SwitchBot a profité de la scène de Las Vegas pour présenter un concept ambitieux : Onero H1, un robot humanoïde domestique que l’entreprise décrit comme le plus accessible de sa catégorie. Loin des démonstrations spectaculaires ou des promesses futuristes, SwitchBot mise sur une approche pragmatique : faire du robot un acteur physique utile de la maison, capable de réaliser de vraies tâches du quotidien.
Un humanoïde conçu pour la maison, pas pour la démonstration
Contrairement à la plupart des robots humanoïdes récents — souvent destinés aux usines ou aux entrepôts — Onero H1 cible clairement l’environnement domestique. Là où Agility Robotics (Digit), Tesla (Optimus) ou encore Figure se concentrent sur des usages industriels, SwitchBot revendique un assistant généraliste, capable d’évoluer dans le désordre, l’imprévu et la diversité propres à une habitation.
Le prototype est conçu pour manipuler des objets aux formes variées, ouvrir des portes, organiser des étagères ou interagir avec des appareils du quotidien, sans nécessiter une programmation rigide. Des tâches dites non structurées, qui restent aujourd’hui parmi les plus complexes en robotique, même dans les laboratoires de recherche les plus avancés.
Vision, toucher et intelligence embarquée
Sur le plan technique, Onero H1 combine vision, capteurs de profondeur et sensibilité tactile, avec 22 degrés de liberté, afin de gérer des actions nécessitant un contact précis. L’ensemble repose sur un modèle embarqué baptisé OmniSense VLA, conçu pour interpréter l’environnement et ajuster les gestes en temps réel.
SwitchBot insiste sur l’importance de l’IA intégrée et de l’apprentissage par signaux tactiles, une approche qui permettrait au robot de s’adapter aux variations de lumière, de matériaux ou de position des objets — autant de paramètres qui font chuter les taux de réussite des robots traditionnels dès qu’ils sortent de conditions contrôlées.
En effet, l’architecture privilégie le traitement local, limitant les allers-retours vers le cloud. Ce choix réduit la latence — critique pour des gestes fins comme tourner une poignée ou saisir un objet glissant — tout en répondant aux préoccupations croissantes autour de la vie privée.
Une approche « accessible », fidèle à l’ADN SwitchBot
Le qualificatif accessible n’est pas anodin chez SwitchBot. La marque s’est fait connaître avec des accessoires capables de rendre intelligents des objets existants, sans transformation lourde de l’habitat. Boutons motorisés, ouvre-rideaux ou capteurs connectés ont toujours privilégié la simplicité et l’intégration.
Appliqué à un humanoïde, ce positionnement recouvre trois axes majeurs : • Le prix, avec l’objectif implicite de rester très loin des coûts à six chiffres des robots industriels. SwitchBot n’a communiqué aucun tarif, mais laisse entendre une ambition grand public. • La simplicité d’usage, avec une configuration proche de celle d’un assistant vocal, des commandes en langage naturel et une capacité à récupérer rapidement après une erreur. • L’intégration, notamment avec l’écosystème SwitchBot existant, permettant au robot d’alterner entre actions physiques et contrôle d’appareils connectés, sans scripts complexes.
Qu'en penser ?
Le contraste avec les robots domestiques actuels est frappant. Des acteurs comme iRobot ou Roborock ont rencontré le succès en se concentrant sur des tâches uniques et répétables, comme l’aspiration ou le lavage des sols. Un humanoïde polyvalent doit, lui, gérer perception, planification et dextérité dans un environnement en constante évolution.
C’est précisément là que SwitchBot tente de se démarquer, en ciblant des corvées simples mais universelles : ranger, transporter, déposer, organiser. Si la réussite fiable de ces séquences — saisir, déplacer, poser — dans des foyers très différents était démontrée, cela représenterait une avancée majeure pour la robotique domestique.
Malgré cette approche prometteuse, de nombreuses questions restent ouvertes. Autonomie, niveau sonore, vitesse de déplacement, poids, mais aussi maintenance à long terme (mises à jour, calibration, réparations) seront déterminants pour une adoption réelle.
La gestion des données sera également scrutée de près. Un robot mobile doté de capteurs permanents devra offrir des garanties solides en matière de contrôle, de transparence et de traitement local, sous peine de susciter de fortes réticences de la part des consommateurs et des régulateurs.