Apple vient tout juste de tenir son assemblée générale annuelle des actionnaires, un rendez-vous traditionnel permettant de se prononcer sur plusieurs résolutions clés concernant la gouvernance et la stratégie du groupe. Sans surprise, les actionnaires ont suivi les recommandations de la direction sur l’ensemble des sujets soumis au vote. Le point le plus sensible de cette édition concernait une proposition externe visant à examiner en profondeur la relation d’Apple avec la Chine. Celle-ci a été largement rejetée.
Un audit sur la Chine refusé par les actionnaires
Baptisée China Entanglement Audit, la proposition émanait du National Center for Public Policy Research, un think tank conservateur américain. Elle demandait à Apple de mener une évaluation des risques et des coûts liés à sa dépendance à la Chine, tant sur le plan industriel que géopolitique.
Apple s’y est fermement opposée, estimant qu’un tel rapport était inutile, l’entreprise fournissant déjà des informations détaillées sur ses opérations internationales. La firme a également jugé la proposition trop prescriptive, considérant qu’elle cherchait à restreindre de manière inappropriée sa capacité à gérer ses activités courantes et sa stratégie commerciale. Comme c’est presque systématiquement le cas lors de ce type de scrutin, les actionnaires ont suivi l’avis du conseil d’administration et rejeté la résolution. Il n'y a pas vraiment de surprise ici...
Toutes les propositions d’Apple adoptées
En parallèle, les actionnaires ont validé l’ensemble des résolutions présentées par la direction d’Apple. Ont ainsi été approuvés : l’élection du conseil d’administration, la reconduction d’Ernst & Young LLP comme cabinet d’audit indépendant, le vote consultatif favorable sur la rémunération des dirigeants, ainsi que le plan d’actions destiné aux administrateurs non exécutifs. Ces votes confirment une stabilité totale de la gouvernance du groupe pour l’année à venir.
Un point plus discret mais notable a porté sur la composition du conseil. Historiquement, Apple applique une règle interne selon laquelle les membres du conseil ne peuvent plus se représenter après l’âge de 75 ans. Or, deux figures importantes dépassent désormais ce seuil : Ron Sugar, âgé de 77 ans, et Art Levinson, président du conseil, qui a récemment franchi la limite des 75 ans. Apple a toutefois choisi de déroger à cette règle pour ces deux administrateurs, un choix qui alimente certaines spéculations autour de l’avenir de la gouvernance du groupe.
En toile de fond, la succession de Tim Cook
Cette décision n’est pas anodine dans un contexte où la question de la succession de Tim Cook revient régulièrement dans les discussions. Certains observateurs estiment que ce dernier pourrait, à terme, quitter ses fonctions de directeur général pour endosser le rôle de président du conseil, une transition qui renforcerait encore l’importance de la stabilité actuelle au sommet d’Apple. Pour l’heure, aucune annonce officielle n’a été faite en ce sens, et Apple n’a pas évoqué publiquement de calendrier concernant une éventuelle succession.
Qu'en penser ?
À ce stade, l’assemblée générale annuelle d’Apple confirme donc une continuité stratégique et managériale, malgré un contexte géopolitique de plus en plus sensible autour de la Chine et des chaînes d’approvisionnement. L’entreprise pourrait communiquer ultérieurement sur certains échanges ou décisions complémentaires, mais l’essentiel est déjà acté : les actionnaires maintiennent leur confiance dans la direction actuelle.