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Mistral, seule IA européenne dans l'espace : vraiment si française ?

Par Vincent Lautier - Publié le

Les modèles de Mistral vont bientôt tourner au-dessus de nos têtes. La société française s'est associée à Loft Orbital pour une constellation de 50 satellites capables d'analyser leurs images directement en orbite, sans repasser par des centres au sol. Le premier exemplaire décolle ce mois-ci, et le programme pèse déjà un milliard de dollars, financés en grande partie depuis Abou Dhabi.

Mistral, seule IA européenne dans l'espace : vraiment si française ?


Des réponses en quelques secondes



Un satellite d'observation classique photographie la Terre, transmet ses données à une station, puis des équipes au sol les analysent. Entre la prise de vue et l'information utile, il s'écoule souvent plusieurs heures. La constellation Altair inverse la logique : les images des capteurs optiques et radar sont traitées à bord, sur des puces Nvidia, par les modèles de Mistral, et le client reçoit une information exploitable en quelques secondes. Un départ de feu de forêt ou un navire suspect peut donc être signalé sans attendre le prochain passage au-dessus d'une antenne. Mistral doit aussi ouvrir un magasin d'applications pour que des développeurs tiers construisent leurs propres services sur la constellation.

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C'est Abou Dhabi qui paie



L'annonce remonte à début septembre, lors du Sommet international de l'espace à Paris. Le milliard de dollars vient de Marlan Space, une filiale du conglomérat émirati IHC, et les satellites sont assemblés sur place par Orbitworks, la coentreprise locale de Loft Orbital, qui peut en sortir jusqu'à 50 par an. Dix exemplaires de démonstration sont déjà sur les chaînes, les quarante autres suivront. Loft Orbital apporte la plateforme. Fondée par des Français, la société vit entre San Francisco et Toulouse, et l'imagerie optique haute résolution viendra des satellites de l'américain BlackSky.

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Mais qui lance tout ça ?



Le premier satellite partira dans le courant du mois à bord d'une fusée SpaceX. Pour la suite, les partenaires préfèrent MaiaSpace, la filiale d'ArianeGroup, même si le rythme des tirs n'a pas été détaillé. Les premiers clients visés sont des États, dont la France. Viendront ensuite les entreprises, pour surveiller une route maritime ou garder un oeil sur un port sensible.

On en dit quoi ?



Mistral a trouvé là un débouché que personne n'attendait vraiment, bien loin du chatbot à qui vous demandez une recette de lasagnes, et aucune autre société d'IA européenne ne peut se vanter de faire tourner ses modèles dans l'espace. C'est quand même un beau coup. L'étiquette française, par contre, est à relativiser, l'argent et l'usine sont émiratis, une partie des satellites est américaine. Mais bon, on va essayer de ne pas être trop rabat-joie.