Le FSD de Tesla va-t-il perdre son statut d’arlésienne ? C’est bien possible, après une homologation attendue aux Pays-Bas pour le 10 avril prochain.
Le FSD de Tesla symbolise le concept d’arlésienne dans toute sa splendeur. Prévu pour fin 2025 puis repoussé au 20 mars 2026, il va falloir attendre le 10 avril prochain et la décision du régulateur néerlandais pour être fixé. Ensuite, il faudra croiser les comodos pour que le FSD soit adopté à échelle européenne.
Beaucoup de conditions pour une homologation nommée R171
Le dernier communiqué Twitter de Tesla détaille le travail qu’il a été nécessaire de réaliser pour obtenir le graal.
– Plus de 1 600 000 km d’essais FSD (supervisés) sur les routes de l’UE – Plus de 13 000 accompagnements de clients lors de leurs ventes – Plus de 4 500 exécutions de scénarios de test sur piste – Des milliers de pages de documentation écrite pour plus de 400 exigences de conformité – Des dizaines d'études de recherche sur la performance et les résultats en matière de sécurité
Ok, du point de vue du constructeur, ça fait beaucoup. Mais il est question de conduite autonome. D’ailleurs, c’est du niveau 2 supervisé. Du très bon niveau 2, mais du niveau 2 quand-même.
L’homologation R171 késako ?
C’est une norme (élaborée par la Commission économique pour l’Europe des Nations unies) mise en place en septembre 2024 qui encadre les systèmes avancés d'aide à la conduite, souvent appelés "niveau 2+".
Le véhicule est désormais autorisé à initier seul des manœuvres complexes (comme un dépassement ou une insertion) sans validation préalable du conducteur.
Mais, l'humain reste 100 % responsable. Des caméras intérieures scrutent en permanence le regard et la posture du conducteur pour garantir sa vigilance absolue. En cas d'inattention, le système se désactive ou se met en sécurité. Cela reste donc du supervisé.
C'est la clé réglementaire qui permet enfin aux constructeurs de déployer leurs technologies de conduite semi-autonome sur les routes européennes.
Mais pendant que Tesla hurlait ici et là à « l’autopilote», BMW a été le premier constructeur européen à obtenir l’homologation R171. De son côté, Geely a également obtenu ce précieux sésame pour la Lotus Eletre (et compte bien décliner cette techno sur tous les véhicules haut de gamme des constructeurs du groupe).
Mercedes a même décroché une certification pour une conduite autonome de niveau 3 dans les embouteillages et Ford, avec son BlueCruise, autorise à lâcher les mains pour enchaîner les kilomètres sur autoroute. Mais il s’agit de normes différentes (R157 pour Mercedes).
Tesla a de l’espoir pour convaincre les boomers européens malgré des soucis aux États-Unis
On ne va pas se mentir, l’Europe est perçue par le reste du monde comme le continent des boomers qui n’embrassent pas le progrès assez vite. Cependant, ne pas coucher le premier soir avec une nouvelle technologie sous prétexte qu’elle suit une tendance n’est pas forcément un mauvais choix.
D’ailleurs, l’enthousiasme de Tesla pour une percée en Europe le plus vite possible n’est pas anodin. Parce qu’à la maison, l’ambiance n’est pas au beau fixe.
Et pour cause, le NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration) mène actuellement une enquête (ouverte en octobre dernier) au cours de laquelle elle a sommé Tesla d’examiner plus de 8300 infractions potentielles liées au FSD, dont feux grillés et circulation à contresens. Mais surtout un décès lié à un défaut du FSD qui a eu lieu en 2024 et pour lequel Tesla a eu bien du mal à livrer les données.
On en dit quoi ? Si nous avons été bluffés par l’essai du FSD, avec le recul et ce que propose la concurrence aujourd’hui, l’enthousiasme envers cette conduite autonome (qui reste au niveau 2) est tout de même un peu surfait. D’autant que les retours des USA montrent que l’Europe a bien raison de freiner des quatre fers. Faute de quoi, cela signifierait la mise en circulation d’un système perfectible avec aucun retour en arrière possible sauf l'interdiction pure et simple et là, ce serait dommage.