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Deliveroo et Uber accusés de "traite d’êtres humains" !

Par Laurence - Publié le

C’est une procédure judiciaire sans précédent qui vise les géants de la livraison. Quatre associations d’aide aux livreurs ont déposé plainte à Paris contre Deliveroo et Uber, notamment pour traite d’êtres humains. Cette grave accusation cible directement le modèle économique des plateformes en ligne, accusé de reposer sur l’exploitation d’une main-d’œuvre précaire.

Delieveroo Uber


Une accusation lourde contre les plateformes



D’après les informations de France Inter, à l’origine de ces révélations, les associations dénoncent des conditions de travail jugées indignes. Elles pointent un système où les livreurs seraient contraints d’accepter des courses mal rémunérées, dans un contexte de forte dépendance économique.

Pour leur avocat, la situation est alarmante : certains travailleurs enchaîneraient jusqu’à 60 heures par semaine, avec des revenus inférieurs au Smic horaire, sans protection sociale. À cela s’ajoute une pression constante liée aux plateformes en ligne, avec la menace de désactivation du compte — synonyme de perte immédiate de revenus.

Selon lui, les algorithmes jouent un rôle central dans ce mécanisme, en exploitant la vulnérabilité des livreurs et en les maintenant dans un cercle difficile à briser. Seule la justice peut y mettre un terme, estime-t-il.

Deliveroo et Uber accusés de "traite d’êtres humains" !


Une double offensive judiciaire



Au-delà de la plainte pénale, une action de groupe pour discrimination a également été lancée devant la justice civile. Cette dernière entend obtenir une reconnaissance des préjudices subis et surtout une indemnisation pour les livreurs concernés.

Cette double procédure — pénale et civile — marque une nouvelle étape dans la contestation du modèle des plateformes, déjà critiqué ces dernières années sur la question du statut des travailleurs.

Deliveroo et Uber accusés de "traite d’êtres humains" !


Une main-d’œuvre particulièrement vulnérable



Sur le terrain, les témoignages s’accumulent. À la Maison des coursiers de Paris, lieu d’accueil situé dans le 10e arrondissement, les livreurs décrivent un quotidien marqué par la précarité.

Circé Liénart, coordinatrice du centre, souligne que la majorité des travailleurs sont étrangers, souvent sans-papiers ou avec des titres de séjour précaires. Une situation qui les rend tout particulièrement dépendants des plateformes.

Ils acceptent des courses très mal rémunérées, faute d’alternative. Et à la fin, il n’y a pas de régularisation possible par le travail, puisqu’ils ne sont pas salariés, explique-t-elle. Pour beaucoup, il s’agit d’un système de survie au jour le jour.

Qu'en penser ?



Cette plainte relance le débat sur l’économie des plateformes et le statut des travailleurs indépendants. Si ces services ont profondément transformé les usages, ils reposent aussi sur un modèle flexible qui interroge de plus en plus, notamment sur le plan social. C'est désormais à la justice de trancher. Si les accusations étaient retenues, les conséquences pourraient être majeures pour l’ensemble du secteur de la livraison à la demande, bien au-delà de Deliveroo et Uber.