Dans un paysage de la création vidéo largement dominé par des acteurs américains et chinois, une initiative européenne vient rebattre les cartes. Pikimov 5 franchit une étape majeure et se pose désormais comme une alternative crédible à la fois à After Effects et à CapCut, tout en conservant certains fondamentaux : gratuité, respect des données et absence totale d’intelligence artificielle intrusive.
Deux éditeurs, deux philosophies
La grande nouveauté de Pikimov 5 réside dans l’arrivée d’un éditeur classic, pensé pour simplifier la création de contenus vidéo. Son fonctionnement se rapproche de celui de CapCut : montage par pistes, transitions rapides, animations accessibles et prise en main immédiate. Mais le choix est assumé car il s’agit de répondre aux usages actuels des créateurs de contenus, notamment sur les réseaux sociaux.
En parallèle, Pikimov conserve son éditeur de compositing, plus avancé, orienté vers le motion design et les effets visuels complexes. Ce module, déjà présent dans les versions précédentes, rappelle l’approche d’After Effects, avec une logique de calques, d’animations et de compositions imbriquées. Désormais, Pikimov 5 couvre un spectre très large, du montage rapide au travail de compositing plus technique.
Gratuit, sans compte, sans cloud
Contrairement à la majorité des solutions concurrentes, Pikimov 5 reste entièrement gratuit, ne nécessite aucune création de compte et fonctionne sans upload de fichiers vidéo sur des serveurs distants. Les projets sont traités localement dans le navigateur, un choix technique qui limite l’exposition des données et renforce la confidentialité.
Enfin, notons que Pikimov ne s’appuie pas sur des modèles d’intelligence artificielle générative et n’exploite pas les créations des utilisateurs pour entraîner des algorithmes. Un positionnement à contre-courant, à l’heure où de nombreux outils conditionnent leurs fonctionnalités à l’IA et à la collecte massive de données.
Un enjeu de souveraineté numérique
La sortie de Pikimov 5 intervient dans un contexte particulier. La souveraineté numérique est devenue un sujet central en Europe, notamment dans les domaines de la création, du cloud et des outils professionnels. Entre Adobe côté américain et CapCut côté chinois, les alternatives européennes restent rares.
Pikimov apporte ainsi une petite bouffée d’air frais dans un écosystème très polarisé. Sans ambition hégémonique, le projet démontre qu’il est possible de proposer un outil puissant, moderne et accessible, sans dépendre d’abonnements, de plateformes fermées ou de modèles économiques basés sur les données.
Avec cette version 5, Pikimov change clairement de dimension. En combinant un éditeur classique orienté grand public et un module de compositing avancé, le logiciel élargit son public tout en conservant son ADN initial. Cette approche hybride pourrait séduire aussi bien les créateurs occasionnels que les motion designers plus expérimentés. À l’heure où les outils de création deviennent de plus en plus opaques et centralisés, Pikimov 5 se pose donc comme une alternative singulière — et résolument européenne — qui mérite l’attention.