Meta continue de battre des records sur le marché publicitaire, mais la facture de l’intelligence artificielle devient de plus en plus lourde. Malgré un chiffre d’affaires en forte progression, les dépenses du groupe explosent, sa rentabilité recule et les investisseurs s’interrogent sur le coût de la stratégie de Mark Zuckerberg. L’action perdait plus de 10 % après la clôture de Wall Street.
LA PUBLICITÉ N’A JAMAIS AUTANT RAPPORTÉ
Le deuxième trimestre 2026 confirme pourtant la solidité du modèle économique de Meta. La maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp a enregistré un chiffre d’affaires de 60,8 milliards de dollars, en progression de 28 % sur un an, porté presque exclusivement par la publicité.
Les outils d’intelligence artificielle jouent désormais un rôle central dans cette croissance. Ils permettent de recommander davantage de contenus, d’augmenter le temps passé sur les différentes plateformes et surtout d’améliorer le ciblage des campagnes publicitaires.
Meta indique avoir diffusé 14 % de publicités supplémentaires au cours du trimestre, tout en augmentant leur prix moyen de 12 %. Une performance qui s’appuie également sur un contexte économique plus favorable et sur l’évolution des taux de change. Les applications du groupe continuent par ailleurs d’afficher une audience gigantesque, avec 3,6 milliards d’utilisateurs actifs chaque jour.
DES INVESTISSEMENTS DANS L’IA TOUJOURS PLUS COLOSSAUX
Si les revenus progressent rapidement, les dépenses suivent également un rythme encore plus spectaculaire. Et c'est là que le bât blesse ! En effet, les charges du groupe ont bondi de 55 % en un an, conséquence directe des investissements massifs dans l’intelligence artificielle, mais aussi des coûts liés à une nouvelle vague de licenciements annoncée au printemps.
Meta prévoit désormais de consacrer entre 130 et 145 milliards de dollars à ses investissements sur l’ensemble de l’exercice, soit près du double des montants engagés l’an dernier. Une enveloppe destinée principalement à construire de nouveaux centres de données et à recruter les meilleurs spécialistes de l’IA, souvent à prix d’or.
Cette stratégie pèse toutefois sur les indicateurs financiers. La marge opérationnelle recule de 43 % à 31 %, tandis que la trésorerie disponible chute brutalement à 784 millions de dollars, contre 8,5 milliards un an auparavant.
Le bénéfice net s’établit à 15,85 milliards de dollars, en recul de 14 % sur un an. Outre la hausse des dépenses, Meta a dû enregistrer 2,4 milliards de dollars de charges liées à différents contentieux. Le groupe fait notamment face à plusieurs procédures judiciaires aux États-Unis, où ses plateformes sont accusées d’avoir contribué aux problèmes de santé mentale et d’addiction chez les plus jeunes. Les marchés ont immédiatement sanctionné ces résultats. Après la publication des comptes, le titre Meta reculait de plus de 10 % dans les échanges après Bourse.
AU-DELÀ DES RÉSEAUX SOCIAUX
Face aux investisseurs, Mark Zuckerberg a réaffirmé sa stratégie autour de trois piliers. Le premier consiste à utiliser l’intelligence artificielle pour rendre la publicité encore plus efficace. Le deuxième repose sur le développement d’assistants IA destinés au grand public afin d’élargir l’écosystème de Meta. Enfin, le troisième vise les entreprises, avec la commercialisation de modèles d’IA et d’outils logiciels. IA IA IA...
Le dirigeant a également confirmé le projet Meta Compute, qui doit permettre de louer la puissance de calcul des centres de données du groupe à des clients externes, un marché aujourd’hui dominé par Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud. Le paradoxe est que Meta continue lui-même à louer des capacités de calcul auprès d’autres acteurs, faute d’infrastructures suffisantes. Pour mark Zuckerberg, la demande mondiale en puissance de calcul dépasse encore largement l’offre disponible.
DES PARIS ENCORE LOIN D’ÊTRE GAGNANTS
Cette stratégie rappelle celle de Reality Labs, la division chargée des casques de réalité virtuelle et des lunettes connectées. Malgré des investissements de plusieurs dizaines de milliards de dollars depuis sa création, cette activité continue d’accumuler les pertes. Sur le trimestre, Reality Labs affiche encore une perte opérationnelle de 4,6 milliards de dollars, pour seulement 431 millions de dollars de chiffre d’affaires.
Ces derniers mois, Meta a également multiplié les initiatives, entre abonnement payant, agents IA, outils destinés aux entreprises et nouvelles lunettes connectées. Une diversification ambitieuse, mais qui peine encore à convaincre certains observateurs de la cohérence de la stratégie.
Qu’en penser ?
Meta démontre certes une nouvelle fois que son activité publicitaire reste extrêmement puissante. L’intelligence artificielle améliore déjà les performances commerciales du groupe, ce qui explique la progression impressionnante de son chiffre d’affaires. Vous l'aurez compris : tout repose désormais sur l'IA ! Et cela fait peur aux investisseurs !