Virgin Galactic tient son nouveau vaisseau. Baptisé Apeiron après un vote public, l'appareil a quitté le 28 octobre son usine d'Arizona pour rejoindre le Spaceport America, au Nouveau-Mexique, accroché sous l'avion porteur Eve. Les premiers clients doivent embarquer au deuxième trimestre 2027, six par vol, pour un billet qui atteint quand même 750 000 dollars.
C'est le public qui a choisi le nom
Apeiron vient du grec ancien et désigne l'illimité, un choix quelque peu ironique pour un appareil condamné à retomber sur Terre au bout de quelques minutes. Des milliers de participants venus de 83 pays en ont décidé ainsi lors d'un vote organisé par la marque, et le baptême s'est accompagné d'un déménagement très surveillé. Le vaisseau n'a pas volé. Il a fait le trajet moteur éteint, en passager sous les ailes d'Eve, et il va rester cloué au sol un bon moment, le temps que les équipes du Nouveau-Mexique terminent l'avionique et valident le logiciel de vol. Viendront ensuite des essais au sol, des vols captifs, un largage plané, et un jour seulement le premier vol propulsé au-dessus de 80 kilomètres, l'altitude où les États-Unis considèrent que l'espace commence.
Six places au lieu de quatre
Apeiron étrenne la classe Delta, la deuxième génération de vaisseaux suborbitaux de la société, et le principe du vol ne bouge pas. Eve grimpe en altitude avec le vaisseau sous les ailes, le largue, et le moteur-fusée s'allume. Les passagers flottent ensuite quelques minutes en apesanteur devant les hublots, puis l'appareil redescend en planant, sans jamais s'approcher d'une orbite. Le VSS Unity faisait déjà tout ça avant son retrait en 2024. La classe Delta embarque six passagers au lieu de quatre, elle est fabriquée en modules pour qu'une vraie flotte puisse suivre, et Virgin Galactic aimerait faire voler chaque vaisseau jusqu'à huit fois par mois. Un second exemplaire est d'ailleurs déjà en chantier pour la fin 2027.
Le billet a encore augmenté
Les ventes ont rouvert en avril 2026 et le tarif a pris de la hauteur au passage, 750 000 dollars le siège, dans les 650 000 euros. La première tranche de 50 places est quand même partie presque aussitôt. Environ 675 clients patientent aujourd'hui sur la liste, et certains ont réservé il y a près de vingt ans, à une époque où tout cela devait arriver très vite. L'entreprise joue très gros. Son action, qui avait dépassé les 1 100 dollars en pleine euphorie boursière de 2021, s'échange aujourd'hui autour de 2,50 dollars, plus aucun vol de tourisme spatial n'a décollé des États-Unis depuis une dizaine de mois, et le calendrier vient encore de glisser, de fin 2026 à février 2027, puis à ce fameux deuxième trimestre 2027.
On en dit quoi ?
Pour peu qu'on soit à l'aise avec le concept général, on aimerait bien voir Apeiron voler, l'avenir du tourisme spatial se joue en bonne partie sous les ailes de ce programme, et un vaisseau baptisé par le public a en plus un petit côté sympathique. Mais on a vu trop de dates s'évaporer chez Virgin Galactic pour prendre cette échéance au pied de la lettre. Les 675 clients, eux, ont déjà prouvé qu'ils savaient attendre.