La France vient de fermer la porte au FSD de Tesla, le système de conduite quasi autonome supervisée du constructeur américain. Le ministre des Transports Philippe Tabarot le juge encore trop dangereux pour être autorisé en l'état, alors même que plusieurs voisins européens l'ont déjà accepté. Deux reproches précis reviennent, et le premier a de quoi faire tiquer.
Un refus pendant que les voisins disent oui
Le FSD, pour Full Self-Driving, est ce logiciel qui permet à une Tesla de se conduire presque seule, même si le conducteur reste censé garder les mains sur le volant. Dans une vidéo publiée cette semaine sur une plateforme gouvernementale, le ministre explique que les garanties de sécurité ne sont pas encore suffisantes pour donner le feu vert. La France refuse au passage la reconnaissance mutuelle, ce mécanisme européen par lequel une homologation obtenue aux Pays-Bas s'exporte ailleurs, et qui a déjà permis à la Belgique, à l'Estonie ou à la Lituanie d'autoriser le système.
Une voiture qui roule trop vite, et un conducteur mal surveillé
Le grief le plus surprenant concerne la vitesse. Le ministre a constaté que le FSD pouvait rouler plus vite que la limite de sa propre initiative, par exemple à 70 km/h au lieu de 50 quand le trafic autour circule à cette allure, sans que le conducteur l'ait demandé. Dans certains cas, la voiture peut grimper jusqu'à 50 pour cent au-dessus de la limite autorisée. Aux États-Unis, Tesla propose même des profils de conduite aux noms parlants comme Chill ou Mad Max, et la Suède bloque l'homologation pour cette même raison. Le second reproche est plus classique, puisque Paris estime que le système ne surveille pas assez l'attention du conducteur en ville et dans les manœuvres compliquées, alors que ce dernier reste pleinement responsable au volant.
La porte n'est pas totalement fermée
Tout n'est pas perdu pour les propriétaires de Tesla en France. Le ministre dit poursuivre les échanges techniques avec les Pays-Bas, les autres pays européens et Tesla pour affiner son analyse, et l'Union européenne pourrait de son côté voter une homologation à l'échelle du continent, au plus tôt début 2027. Philippe Tabarot veut même aller plus loin en permettant l'arrivée de vraies voitures autonomes, capables de rouler sans surveillance, sur les routes françaises dès 2027, avec une réunion des acteurs du secteur prévue à l'automne.
On en dit quoi ?
Le seul argument qui devrait tenir, c'est celui de la sécurité. Le point sur la vitesse est un vrai point, mais techniquement pourquoi ne pas tout simplement imposer à Tesla de respecter les vitesses sur notre territoire ? Et surtout, il est désormais acté que les véhicules autonomes conduisent aujourd'hui généralement mieux que les humains (moi le premier). Alors pourquoi attendre encore et encore, et encore ? On aimerait vraiment que la France cesse d'être éternellement à la ramasse sur ces sujets, bon sang de bonsoir.