafond à 160 km/h



Passé 160 km/h environ, un terminal Starshield décroche du réseau. Voilà la règle tombée d'un coup cette nuit-là, et elle change tout sur le front. Les drones intercepteurs ukrainiens grimpent jusqu'à 450 km/h pour aller chercher des engins russes à réaction qui filent à plus de 300 km/h, et les appareils d'attaque à longue portée volent eux aussi bien au-dessus du plafond. En quelques heures, des machines sont devenues quasi inutilisables en pleine mission, la défense antiaérienne s'est retrouvée amputée et les relais de communication ont flanché. La connexion a été partiellement rétablie dès le lendemain, mais le mal était fait, et Volodymyr Zelensky a publiquement rappelé que des Ukrainiens peuvent mourir quand le réseau tombe.

Starlink coupé en Ukraine en pleine nuit : l'ordre viendrait d'Elon Musk


Mais qui a donné l'ordre ?



D'après l'enquête publiée mardi par le Wall Street Journal, la consigne venait d'Elon Musk lui-même, et plusieurs responsables américains décrivent une décision prise sans mandat de l'administration. Le milliardaire en aurait discuté au téléphone avec Donald Trump juste après que l'affaire a éclaté, et une source affirme même qu'ils en avaient parlé avant. Sauf que voilà, chacun se renvoie la balle depuis. Marco Rubio assure qu'absolument personne à la Maison Blanche n'a demandé de ralentir quoi que ce soit, alors qu'il expliquait lui-même quelques jours plus tôt que l'accès des Ukrainiens à Starlink dépendait de Musk et de personne d'autre. Musk renvoie la décision vers l'armée américaine, et in fine vers le président. Trump répond qu'il n'en sait rien. Un modèle de clarté, donc.

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C'est le Pentagone qui paie



Starshield appartient au catalogue militaire de SpaceX. Le Pentagone paie l'accès des Ukrainiens, qui utilisent des dizaines de milliers de terminaux sur le front depuis 2022, aussi bien pour les communications des unités que pour piloter les drones, et aucune alternative crédible n'existe à court terme. Le coup n'est pas nouveau d'ailleurs. Au début de la guerre, Musk avait déjà refusé d'étendre la couverture près de la Crimée au moment où Kyiv préparait une attaque de drones navals. Par chez nous, l'Europe prépare sa constellation IRIS2 pour la fin de la décennie, et on comprend un peu mieux pourquoi chaque fois qu'une histoire pareille sort.

On en dit quoi ?



Qu'un seul homme puisse ralentir la défense d'un pays en guerre depuis son bureau, on a déjà du mal à l'écrire. Le pire, c'est que sept jours plus tard, ni la Maison Blanche ni le Pentagone ne semblent capables de dire qui tient réellement l'interrupteur. Les autres armées clientes de SpaceX ont forcément pris note. Une infrastructure aussi vitale qu'un réseau électrique mérite autre chose qu'un ping-pong de démentis, surtout en pleine guerre.