Le scénario a de quoi faire tiquer un peu. À Gravelines, dans le Nord, la plus grande centrale nucléaire d'Europe de l'Ouest a vu ses réacteurs tomber les uns après les autres. Le coupable n'est ni une panne technique ni une cyberattaque, mais un banc de méduses qui a bouché les filtres de son circuit d'eau de mer. Fin août, aucun des six réacteurs ne tournait à pleine puissance.
Six réacteurs tous à la peine
Le tableau est quand même un peu vertigineux. Au 27 août, les réacteurs 3 et 6 étaient arrêtés par précaution à cause des méduses, le 4 restait à l'arrêt depuis l'invasion du 10 août, alors que les numéros 1 et 2 tournaient à puissance réduite. Ajoutez le réacteur 5, lui en maintenance programmée, et vous obtenez un site entier au ralenti. Sur les six unités de la centrale, plus une seule ne fonctionnait normalement.
Comment de simples méduses peuvent bloquer un réacteur ?
Le principe est en fait tout bête. Avec ses six réacteurs de 900 mégawatts, soit 5 400 mégawatts au total quand même, Gravelines pompe des quantités colossales d'eau de mer pour se refroidir. Les méduses se font aspirer avec, puis colmatent les filtres rotatifs des stations de pompage. Grilles bouchées, l'eau ne circule plus, et il faut réduire ou arrêter le réacteur pour nettoyer. EDF insiste, aucun impact sur la sûreté. Rien de radioactif, juste un problème d'entrée d'eau, loin des circuits sensibles.
Un phénomène qui va se répéter
Et ce n'est pas la première fois. En août 2025 déjà, les méduses avaient forcé des arrêts au même endroit. Elles prolifèrent d'année en année, portées par des eaux plus chaudes et une surpêche qui a décimé leurs prédateurs. Le phénomène va donc revenir, et peser sur la production nucléaire française en plein coeur de l'été, quand la climatisation fait grimper la demande.
On en dit quoi ?
Il y a de quoi sourire en voyant une bestiole sans cerveau ni squelette clouer au sol un géant comme Gravelines. Mais l'avertissement est quand même fort. EDF va devoir muscler ses filtres et ses barrages anti-méduses, parce que ces invasions ne feront que se multiplier. Le parc nucléaire français a déjà bien assez d'ennuis comme ça.