The Insider, Der Spiegel et Le Monde ont mis la main sur des documents militaires russo-chinois glaçants. On y lit un plan en trois étapes pour neutraliser Starlink, la constellation de satellites d'Elon Musk devenue vitale pour l'Ukraine, de la pression diplomatique jusqu'à la destruction pure et simple des satellites en orbite.
Des présentations militaires qui fuitent
Tout part de quatre présentations récupérées lors d'un forum militaire entre la Russie et la Chine, à Guangzhou fin 2023, complétées par un protocole signé à Moscou quelques mois plus tôt. Ils comptent autant parce que Starlink est devenu, depuis février 2022, la colonne vertébrale des communications ukrainiennes, avec plus de 40 000 terminaux déployés sur le front. Le ministre ukrainien Mykhailo Fedorov a comparé le réseau au sang qui irrigue toute leur infrastructure. On comprend pourquoi le faire tomber est vite devenu une obsession partagée par Moscou et Pékin.
Trois étapes pour faire tomber Starlink
Le plan, dessiné par des chercheurs du géant public chinois de l'aérospatiale, la China Aerospace Science and Technology Corporation, suit une vraie échelle d'escalade. On commence par la pression diplomatique, pour freiner l'expansion de Starlink et lui bloquer l'accès à certaines fréquences. Vient ensuite le brouillage du signal, mené en commun, un terrain où la Russie a déjà pris de l'avance. Si rien de tout ça ne suffit, il reste la manière forte, avec des cyberattaques visant les terminaux et des armes bon marché pensées pour détruire les satellites plus vite que SpaceX n'arrive à les remplacer.
Bien plus qu'une affaire de satellites
Starlink n'est pourtant qu'un chapitre du dossier. Le reste raconte une alliance militaire en bonne et due forme, avec une défense antiaérienne partagée, des drones explosifs mis au point à quatre mains et des blindés d'un nouveau genre. Le troc y est assumé, la Russie apporte son expérience du combat et récupère en échange les technologies chinoises, le front ukrainien servant de laboratoire grandeur nature. Environ 200 opérateurs russes ont déjà été formés en Chine, dont la fameuse neutralité en prend un sérieux coup. Les deux camps doivent se retrouver à Saint-Pétersbourg cette année.
On en dit quoi ?
Voir la constellation d'un milliardaire privé devenir la cible numéro un de deux grandes puissances en dit long sur le poids qu'a pris Starlink en quelques années à peine. Qu'un pays entier dépende d'un réseau contrôlé par Elon Musk, c'est à la fois une force et une vraie fragilité. Et quand un document parle noir sur blanc de descendre les satellites plus vite que SpaceX ne les relance, la guerre de l'espace cesse d'être une hypothèse lointaine.