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La Chine défie SpaceX avec ses lanceurs

Par Vincent Lautier - Publié le

Galactic Energy a fait décoller hier matin sa fusée Pallas-1 depuis Jiuquan, et le vol d'essai s'est déroulé comme prévu jusqu'à l'orbite. Ce lanceur de 52 mètres est conçu pour revoler une vingtaine de fois, mais ce premier tir n'embarquait aucun système de récupération et le premier étage est retombé sans contrôle. La Chine aligne désormais trois lanceurs de ce type qui ont déjà volé, face à SpaceX.

La Chine défie SpaceX avec ses lanceurs


Une fusée pensée pour revenir, pas encore équipée pour ça



Pallas-1 mesure 52 mètres pour 3,35 mètres de diamètre et pèse environ 283 tonnes au décollage, avec sept moteurs CQ-50 au kérosène et à l'oxygène liquide qui délivrent 350 tonnes de poussée. Le deuxième étage n'utilise qu'un seul de ces moteurs, adapté au vide. Galactic Energy annonce jusqu'à 7 tonnes en orbite basse et un premier étage prévu pour encaisser au moins 25 vols. Sauf que voilà, ce premier exemplaire n'avait ni grilles de contrôle ni jambes d'atterrissage à bord. Ces équipements doivent arriver à partir du troisième vol, qui tentera aussi de se poser à la verticale, en mer ou sur terre. L'entreprise, fondée en 2018, s'était fait connaître avec Ceres-1, un petit lanceur à poudre bien plus simple.



Trois Chinois en moins de deux mois



On vous en parlait le mois dernier : LandSpace a posé son étage de Zhuque-3 à la verticale, à 390 kilomètres du pas de tir, avant qu'il ne bascule, après un premier essai qui s'était écrasé en décembre. Quelques semaines plus tôt, en juillet, la Longue Marche 10B de l'agence d'État avait été attrapée au filet sur une plateforme en mer. Pallas-1 arrive donc en troisième position, avec une approche différente sur le carburant, puisque Zhuque-3 tourne au méthane alors que Galactic Energy reste au kérosène, comme la Falcon 9. Il s'agissait aussi du 61e lancement chinois de l'année, ce qui donne une idée du rythme.

La Chine défie SpaceX avec ses lanceurs


Récupérer, c'est bien, revoler, c'est autre chose



Aucun de ces trois étages n'a encore redécollé. SpaceX fait voler des boosters de Falcon 9 depuis 2017 et certains dépassent aujourd'hui les trente missions, alors que la Chine en est à valider, un acteur après l'autre, la partie la plus délicate du vol. Pour Galactic Energy, il faudra encore un vol à vide, puis un troisième tir, celui qui embarquera enfin grilles et jambes et tentera de se poser. La cible reste la même pour tout le monde : alimenter à bas coût les constellations Guowang et Qianfan, qui doivent répondre à Starlink et réclament des centaines de lancements.

On en dit quoi ?



Un premier vol qui atteint l'orbite du premier coup, c'est déjà un vrai résultat pour une entreprise qui ne faisait voler que des fusées à poudre. Mais le mot réutilisable est un peu généreux tant que rien n'a été ramené au sol, et Galactic Energy en est là où SpaceX se trouvait il y a une dizaine d'années. Ce qui impressionne, c'est la méthode : deux sociétés privées et l'agence d'État, trois techniques en moins de deux mois, et Pékin qui laisse tout le monde essayer en même temps.