Peugeot a dévoilé ce 24 avril au Salon de Pékin deux concept-cars inédits, le Concept 6 et le Concept 8. La grande berline et le grand SUV préfigurent une nouvelle gamme premium qui sera produite en Chine par Dongfeng, sur son site de Wuhan, à destination du marché local et de l'export mondial. Un virage stratégique assumé pour Peugeot.
Concept 6 : le break-berline qui réveille l'héritage Peugeot
Le Concept 6 mise sur une silhouette qui croise la berline et le break, un exercice que la marque connaît bien depuis les 504 et 505 familiales, puis les 406 Break et 508 SW. Peugeot assume cet héritage et parle de savoir-faire français des proportions. Sur la carrosserie, on retrouve en fait les codes du concept Polygon qui préfigure aussi la future 208 : poignées affleurantes avec encoche pour l'ouverture en cas de panne (la Chine a récemment réglementé ce point), feux cachés, calandre pleine. Les calandres pleines laissent d'ailleurs supposer des motorisations 100% électriques. Le Concept 6 préfigure directement un futur modèle de production, sans doute une Peugeot 608 à venir.
Concept 8 : un SUV qui vise plus haut
Le Concept 8 est l'équivalent SUV de cet exercice de style. Il s'inscrit dans la logique des 5008 et E-5008 mais vise un segment supérieur. Le design est épuré, avec un travail aérodynamique bien visible et des proportions généreuses qui promettent de l'espace intérieur. Comme sur le Concept 6, on retrouve trois lignes lumineuses horizontales qui habillent la signature visuelle, mais aussi la partie sombre qui englobe les optiques.
Produits en Chine pour l'export mondial
C'est là que ça devient stratégique. Les futurs modèles issus de ces deux concepts seront produits en Chine par Dongfeng, sur son site de Wuhan. La destination est claire : le marché chinois local, mais aussi l'export vers les marchés internationaux. Alain Favey, le CEO de Peugeot, résume sans détour : La Chine est un moteur majeur de notre transformation globale. Le constructeur veut vraiment s'appuyer sur l'excellence technologique chinoise pour rattraper son retard dans l'électrique et l'IA embarquée, deux domaines où les marques locales ont pris une avance plus que considérable.
On en dit quoi ?
L'exercice est franchement intéressant. Peugeot se retrouve dans la même position que beaucoup de constructeurs européens : coincé entre des coûts de production élevés en France et des marques chinoises qui écrasent les prix à qualité égale, voire supérieure. Partir produire en Chine avec Dongfeng, c'est pragmatique. Les Chinois savent faire de la voiture électrique mieux et moins cher, donc autant s'appuyer dessus. Le design félin et la signature française restent, mais l'ingénierie et la production changent de mains.
Par contre, un Peugeot 608 ou 5008 premium fabriqué à Wuhan et vendu en Europe, ça va poser des questions chez les clients historiques de la marque. Stellantis, maison-mère de Peugeot, fait un peu feu de tout bois en ce moment, entre fermetures d'usines en Europe, partenariats chinois et réorganisations permanentes. Le pari du Concept 6 et du Concept 8 est audacieux, il peut très bien marcher comme il peut accélérer la perte d'identité de la marque. Vous l'achèteriez, vous, cette Peugeot premium made in China ?