Les 900 000 abonnés à l'option Tempo d'EDF n'ont connu que 9 jours rouges depuis novembre sur les 22 prévus cette saison. Il reste donc 13 journées à 70 centimes le kilowattheure à caser avant le 31 mars. Mais avec un réseau électrique qui tourne sans tension et des températures printanières, personne ne sait vraiment ce que RTE va décider.
Un hiver trop doux pour le compteur Tempo
Le bilan de la saison est vite fait. Zéro jour rouge en novembre, deux en décembre, six en janvier et un seul en février. L'hiver a été clément, le parc nucléaire français a bien fonctionné et la demande d'électricité n'a jamais posé de problème. Le mécanisme Tempo repose sur un principe clair : c'est RTE, le gestionnaire du réseau, qui déclenche les jours rouges quand l'équilibre entre production et consommation se tend. Pas EDF. Et cette saison, les tensions n'ont quasiment pas existé.
Résultat, il faut caser 13 jours rouges en mars, uniquement en semaine. Ça ne laisse que 17 créneaux possibles. Pour les abonnés, ça signifie payer 70,60 centimes le kilowattheure en heures pleines la grande majorité des jours ouvrés, contre 16,12 centimes un jour bleu. Sur le groupe Facebook Tempo EDF et ses 62 000 membres, c'est le sujet numéro un depuis une semaine.
Trois scénarios sur la table
Première hypothèse : RTE active les 13 jours. C'est d'ailleurs ce que le gestionnaire a confirmé à Actu.fr il y a quelques jours. Dans ce cas, EDF relativise : sans modifier ses habitudes, un abonné Tempo paierait environ 5,80 euros de plus par jour rouge comparé à un jour bleu. Pas la ruine, d'autant que les températures de mars ne nécessitent pas de chauffage. Et la situation n'est pas inédite : janvier 2025 avait déjà compté 13 jours rouges sur un seul mois.
Deuxième hypothèse : RTE en annule une partie, voire la totalité. C'est ce qui s'était passé en mars 2020, quand le confinement avait fait chuter la consommation au point où activer des jours rouges n'avait plus aucun sens. Aujourd'hui, le contexte est différent mais le raisonnement tient : avec un réseau en surproduction et des températures proches de 20°C, pousser les abonnés à réduire encore leur consommation pourrait aggraver le déséquilibre plutôt que le corriger.
Troisième hypothèse, et c'est la plus imprévisible : la géopolitique s'en mêle. La guerre au Moyen-Orient menace l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié via le détroit d'Ormuz. Si certains voisins européens se retrouvent en difficulté, la France pourrait devoir exporter massivement son électricité. Et là, le réseau se tendrait pour de bon, et les jours rouges retrouveraient leur raison d'être.
On en dit quoi ?
C'est un peu absurde. Un dispositif conçu pour les vagues de froid qui se retrouve à devoir fonctionner par 20°C en mars, c'est un peu le monde à l'envers. RTE dit qu'il va activer les jours rouges, mais est-ce que ça a du sens si la météo reste aussi douce ? Au moins, dans le pire des cas, l'impact financier par jour sera modéré pour qui adapte un minimum sa consommation. Le vrai risque, c'est plutôt qu'un événement géopolitique change la donne du jour au lendemain, et là, tout est possible.