Amazon ne sera pas au prochain Festival du Livre de Paris. Le géant américain a choisi de se retirer après la menace de boycott du Syndicat de la librairie française, qui refusait de participer à un salon ayant Amazon comme partenaire officiel. Le festival est prévu du 17 au 19 avril au Grand Palais.
Un partenariat qui a mis le feu aux poudres
Le Festival du Livre de Paris attend 450 exposants et 120 000 visiteurs pour cette édition 2026. Quand les organisateurs ont annoncé qu'Amazon serait partenaire officiel, le Syndicat de la librairie française a très mal pris la chose. Le syndicat a publié un communiqué au vitriol pour dénoncer le partenariat et a annoncé son retrait pur et simple du salon, en appelant tous les professionnels du livre et les lecteurs à faire de même. Pour le SLF, Amazon représente un risque majeur pour les auteurs, les éditeurs et les libraires. Les reproches sont assez clairs : le géant américain est accusé de contourner la loi sur les frais de port minimum de 3 euros sur les livres neufs (en vigueur depuis octobre 2023) et de vendre des livres générés par IA sur sa marketplace, mélangés aux vrais ouvrages.
Amazon fait machine arrière
Deux jours après le boycott, Amazon a annoncé se retirer du Festival d'un commun accord avec Paris Livres Événements, la filiale du Syndicat national de l'édition qui organise le salon. Le géant américain dénonce une manœuvre partisane du SLF et qualifie la polémique d'absurde, en rappelant que plus de 90 % des communes françaises n'ont pas de librairie et que la lecture ne devrait pas être instrumentalisée. Le SLF s'est quand même félicité de cette décision et a annoncé dans la foulée qu'il revenait sur son boycott. Résultat : le Festival retrouve ses libraires, mais perd son partenaire.
Des tensions qui ne datent pas d'hier
Amazon avait déjà tenté sa chance à l'ex-Salon du Livre en 2012 pour promouvoir le Kindle et ses services d'autoédition. Sa présence avait fait grincer des dents à l'époque, mais jamais au point de provoquer un boycott. Cette année, le climat est bien plus tendu : Amazon est en conflit ouvert avec les libraires sur le prix unique du livre, et la question des livres générés par IA vendus sur la plateforme est devenue un vrai sujet de crispation dans toute l'édition française. Le SLF n'a d'ailleurs pas hésité à mentionner les liens d'Amazon avec Donald Trump dans son communiqué, avec cette phrase qui résume bien l'ambiance : Si la multinationale américaine a de l'argent à dépenser, qu'elle commence par payer ses impôts en France.
On en dit quoi ?
Le retrait était la seule issue logique, mais le vrai sujet derrière cette affaire, c'est la vente de livres générés par IA sur la marketplace. Et ça, le boycott ne va rien y changer. Après, difficile de ne pas considérer qu'Amazon est un acteur important dans le monde du livre, et ça n'est pas moi, scotché 24h/24 à ma Kindle, qui dirait le contraire.