Véritable référence chez les montagnards (qui a dit surtout chez les Valaisans ?) et les amateurs de rallye, Subaru restait jusque là plutôt discret sur la transition électrique, avec des modèles copié-collés de chez Toyota.
Avec le Solterra 2026, le constructeur corrige ses erreurs et propose un véhicule bien plus convaincant. Assez pour envisager un achat ? Réponse dans notre essai sur plus de 2000Km, avec même un peu d'off-road en prime !
Toujours une Toyota déguisée ?
Le soleil (Sol) et la terre (terra), en voilà une belle référence pour ce 4x4 100% électrique, prêt à aller barouder en dehors des trottoirs urbains.
Avec une calandre revue et des trains roulants adaptés au tout-terrain, Subaru affirme avoir développé un modèle plus spécifique et partagé le travail sur la plateforme à 50% avec Toyota, qui propose quasiment la même voiture avec le BZ4X que l'on avait testé il y a 3 ans.
Esthétiquement, on se réjouit de voir que le japonais ne s'est plus contenté de remplacer le logo : la calandre est inédite, et la poupe a également été retravaillée, j'aime bien le style plus baroudeur avec ses barres de toit et son coloris bi-ton, malgré ce piano black très salissant y compris en partie basse. Si l'on reconnait le style du BZ4X, je trouve cette version bien plus chouette, et elle affiche aussi plus volontiers ses aptitudes 4x4, avec notamment ces passages de roues renforcés ou encore ses jantes façon Impreza disponibles en option (mais absentes de notre modèle d'essai). D'ailleurs, je vous conseille de rester en 18", car vous perdrez beaucoup d'autonomie sur le 20".
Avec 4,69m de long et 1,86m sans les rétros, le Solterra reste maniable en ville, notamment grâce à une largeur contenue. Le diamètre de braquage (11,2m) n'est pas incroyable, mais étant plus court qu'un Model Y, il braque bien mieux dans les petites rues. Seul son poids parait toujours un peu élevé (2100Kg) : il est plus lourd que le Tesla, alors qu'il est pourtant plus compact.
En apparence, avec des angles d'attaque et de fuite très corrects, la garde au sol laisse aussi espérer de bonnes aptitudes en matière de franchissement. En réalité, la batterie traîne un peu sous le plancher et limite la hauteur à 21cm seulement. Cela reste donc moins bien qu'un Duster, mais comparable à un Forrester 2026 par exemple (22cm). C'est en tout cas bien mieux que les Model Y, ID4 et autres Ford Explorer, souvent entre 15 et 17cm. A l'avant, il y a quand-même un porte-à-faux à ne pas négliger, surtout si vous vous risquez à un peu de franchissement.
Subaru a également rajouté une plaque en métal sous le véhicule, histoire de protéger la batterie d'éventuels rocs saillants, un bon point pour ceux qui aiment (comme nous) sortir un peu des sentiers battus.
Où est passée la "tech japonaise" ?
Sur le plan technologique, le Japon semble avoir 10 ans de retard, et pas seulement dans l'automobile. Le pays est comme figé dans le passé, à se demander où sont passés les ingénieurs nippons !
Par exemple, ici, à plus de 50 000€ (avec options), pas une trace de feux matrix LED, pas de clef sur téléphone, pas de mode sentinelle, et (on va en parler), de la conduite autonome ultra-basique... Les japonais étaient pourtant les premiers à proposer du parking automatique, mais que s'est-il passé depuis ? La concurrence, elle, permet de sortir le véhicule d'une place depuis l'application mobile, indisponible sur le Solterra.
On pourrait aussi se demander pourquoi la voiture, malgré un énorme capot avant, ne propose toujours pas de frunk pour ranger ses câbles ou quelques sacs. Il faudra se consoler avec la pompe à chaleur de série (un bon point), et un chargeur 22kW, ce qui explique peut-être le manque de place à l'avant.
C'est un détail, mais seules les portes avant ont un capteur d'approche. Si vous souhaitez ouvrir à vos enfants, il faudra d'ailleurs déverrouiller la porte avant avant de pouvoir ouvrir l'arrière.
Les suspensions sont également assez classiques, pas de version pneumatique et surtout pilotées, comme dans le groupe Volkswagen, qui affiche pourtant des tarifs voisins.
En ville, on s'agace un peu de devoir allumer et éteindre la voiture ou de remettre la régénération à chaque fois, sans parler des alertes d'inattention cachées dans les menus... ou encore le fait de en pas avoir de one-pédale jusqu'à l'arrêt complet. On sent bien que ce Solterra semble avoir été construit comme un Rav4 thermique, plutôt que de penser réellement la voiture comme un produit électrique, et surtout technologique, façon Tesla, Rivian ou même ID4.
Quid du coffre ?
Avec un coffre qui affiche entre 441 et 452L en fonction des options, le Solterra reste dans la moyenne basse de la catégorie.
Il a en revanche l'avantage d'être assez haut et pas très coupé sous le pavillon, de quoi partir en vacances à quatre personnes sans trop de soucis. Dommage de ne pas avoir d'essuie-glace sur le vitre arrière, qui s'encrasse vite sur les chemins... Vous avez quand-même l'ouverture au pied, bien pratique quand on a les mains prises !
Le sous-coffre permet de ranger ses câbles, mais pas beaucoup plus. Là encore, on sent que la plateforme n'a pas été 100% pensée pour l'électrique à la base.
On se consolera avec une prise V2L de 230V dans le coffre (en option) ainsi qu'un système d'attelage acceptant jusqu'à 1500Kg de charge freinée. C'est mieux que de nombreux modèles limités à 750Kg, mais pas incroyable non plus pour un 4x4 de cette puissance.
Un moteur puissant !
C'est sans doute la principale amélioration de ce modèle : il adopte enfin un double-bloc électrique digne de son rang !
• Transmission : 4x4 • Puissance : 343 ch (227 + 120) • Couple : 437 nm • 0 à 100 km/h : 5,1s • vMax : 160 km/h • Fonction XMode
A la conduite, ce nouveau Solterra n'a rien à voir avec la précédente version, presque sous-motorisée. Le 0 à 100 est plutôt dans le haut du panier, et la voiture offre d'excellente reprises, même à haute vitesse. On pourrait toutefois regretter la limitation à 160Km/h malgré les 343 chevaux, car en Allemagne, c'est plutôt la vitesse de croisière standard sur autoroute...
Sur les routes sinueuses, le Solterra est rassurant, mais finalement peu sportif : malgré un train avant plus ferme, la direction est peu précise et il y a pas mal de roulis. En fait, ce véhicule est bien plus adapté à sortir des sentiers battus, que pour jouer les rallyes automobiles.
D'ailleurs, nous avons profité d'un tournage au lac du Salagou pour faire quelques croisements de ponts et tester la répartition du couple sur les chemins escarpés de la région. C'était d'ailleurs la meilleure surprise de notre essai, car une fois le X-Mode activé et la caméra châssis transparent en place, il est très facile d'aller barouder sur les petits chemins. Plusieurs mode (sable, boue, neige...) sont disponibles, avec une échelle de grip réglable (pour forcer ou non le patinage), et la voiture parvient parfaitement à équilibrer le couple en fonction de l'adhérence de chaque roue.
Vous avez aussi un contrôle de descente, du classique, que l'on retrouve d'ailleurs maintenant, même sur les SUV plus généralistes. Avec sa petite plaque de protection, on peut même se risquer à frotter un peu le châssis ou à passer rapidement dans les gués sans craindre d'abimer le pack de batteries.
Quid des longs trajets ?
Avec ses sièges ultra-confortables, le Solterra s'avère finalement un excellent voyageur, prêt à avaler les kilomètres sur autoroute !
En revanche, ses vitres acoustiques ne semblent pas suffire à combler les bruits d'air et de roulement, alors que nous étions pourtant chaussés en 18" !
La conduite semi-autonome est plutôt fiable, sans à-coups, mais n'espérez pas avoir du changement de voie, de la réalité augmentée, de l'adaptation automatique de la vitesse ou encore de la conduite sans les mains ! Subaru est au niveau d'un XC90 d'il y a 10 ans -ça fonctionne, mais sans panache. On se consolera avec un volant capacitif, ce qui permet de ne pas avoir à forcer sur la direction. Je trouve aussi que la distance avec le véhicule précédent est un peu élevée, la voiture va freiner trop tôt avant de vous laisser doubler -elle n'accélère pas assez en dépassant.
Reste qu'avec une suspension typée confort, j'ai pris beaucoup de plaisir sur long trajet, la voiture est très reposante, et limite beaucoup des alertes (survitesse, inattention). D'ailleurs, les alertes de survitesse se coupent avec un simple clic sur le haut de l'écran, pratique, mais il faudra aller dans les menus pour les alertes d'inattention, ce qui est un vite distrayant pendant la conduite.
Le planificateur d'itinéraire a été largement amélioré, ce qui permet de laisser la voiture programmer les pauses. Reste que souvent, elle vous oblige à sortir charger hors de l'autoroute et elle place les pauses alors que la batterie a encore 30% d'autonomie... Là encore, Subaru manque un peu de modernité, la concurrence fait bien mieux. Même la recherche d'adresses ne fonctionne pas très bien : tapez Nîmes et il trouvera une Route de Nîmes plutôt que la ville en tête des résultats.
Enfin, pas d'afficheur tête haute, mais une instrumentation relevée au dessus du volant, façon Peugeot, mais bien plus efficace. L'affichage ne souffre d'aucun manque, sauf peut-être d'un peu de personnalisation -on peut simplement la simplifier. Reste qu'il y a tout ce qu'il faut à l'écran : niveau de batterie, consommations, lecture de panneaux, conduite autonome... sauf un affichage 3D de l'environnement, qui commence à se généraliser chez les constructeurs.
Recharge rapide et Autonomie
Avec seulement 73,1kWh, ce Subaru Solterra affiche malgré tout 532 km WLTP, mais attention ! Avec les jantes de 20", ce chiffre descend à 481 km (-50km !).
• 73,1kWh • 532 km WLTP (18") et 481 km (20") WLTP
En pratique, la voiture peut parcourir jusqu'à 260/280km entre 100% et 10% et autour de 200/240Km entre deux bornes (10-80%). Cela reste correct, grâce à une consommation plutôt maîtrisée, autour de 21 kWh au 100KM mais moins bien qu'un Model Y, pourtant plus massif.
Subaru peut même se vanter de dépasser Tesla, avec un 10-80% en 28mn, mais la batterie est plus petite que sur le Model Y. La puissance maximale est aussi assez moyenne (150Kw annoncé, 160 kw en pratique !), la courbe de charge oblige donc à rester longtemps aux bornes, il n'est pas possible de récupérer rapidement 200Km par exemple. Contrairement à l'ancien modèle, le système va préchauffer la batterie automatiquement, de quoi maintenir ces puissances en hiver, mais nous n'avons pu le vérifier évidemment.
Dans les bons points, on notera la présence d'un chargeur AC de 22kW, ce qui permet de charger la voiture en 3H30 sur une borne de village (la moitié en 1H45 !). Pour le coup, ce genre d'équipement est assez rare et très plaisant en ville. J'aime aussi beaucoup la trape de charge à l'avant, ce qui évite les manoeuvres à reculons, surtout dans les centres urbains !
Le solterra est également compatible V2L, avec le prise située dans le coffre (en option), et qui permet de brancher n'importe quel appareil électrique en 230V, comme un aspirateur par exemple.
Un intérieur très "Toyota"
L'intérieur ne semble pas avoir beaucoup évolué face à la première version, et il reprend tous les codes du BZ4X que l'on avait essayé.
Si vous aimez les intérieurs à la japonaises, avec des assemblages très sobres et sérieux, notamment dans le choix des matériaux, alors vous serez servis ! Il y a encore beaucoup de boutons physiques (sécurité enfant, son, parking, caméra...), ce qui rassurera les clients habituels de Subaru.
La console est flottante, ce qui permet de ranger un sac en dessous, et elle abrite 2 ports USB C, pas toujours très accessibles.
Les sièges sont très confortables et offrent même une ventilation intégrée en option. Mais attention, il faut monter dans les suppléments pour avoir tous les réglages électriques, un peu dommage !
Le rétroviseur est numérique , ce qui est vraiment pratique pour améliorer la visibilité arrière et la qualité est excellente, avec une bonne dynamique. Cela dit, la visibilité arrière est correcte, donc ce système est loin d'être indispensable ici.
J'aime bien la console centrale avec son double-chargeur Qi (un seul précédemment), le large accoudoir (que l'on peut ouvrir des deux côtés) et de nombreux vides poches. En revanche, l'absence de boite à gant est pénible, notamment pour ranger les papiers ou les objets de valeur.
A l'arrière, il y a beaucoup de place, pas de tunnel central, et la garde au toit est très correcte malgré un plancher un peu haut. Le toit panoramique offre une belle luminosité et les enfants ont largement de quoi placer leurs sièges auto, y compris au milieu. En revanche, pas d'écran comme chez Tesla, ni de tablette pour poser un iPad, on ne peut pas dire qu'il y ait beaucoup d'innovation pour les enfants.
Bizarrement, il n'y a pas de trape à ski et la banquette est uniquement fractionnable en 2 tiers / 1 tiers.
Connectivité... moyenne
C'était le gros point faible du premier Solterra, la connectivité était vraiment médiocre face à la concurrence et les progrès sont assez timides cette année.
De prime abord, il y a pourtant de bonnes idées, comme ces boutons physiques pour régler la climatisation, toujours accessible en bas de l'écran sans devoir toucher la partie tactile.
L'écran de 14" est un peu moins étriqué, et offre des bordures plus fines, mais le système a peu évolué. Seul le GPS offre enfin une gestion plus fine des bornes et de la planification d'itinéraire, mais cela reste assez basique. On ne peut pas, par exemple, définir de pourcentage aux bornes ni bloquer le planificateur sur certains réseaux.
Les réglages sont également très peu ergonomiques : beaucoup, comme les alertes, sont liés au profil et donc... dans le menu de votre profil ! L'écran est pourtant large, mais le système ne profite pas toujours de la surface pour afficher les menus, tout étriqués sur la gauche.
Le menu électrique est convenable, avec la limitation du courant, la programmation de charge, les infos de batteries... et même le refroidissement/chauffage de la batterie. Bizarrement, on peut limiter la charge DC, mais dans quel but ?
Enfin, les apps sont assez limitées. Pas de streaming ou d'audio en natif, même la radio est assez grossière. De toute façon, on sent que la puce est déjà à la peine avec le GPS même si le navigateur, lui, est plutôt réactif, à défaut de permettre de charger Netflix.
Il faudra donc se consoler avec CarPlay ou Android Auto, qui permettent maintenant de lire des films à l'arrêt (du moins, sur le papier). Problème, ni Google ni Apple ne propose de planificateur intégré à la gestion du véhicule, comme c'est par exemple le cas chez Porsche : utiliser Google Maps, c'est donc se priver de gestion des bornes et du préconditionnement de la batterie.
J'ai été surpris par les fautes de traduction, que l'on trouve habituellement plutôt chez les chinois que les japonais. Certains réglages apparaissent d'ailleurs peu explicites, en partie à cause de cela.
L'application mobile est dans la même veine : on peut déverrouiller/verrouiller la voiture, mais pas en bluetooth et pas question non plus de démarrer la voiture sans clef physique. Vous pouvez programmer la climatisation à distance, mais là encore, c'est très basique -on ne peut pas activer les sièges chauffants ou la ventilation séparée.
Même la recherche de borne est ultra-basique : si vous programmez un trajet, l'app ne calcule pas l'itinéraire, elle vous propose simplement de l'envoyer à la voiture ! Bref, pour suivre et programmer sa charge ou encore activer la climatisation à distance, ça sera suffisant, mais pas au delà ! Impossible, par exemple, de stopper la charge à distance...
Bilan : bien mais peut mieux faire
Ce nouveau Soletterra nous a-t-il convaincu ? Après plus de 2000Km, il est l'heure du bilan !
Déjà, avec le préconditionnement de la batterie, et sa vitesse de charge plus élevée, les longs trajets sont bien plus agréables, d'autant que l'autonomie est en net progrès. La voiture est confortable, avec de l'espace à bord et de nombreux équipements de série.
Pour autant, la plateforme électrique semble toujours un peu datée, tout comme la connectivité, avec l'absence de frunk, de one-pédale, de clef sur smartphone... Bref, de tous ces équipements assez classiques sur les véhicules de 2026, feraient presque passer Subaru pour une marque rétro !
J'ai été bluffé par ses aptitudes off-road, et son aisance sur les petites routes. Son moteur puissant permet à la fois de bonnes reprises, mais aussi de s'amuser hors des sentiers battus avec beaucoup d'assurance. A la conduite, y compris sur autoroute, ce Solterra est vraiment plaisant, on retrouve bien ce feeling Subaru au volant.
A l'arrivée, avec un tarif démarrant à 48 990€ (43'990CHF en Suisse), difficile de lui donner l'avantage face à un Model Y bien plus moderne ou même un XPeng G6 qui charge deux fois plus rapidement. Il faudra donc négocier un bon loyer ou un rabais pour vraiment craquer, comme ce fut le cas pour le premier modèle, qui affichait déjà un prix plutôt salé vu la fiche technique. On vous déconseille la version "4Xperience", dont les jantes vous font perdre 50Km d'autonomie, malgré les sièges ventilés, le HiFi Harman-Kardon ou encore le toit panoramique -et un look plus "rallye" !
Reste que pour les personnes habitant à la montagne, les bons 4x4 électriques sont plutôt rares, surtout avec de l'autonomie et un bon niveau d'équipements -d'autant que la garantie est de 10 ans ou 200 000Km, de quoi voir venir. Le Solterra 2026 peut donc surfer sur un positionnement presque inédit, mais cela suffira-t-il à relancer les ventes ? A vous de nous le dire en commentaires !
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En net progrès par rapport à la première version, ce nouveau Subaru Solterra offre une autonomie correcte, de la recharge plus rapide, de belles aptitudes off-road et un confort certain. Dommage que la marque manque cruellement de connectivité et de technologies avancées, comme de simples feux matrix, la clef sur téléphone... ou tout simplement un frunk, la one-pédale. Bref, rassurant pour les clients de la marque, il déçoit un peu les amateurs éclairés de véhicules 100% électriques