Les petits robots de livraison autonomes vont pouvoir commencer à se faire une place sur les routes françaises. Le ministère des Transports a publié récemment un arrêté autorisant leur homologation, première étape réglementaire indispensable avant leur mise en circulation. Et derrière le terme de robot se cachent parfois des véhicules assez imposants, capables de transporter jusqu’à une tonne de marchandises.
LA FRANCE OUVRE LA ROUTE AUX ROBOTS DE LIVRAISON
Le ministère des Transports vient en effet de donner son feu vert à l’homologation des robots de livraison routiers autonomes. Cela ne signifie pas qu’ils pourront immédiatement circuler partout, mais le texte crée le cadre nécessaire à leur déploiement.
Ces véhicules électriques sont principalement destinés à effectuer des trajets relativement courts et à prendre en charge la logistique dite du dernier kilomètre, autrement dit la dernière partie du trajet séparant un entrepôt ou un centre logistique du destinataire. L’objectif affiché est de rendre ces livraisons plus propres et plus silencieuses, tout en limitant l’utilisation de camionnettes traditionnelles dans les zones urbaines.
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DES ROBOTS CAPABLES DE TRANSPORTER UNE TONNE
Il ne faut toutefois pas nécessairement imaginer les petits robots à roulettes que l’on peut déjà croiser sur certains campus américains. Selon leur catégorie, les modèles autorisés pourront atteindre 4 mètres de long, 2 mètres de large et 2,5 mètres de haut. Leur charge utile pourra aller jusqu’à 1 000 kg, avec une autonomie suffisante pour réaliser des livraisons sur plusieurs dizaines de kilomètres.
Ils se rapprocheront donc parfois davantage d’une petite camionnette autonome que d’un robot circulant sur un trottoir. Leur homologation ne leur donnera pas pour autant accès à l’ensemble du réseau routier. Les collectivités territoriales conserveront la possibilité de définir les zones et les itinéraires sur lesquels leur circulation sera autorisée.
LA FRANCE N’ATTEND PAS L’EUROPE
Le calendrier est également intéressant. L’ONU et l’Union européenne travaillent actuellement sur leurs propres règles concernant l’homologation de ces véhicules, mais celles-ci ne sont pas encore finalisées. Comme pour plusieurs autres sujets, la France choisi de mettre en place son propre dispositif sans attendre, afin de ne pas freiner les constructeurs qui développent déjà cette technologie.
Pour le ministre des Transports Philippe Tabarot, cette décision doit notamment permettre à la France de profiter de son écosystème dans l’intelligence artificielle et les technologies connectées. Le pays possède effectivement une certaine expérience en matière de véhicules autonomes, avec de nombreuses expérimentations menées depuis plusieurs années, notamment par les entreprises françaises Navya et EasyMile.
Image Navya
LA CHINE ET LES ÉTATS-UNIS ONT DÉJÀ UNE LONGUEUR D’AVANCE
La France est toutefois loin d’être la première à expérimenter ce type de livraison. Des robots autonomes circulent déjà largement aux États-Unis et en Chine, deux pays où les véhicules sans conducteur ont pris une avance importante.
Des entreprises américaines comme Nuro, Serve Robotics ou Robomart développent déjà leurs propres solutions, tandis que le chinois Neolix déploie également des véhicules autonomes destinés à la livraison.
L’arrêté daté du 28 juillet 2026 (JO 7 août 2026) constitue donc surtout une première étape réglementaire. Il faudra désormais que les différents modèles obtiennent leur homologation, puis que les collectivités déterminent précisément où ils pourront circuler.
Qu’en penser ?
Ces robots pourraient avoir un véritable intérêt pour les tournées répétitives du dernier kilomètre, notamment entre des centres logistiques, des commerces ou des points de retrait.
Leur arrivée dans les rues françaises dépendra cependant beaucoup des choix des collectivités et de leur capacité à cohabiter avec les autres véhicules. L’homologation ouvre désormais la porte ; leur déploiement à grande échelle prendra probablement davantage de temps.