Après l'Epiq, prenons aujourd'hui le volant du Skoda Peaq, le grand SUV 7 places 100% électriques du constructeur tchèque, prêt à rivaliser avec les Kia EV9, Tesla Model Y 7 places et autres Ioniq 9.
Cette fois-ci, avec ma collègue Megan, nous sommes partis du Tyrol autrichien, pour rejoindre l'aéroport de Munich, soit un trajet assez mixte de 180Km, avec de l'autoroute (illimitée), des petites routes de montagnes et quelques nationales allemandes, de quoi expérimenter tous les reliefs avec ce gros bébé de plus de 2,5 tonnes dans sa finition la plus élevée. Alors, il donne quoi sur la route, ce Skoda Peaq ?
Skoda Peaq : jusqu'à 650 km d'autonomie
Nous avions déjà découvert le Peaq en juin dernier près de Genève, uniquement en statique, l'occasion de monter à bord du véhicule et d'évoquer ses spécifications en détails.
Petit rappel, cette version est proposée avec 3 déclinaisons de moteurs et 2 tailles de batteries :
• Peaq 60, Peaq 90 et Peaq 90x • 204 ch, 286 ch (Prop) et 300 ch (4x4) • 0 à 100 en 8,6s, 7,1s et 6,7s • 63 et 91 kWH (59 et 86 net) • 450, 649 km WLTP et 610km WLTP • Recharge à 200 kW et 400 V • 10-80% en 27 à 28mn • Vmax 180km/h
Malgré un tarif assez salé, le Peaq ne profite donc pas du 800V réservé à Audi et Porsche, mais il bénéficie tout de même du V2L/V2H/V2G et de Plug and charge, bien utile sur les bornes pour éviter de badger.
Les motorisations sont assez classiques pour le groupe Volkswagen, on retrouve les blocs habituels avec 2 propulsions et une version 4x4, qui sera largement plébiscitée en Suisse et dans les zones montagneuses. Pour les autres, c'est plutôt la Propulsion Grande Batterie (90) qui sera le coeur de gamme, avec l'autonomie maximale. Là encore, on pourrait trouver les puissances un peu juste vu le poids de l'engin et le tarif demandé, mais nous en reparlerons au moment de la conduite.
Un intérieur ultra-confortable !
Avant de monter à bord, Megan et moi étions assez chargés, avec chacun un sac à dos et une bonne valise, qui ont sont rentrés sans mal en configuration 7 places. On aurait même pu profiter du sous-coffre ou faire encore monter les bagages jusqu'en haut du hayon ! Cela étant, avec réellement 7 personnes à bord, difficile de caser toutes leurs valises sans sacrifier au mois un siège, car le frunk ne permet de ranger que ses câbles, avec seulement 37 litres.
La première impression est souvent celle que l'on retient lorsqu'on s'installe dans un véhicule et croyez-moi, malgré toutes les Mercedes, Audi et autres BMW que l'on essaie régulièrement, aucune n'est au niveau de confort de ce Skoda Peaq !
Les sièges donnent l'impression d'être dans un nid de coton, à la fois moelleux, et offrant un bon maintien latéral. Les petits coussins situés sous l'appuie-tête sont assez rares à ce niveau de gamme, en dehors du premium allemand. Bref, pour une fois dans un SUV familial, le confort n'a pas été laissé au hasard !
Seul bémol, une bonne position de conduite nous a parue difficile à trouver, notamment car le réglage du volant est un peu limité en profondeur, et la planche de bord est assez haute. Nous aurions aimé pouvoir tirer le manche de façon plus marquée, pour ne pas avoir à placer les bras trop en hauteur pendant la conduite.
La planche de bord est très bien pensée, avec des boutons physiques très pratiques pour régler la climatisation, ou encore le volume sonore. Les deux emplacements pour téléphones sont bien situés, permettant de jeter un oeil rapide à ses notifications. On retrouve aussi un double porte-gobelet et de la place dans l'accoudoir, de quoi ranger toutes nos affaires de tournage.
L'écran est vertical, ce qui est plutôt agréable pour le GPS, mais limite aussi le nombre de commandes en bas de la dalle. Sur notre modèle d'essai, il n'était pas possible de le faire pivoter, mais Skoda nous assure que ce sera le cas dans la version de production.
Petite déception à l'arrière : pas de tablette pour travailler, pas d'écran, seulement un réglage de température... c'est vraiment le strict minimum, carrément chiche pour un SUV à ce tarif ! On se consolera avec énormément de place aux jambes et à la tete, des rangements très larges dans les portières et des accessoires pour accrocher les iPad sur les sièges de la première rangée. Mais même pour incliner les sièges, il faut se contenter d'une lanière... là où Tesla propose des réglages électriques depuis le coffre et l'habitacle.
Autoroute : sur un tapis volant
On n'achète pas un Peaq pour se balader en ville, mais bien pour les grands trajets, la voiture se devait donc d'être calibrée pour les voies rapides, ce qui est totalement le cas ici.
L'insonorisation est excellente, et l'on se laisse porter par les suspensions pilotées, capables vous laisser choisir entre confort et sportivité. Avec le réglage le plus doux, toutes les aspérités de la route sont parfaitement gommées, les sièges renforçant cette sensation d'évoluer sur un coussin d'air, prêt à avaler les kilomètres.
Les aides à la conduite sont d'un excellent niveau, comme toujours dans le groupe Volkswagen, avec un volant capacitif et un suivi de voie exemplaire. Un assistant permet de changer de voie automatiquement (à condition d'enclencher le clignotant).
Enfin, nous avons trouvé la motorisation 4x4 de 300 chevaux assez bien dimensionnée pour doubler et s'insérer en toute sécurité. Les allemands pourront râler que la vMax ne soit que de 180Km/h, mais c'est sans doute bien suffisant dans le reste de l'Europe.
Sur les petites routes : un peu lourd !
Notre périple nous a rapidement emmenés sur les petites routes allemandes, limitées à 100Km/h (oui oui !), car souvent tracées en ligne droite. La suite du parcours autrichien sera un peu plus sinueux...
Nous avons eu la chance de pouvoir tester tour à tour la version 4x4 (300 ch) et la Propulsion de 286 chevaux, une puissance qui nous a paru suffisante, mais aussi le minimum syndical pour déplacer notre gros bébé de près de 2,3 à 2,5t. Il est d'ailleurs assez étonnant de voir que la 90 et la 90X ont pratiquement la même puissance alors que cette dernière est un peu plus lourde.
Rapidement, malgré ces grosses motorisations, le poids se fait quand-même sentir, avec un peu de roulis en virage, et une voiture qui a aussi tendance à se cabrer à l'accélération. En tant que passager, j'avais rapidement la nausée dès que je n'étais plus concentré sur la route. A l'arrière, c'était encore pire, l'effet bateau déclenche souvent quelques rejets involontaires chez les enfants.
Comme souvent dans le groupe Volkswagen, le freinage n'est pas assez progressif. Déjà, il faut enfoncer la pédale sur quelques centimètres pour réellement commencer à freiner. La transition entre la régénération et les plaquettes manque de souplesse, et le mordant arrive uniquement en fin de course. Même en mode sport, on a l'impression de freiner un gros camion, ce qui n'était pas très agréable ! En revanche, la one-pédale permet de simplement relâcher l'accélérateur en début de courbe, et l'utilisation de la pédale de frein est en réalité très rare, sauf s'il faut stopper rapidement la voiture.
En ville : étonnamment maniable !
Avec ses 4,87 m de long et plus de 2m de large avec les rétroviseurs, le Skoda Peaq n'est pas vraiment taillé pour les centres urbains.
Mais bizarrement, son excellent rayon de braquage (moins de 10m !) nous a permis de nous faufiler assez facilement dans les petits villages autrichiens. La voiture tourne littéralement sur elle-même, et c'est assez bluffant.
La caméra à 360° se révèle très précise et assez efficace, avec l'option châssis transparent, même si la voiture souffre de quelques angles morts : il manque une vue jante notamment. Nous n'avons pas eu le temps de tester le parking automatique, mais en général, cela fonctionne plutôt bien chez Skoda.
La position de conduite, assez haute, facilite la visibilité. J'aurais toutefois préféré un rétroviseur numérique, car avec des passagers à l'arrière, la visibilité -déjà pas géniale- est totalement obstruée.
Par contre, attention aux trottoirs surélevés ou aux chemins scabreux, car la garde au sol est assez moyenne (18cm). Pour un descendant du Kodiaq, on s'attendait à au moins 20cm, mais pour le Peaq, on ira surtout barouder... sur les dos d'âne !
Consommation correcte
A l'issue de notre parcours mixte, la consommation oscillait entre 22,5 kWh/100Km sur autoroute à 18,8 kWh/100km pour le trajet complet.
Avec 86 kWh de capacité, on peut donc tabler sur 340 à 380Km sur autoroute entre 100% et 0%, soit 300Km entre deux charges, voire un peu plus sur les autoroutes suisse, où la vitesse oscille entre 100 et 120 km/h.
En ville, on peut s'approcher des 500Km à condition de garder le pied léger. Souvent, la consommation urbaine des gros SUV reste élevée, car la voiture a besoin de beaucoup d'énergie pour les relances (feux, carrefour...).
Une connectivité à parfaire
L'arrivée d'Android Automotive chez Skoda est une bonne nouvelle en matière de stabilité et de mise à jour : l'OS va pouvoir accueillir de nombreuses apps Android natives, comme YouTube, Spotify etc.
En revanche, se passer des service de Google est vraiment dommage, notamment pour le GPS qui est encore assez médiocre. En effet, durant notre trajet, on a raté plusieurs sorties par manque de clarté sur les intersections. Evidemment, on peut toujours utiliser CarPlay, mais le planificateur d'itinéraire ne fonctionne pas avec le système d'Apple -ce qui est d'ailleurs vraiment dommage et étrange en 2026.
J'ai aussi trouvé l'écran pas toujours très fluide, notamment pour le zoom/dézoom ou le changement d'application -il y avait toujours un peu de latence.
J'ai aussi noté que les réglages étaient toujours inutilement compliqués pour y accéder, d'autant qu'il n'a pas de boutons de raccourcis, comme c'était le cas avant (ou encore présent sur l'Epiq). Pour les mode de conduite, par exemple, il faut aller farfouiller dans les menus, tout comme pour le réglage de la suspension ou des aides à la conduite. Heureusement, un petit bouton permet de couper les alertes de survitesse d'un seule clic en haut de l'écran.
Enfin, signalons la présence de CarKey, la clef sur téléphone, qui permet de se passer de clef physique. Ça marche très bien et c'est vraiment pratique au quotidien.
On refera un test des écrans plus poussé une fois la voiture commercialisée, en espérant que la plupart des bugs aient été corrigés.
Premier bilan : le confort avant tout !
Après quelques heures de conduite, le bilan de ce Skoda Peaq est un peu plus contrasté que pour l'Epiq.
Avec un tarif débutant à plus de 55 000€/CHF, la marque vise clairement les clients du premium allemands, en adoptant une stratégie avant tout axée sur le confort, un peu moins sur le dynamisme. Le Peaq est d'abord pensé pour les autoroutes, un peu moins pour envoyer les watts dans les petits cols de montagne.
En réalité, ce Peaq se rapproche plus d'un Crossover que d'un gros SUV, ce qui pourrait d'ailleurs se révéler gênant pour ceux qui habitent à la montagne. On aurait aimé une garde au sol plus élevée et des angles d'attaque plus marqués, Skoda ayant d'ailleurs présenté des accessoires pour le camping (ainsi que le V2L) , ce qui auraient pu en faire un petit baroudeur de choix sur le marché encore timide en 100% électrique.
Enfin, comme souvent chez Skoda, le nombres d'option fait rapidement grimper la facture. Même en version 90 classique, on atteint rapidement les 65 000€/CHF avec quelques fonctionnalités qui sont souvent de série chez les chinois. Une Skoda qui dépasse les 70 000€/CHF en version 4x4 bien équipée, est-ce encore vraiment "Simply Clever" ?
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