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IONIQ 3 : la Tesla 2 que tout le monde désire est finalement une Hyundai

Par Jérémy FDIDA - Publié le

Hyundai vient de lever le voile sur la IONIQ 3, sa nouvelle compacte 100 % électrique taillée pour l'Europe. Et outre un format plus adapté à nos contrées, elle embarque un nouveau système multimédia.

Une ligne qui rappelle un peu le Veloster de profil.
Une ligne qui rappelle un peu le Veloster de profil.


Pleos Connect : Hyundai passe à Android Automotive (et s'inspire très fort de Tesla)



La IONIQ 3 est le tout premier modèle européen de Hyundai à embarquer Pleos Connect, le nouveau système d'infodivertissement de la marque. Et c'est un petit séisme dans l'écosystème coréen. Exit le vieillissant système ccNC qu'on connaissait sur les IONIQ 5, 6 et 9 : place à une interface construite sur Android Automotive OS (AAOS), le même socle logiciel que l'on retrouve chez Polestar, Renault ou Volvo.

Interface Hyundai Ioniq 3
Interface Hyundai Ioniq 3


La IONIQ 3 propose un écran central de 12,9 pouces (ou 14,6 pouces selon la finition) qui fait office de hub principal pour la navigation, le multimédia, la climatisation et les réglages du véhicule. Une grande carte de navigation au centre, les infos de charge et d'autonomie dans les coins, une barre d'apps en bas de l'écran. Bref, si vous avez déjà posé les yeux sur un écran de Tesla Model 3, vous ne serez pas dépaysé. Je vous laisse juge :

IONIQ 3 : la Tesla 2 que tout le monde désire est finalement une Hyundai


Interface Tesla
Interface Tesla


La bonne nouvelle, c'est que Hyundai ne se contente pas de photocopier. Pleos Connect intègre un marketplace d'applications ouvert aux développeurs tiers (ce que Tesla ne propose toujours pas de cette manière), la gestion de profils conducteurs multiples, et surtout un assistant vocal baptisé Gleo AI, basé sur la reconnaissance vocale pour piloter les fonctions du véhicule à la voix.

Le système supporte aussi l'affichage en multi-fenêtres (jusqu'à trois simultanément) pour afficher navigation, musique et infos de recharge en même temps. Apple CarPlay et Android Auto restent bien de la partie, rassurez-vous.

Des boutons physiques en plus de l'écran : la leçon retenue



Les boutons sont toujours de la partie.
Les boutons sont toujours de la partie.


Et c'est là que Hyundai marque un point face à Tesla (et à pas mal de constructeurs chinois, au passage). La IONIQ 3 conserve des commandes physiques (propre au constructeur coréen) : des boutons à bascule sous l'écran pour la climatisation, des molettes pour le volume et la syntonisation, des boutons classiques au volant, et des commandes physiques pour les vitres, les rétroviseurs et les sièges. Piloter ses essuie-glaces depuis un menu à trois niveaux de profondeur en pleine averse, on a déjà donné.

Digital Key 2, V2L et Plug & Charge : la connectivité au quotidien



L'espace semble important à l'arrière.
L'espace semble important à l'arrière.


Côté tech embarquée, la IONIQ 3 montre également une évolution et se met à la page des voitures les plus modernes. La Digital Key 2 de Hyundai permet de déverrouiller et démarrer la voiture directement depuis un smartphone ou un appareil connecté (montre, bracelet). Plus besoin de clé, même en backup.

La fonction Vehicle-to-Load (V2L) est présente : la IONIQ 3 peut alimenter des appareils électriques allant d’un ordinateur portable à un frigo de camping en passant par des appareils médicaux, directement depuis sa batterie. C'est un usage qui reste de niche, mais diablement pratique quand on en a besoin.

Conduire une Ioniq 5 dans Gran Turismo 7, l'écran dans le coffre de la Ioniq 5, en étant branché à une Ioniq 5. Une "Inception" signé le V2L
Conduire une Ioniq 5 dans Gran Turismo 7, l'écran dans le coffre de la Ioniq 5, en étant branché à une Ioniq 5. Une "Inception" signé le V2L


L'intérêt du V2L en une image.
L'intérêt du V2L en une image.


Niveau recharge, le Plug & Charge est de la partie : il suffit de brancher le câble sur une borne compatible pour que l'identification et le paiement se fassent automatiquement, sans badge ni application. À voir si le planificateur d’itinéraire sait séparer les bornes compatibles Pulg & Charge des autres.

Pour la recharge rapide en courant continu, comptez environ 29 minutes pour passer de 10 à 80 % (batterie standard de 42,2 kWh) et 30 minutes pour la version grande autonomie (61 kWh). Le chargeur embarqué monte à 11 kW en série, ou 22 kW en option. C’est la première fois qu’une Hyundai nommée « Ioniq » n’embarque pas de plateforme compatible 800 V.

ADAS : la suite SmartSense au complet



IONIQ 3 : la Tesla 2 que tout le monde désire est finalement une Hyundai


La IONIQ 3 embarque la dernière génération du système Hyundai SmartSense : assistance à la conduite sur autoroute de niveau 2 (HDA 2), stationnement intelligent à distance (RSPA), aide aux manœuvres en marche arrière avec mémorisation, moniteur panoramique et affichage des angles morts par caméra (BVM) très pratique lors des changements de files et des virages en villes pour ne pas faucher cyclistes ou riders.Une technologie qui se démocratise, mais dont Hyundai était précurseur.

Ce qu'il faut retenir côté voiture



IONIQ 3 : la Tesla 2 que tout le monde désire est finalement une Hyundai


La IONIQ 3 repose sur la plateforme E-GMP en architecture 400 V (et non 800 V comme la IONIQ 5). C’est une traction de 4,15 m de long. Elle développe jusqu'à 147 ch (108 kW) pour 250 Nm de couple. Pas une fusée, mais ce n'est pas le propos : Hyundai vise les conducteurs urbains. Puis avec 30 minutes de temps de recharge, vous n’aurez pas envie de rouler à 136 km/h.

L'autonomie WLTP prévisionnelle grimpe à plus de 344 km en version standard et plus de 496 km en grande autonomie. Mais il faudra tester pour vérifier, car dans les deux cas, c’est parmi les meilleures du segment.

Le coffre affiche 441 litres (dont 114 litres dans la Megabox sous le plancher), le Cx descend à 0,263, et le poids reste contenu entre 1 550 et 1 580 kg. Produite en Turquie (usine d'İzmit), la IONIQ 3 est disponible en version N Line pour ceux qui veulent un peu plus de caractère visuel.

Ce qu’on en pense



La ressemblance de l’arrière avec un Pontiak Aztek est troublante. Le design est, comme toujours chez Hyundai, clivant. Un parti-pris osé sur ce segment, mais qui permet de voir autre chose sur la route.

Autre bonne nouvelle : Hyundai revoit enfin son interface logicielle. Il faudra tester le planificateur, la gestion de la charge, les bugs, la réactivité du système sur pièce. Mais c’est une très bonne chose.
Côté puissance, ce n’est pas fou. Idem pour la vitesse de recharge.

Reste à voir si c’est réellement pénalisant au quotidien pour ce genre de véhicule. Pas sûr. Sauf peut-être sur autoroute. Et encore…
Reste à découvrir le prix. Car il sera difficile de s’afficher au-delà du palier des 30-33 k€ pour ce segment.