Précurseur dans les panneaux solaires plug&play, le français Sunology commercialise depuis quelques mois sa batterie Storey, un modèle conçu en France, et spécifiquement adapté à notre marché.
Mais cette batterie solaire tient-elle vraiment toutes ses promesses en matière de stockage, de connectivité et de puissance ?Réponse dans notre test complet !
Après les panneaux plug&play, les batteries !
Ces dernières années, les batteries solaires domestiques connaissent un véritable essor, même si le marché français reste un peu timide, grâce à une électricité encore peu chère en Europe.
Avec la multiplication des panneaux photovoltaïques en autoconsommation, comme la station Play et Play 2 de Sunology, un problème revient systématiquement : la production d'électricité ne coïncide presque jamais avec les moments où l'on en a réellement besoin. Les panneaux produisent surtout entre 11 h et 16 h, alors que la consommation explose généralement en début de soirée, lorsque toute la famille rentre à la maison.
C'est précisément là qu'interviennent les batteries domestiques. Elles permettent de stocker les surplus produits dans la journée afin de les restituer quelques heures plus tard, limitant ainsi les prélèvements sur le réseau. Sur le papier, le principe est simple ; dans la réalité, toutes les solutions ne se valent pas.
Après Anker, Zendure, Marstek, EcoFlow ou encore Beem, c'est aujourd'hui au tour de Sunology de se lancer véritablement sur le marché avec la Storey, une batterie modulaire qui mise autant sur son esthétique que sur son logiciel et son intégration dans l'écosystème de la marque. Car Sunology ne part pas de zéro : de nombreux utilisateurs possèdent déjà une station Play ou Play Max, et l'arrivée d'une batterie de stockage était particulièrement attendue.
Mais attention : toutes les batteries ne se ressemblent pas. Au-delà de la capacité de stockage, il faut aussi prendre en compte :
• la puissance maximale délivrée • le rendement énergétique • la durée de vie • le logiciel de gestion • la qualité du matériel • le service après-vente.
Autrement dit, acheter la batterie la moins chère n'est pas toujours la meilleure idée. C'est un investissement qui est censé durer entre dix et quinze ans. Autant bien choisir dès le départ.
Une "batterie de salon ?"
La première chose qui frappe avec la Sunology Storey, c'est son look ! Habituellement, les batteries résidentielles ressemblent davantage à de gros blocs techniques qu'à des objets destinés à vivre dans une maison. Les fabricants chinois privilégient souvent la fonctionnalité à l'esthétique.
Sunology prend ici le chemin inverse : la Storey affiche un design particulièrement soigné, avec des matériaux de qualité et une finition que l'on retrouve rarement sur ce segment. Même les câbles sont inédits : ils sont tressés, robustes et donnent immédiatement une impression de produit premium.
Ce soin apporté au design n'est pas uniquement cosmétique : contrairement à beaucoup de batteries qui terminent dans un garage ou une cave, la Storey est clairement pensée pour être installée dans une pièce de vie. Avec seulement 27 cm de hauteur pour le module principal — 54 cm avec une extension — elle peut facilement faire office de banc d'appoint ou de petit meubre.
Sunology fournit même un petit plateau inférieur (pour surélever la batterie), tandis que des roulettes sont proposées en option, une idée plutôt intelligente lorsque l'on sait que la batterie peut être déplacée assez facilement grâce à ses deux larges poignées.
L'unité principale pèse environ 30 kg, tandis qu'un module supplémentaire affiche environ 26 kg. Ce n'est évidemment pas léger, mais on reste très loin des monstres de 70 à 80 kg proposés par certains concurrents. Résultat : une seule personne peut déplacer l'ensemble sans difficulté particulière.
Son look de batterie de maison ne signifie pas pour autant que la Storey reste cantonnée à être exposée dans un salon, elle est certifiée IP64, ce qui lui permet d'être installée aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Elle accepte des températures comprises entre -10 °C et +55 °C ainsi qu'un taux d'humidité pouvant atteindre 85 %. Autrement dit, elle pourra parfaitement trouver sa place dans un garage, un atelier ou même sous un abri extérieur correctement protégé. Cette polyvalence constitue un vrai plus, surtout lorsque l'on manque d'espace à l'intérieur de la maison.
Un écran simple... peut-être un peu trop
Sunology intègre également un petit écran directement sur la façade. Il y a encore un an, ce type d'équipement était quasiment absent du marché. Aujourd'hui, la concurrence commence à s'y mettre, notamment Anker sur ses derniers modèles.
Dans le cas présent, l'écran affiche principalement :
• le niveau de batterie • l'état général du système (en cas de coupure de réseau/courant)
C'est pratique puisqu'il n'est plus nécessaire d'ouvrir systématiquement l'application mobile pour vérifier si la batterie est en train de charger. En revanche, on aurait aimé davantage d'informations comme la puissance instantanée, les entrées et sorties, la consommation actuelle ou encore le temps restant avant charge complète... Les fabricants chinois proposent déjà ce type d'informations sur certains modèles récents (comme l'Anker Solarbox Max AC testée récemment), ce qui montre à quel point le marché évolue rapidement.
Une architecture modulaire particulièrement intéressante
Sous son apparence élégante, la Storey cache une conception entièrement modulaire : chaque batterie offre 2,2 kWh de capacité.
Sur le papier, cela paraît déjà confortable. En pratique, cela dépend évidemment de votre consommation quotidienne. Avec une installation composée de deux doubles stations Play 2 représentant environ 2 kWc, je vous recommande au minimum deux modules, soit 4,4 kWh de stockage. Si vous avez 3kWc, ce sera plutôt deux double-stations, soit 8,8 kWh.
Mais après plusieurs semaines d'utilisation, on se rend vite compte que faire grossir son installation devient quasiment incontournable dans beaucoup de situations car la limite ne vient finalement pas forcément de la capacité, mais plutôt de la puissance. Chaque module est en effet capable de délivrer seulement 500 W, deux modules permettent donc d'atteindre 1 000 W, trois modules montent à 1 500 W etc.
Cette architecture modulaire est donc intéressante pour faire grossir petit à petit son installation à la fois en matière de capacité et de puissance, mais ce choix technique ne correspondra pas toujours aux différents besoins.
La puissance : le véritable point de débat
Prenons un exemple très concret : entre le réfrigérateur, les box Internet, les équipements en veille, la VMC, une maison consomme rarement moins de 300 à 400 W en permanence.
En clair, avec un seul module, on atteint rapidement ce fameux "talon de consommation", autour de 500W. Ajoutez maintenant un micro-ondes de 1 000 W, et votre besoin passe instantanément à environ 1 400 W... soit déjà 3 modules Storey !
Avec seulement deux batteries Storey, on ne peut donc pas compenser le talon de la maison et un appareil un peu gourmand. Et si vous utilisez des appareils encore plus consommateurs, comme une machine à café, un sèche-cheveux, un four ou même une plaque de cuisson, tous ces produits dépassent très facilement les 2 000 W à 3000W... seuls !
Dans ces situations, une partie de l'énergie proviendra donc inévitablement du réseau, même si votre batterie est encore quasiment pleine. C'est probablement le principal compromis technique réalisé par Sunology.
Des choix techniques assumés
Pourquoi Sunology a-t-il limité la puissance à 500 W par module, quand certains concurrents comme Anker, Zendure ou Marstek proposent directement 2 000 à 2 500 W de sortie ? Nous avons posé la question aux équipes de la marque, qui avancent deux arguments.
Le premier concerne la fiabilité : en limitant la puissance délivrée par chaque pack, les composants électroniques sont moins sollicités. Ils chauffent moins, nécessitent un système de refroidissement plus discret et devraient, sur le papier, offrir une meilleure longévité. C'est un choix qui peut sembler conservateur, mais qui reste cohérent avec l'objectif affiché de proposer une batterie capable de fonctionner pendant quinze ans.
Le second argument est plus pragmatique : une batterie de 2,2 kWh délivrant 500 W pourra se vider intégralement pendant un peu plus de quatre heures. C'est précisément la plage horaire durant laquelle la majorité des foyers commencent à consommer fortement, entre 18 h et 22 h. L'idée est donc de privilégier une restitution plus douce mais plus longue, plutôt qu'une décharge très rapide qui viderait complètement la batterie en moins d'une heure. Sur le papier, le raisonnement se tient.
En revanche, il suppose que votre consommation reste relativement stable au cours de la soirée. Or, dans la pratique, les pics de puissance sont nombreux mais très ponctuels. Un four, un sèche-linge ou une plaque à induction viennent rapidement dépasser les capacités de deux modules. Pour beaucoup de familles, il faudra donc viser quatre, voire cinq batteries afin d'atteindre une puissance équivalente aux solutions les plus musclées proposées par la concurrence.
Une réactivité satisfaisante… mais encore perfectible
Au-delà des caractéristiques techniques, une batterie domestique doit surtout être capable de réagir rapidement aux variations de consommation.
C'est tout l'intérêt du Smart Meter. Dès qu'un appareil énergivore est mis en route, celui-ci détecte immédiatement la hausse de consommation et demande à la batterie de fournir davantage de puissance.
Dans nos essais, la Storey s'en sort globalement bien. Lorsqu'un four électrique est allumé, la batterie augmente sa puissance après seulement quelques secondes. En observant simultanément les mesures remontées par un Ecojoko, on constate que les deux courbes restent relativement synchronisées, preuve que le système fonctionne correctement.
En revanche, la comparaison avec un Shelly, particulièrement apprécié des utilisateurs avancés, montre que ce dernier détecte la hausse de consommation légèrement plus rapidement. L'écart reste faible — quelques secondes seulement — mais il suffit à provoquer un appel de puissance sur le réseau avant que la batterie ne prenne véritablement le relais.
Cette petite latence n'est pas dramatique au quotidien, mais elle rappelle une nouvelle fois que la Storey privilégie la douceur de fonctionnement plutôt que les réactions ultra-nerveuses.
Une prise de secours bienvenue
Les épisodes météorologiques extrêmes se multiplient : tempêtes, incendies, inondations ou encore épisodes de neige entraînent régulièrement des coupures de courant, parfois longues.
Sunology a donc intégré une prise de secours directement sur la batterie. En cas de panne du réseau, il devient possible d'alimenter quelques équipements essentiels comme un réfrigérateur, une box Internet, un ordinateur, quelques lampes LED, ou encore certains appareils médicaux.
Cette fonction est particulièrement appréciable, mais en revanche, il ne faut pas la confondre avec un véritable onduleur domestique. La Storey ne bascule pas automatiquement entre le réseau et la batterie. Elle ne fait qu'alimenter directement les appareils branchés sur sa prise de secours. Une fois la batterie vide, le courant est simplement coupé. Il ne s'agit donc pas d'une alimentation sans interruption (UPS) destinée à protéger un ordinateur ou un serveur. Là encore, la concurrence fait généralement mieux, en proposant un onduleur passif, qui se contente de reprendre la main une fois en cas de coupure.
Une installation très simple… jusqu'au Smart Meter
Sunology met en avant le caractère « plug & play » de sa batterie. Dans les faits, l'installation de la Storey elle-même est effectivement très accessible.
Une fois sortie du carton, il suffit de connecter le câble fourni, d'ouvrir l'application Stream, de renseigner les informations du réseau Wi-Fi et la batterie apparaît immédiatement dans l'écosystème Sunology. En quelques minutes, tout est opérationnel.
Mais cette simplicité ne raconte qu'une partie de l'histoire. Pour exploiter pleinement les capacités de la Storey, l'installation d'un Smart Meter devient quasiment indispensable. C'est lui qui mesure en permanence les échanges électriques entre votre maison et le réseau afin d'indiquer à la batterie quand stocker ou restituer de l'énergie. Sans lui, une bonne partie de l'intelligence du système disparaît.
Le problème est que Sunology impose aujourd'hui son propre matériel. Si vous possédez déjà un Shelly, pourtant très répandu dans le monde de la domotique et compatible avec de nombreuses bornes de recharge ou solutions de suivi énergétique, celui-ci n'est pas encore reconnu par la Storey.
Il faut donc acquérir le Stream Meter, vendu environ 99 €. Son installation n'a rien d'insurmontable, car il suffit de raccorder deux fils puis de positionner une pince ampèremétrique autour de l'arrivée électrique principale en monophasé, ou trois pinces en triphasé. Un électricien réalisera cette opération en quelques minutes.
Mais cela reste une étape de plus et surtout, un coût supplémentaire ! Pour un produit présenté comme « plug & play », cette intervention pourra rebuter certains utilisateurs peu à l'aise avec leur tableau électrique, et va venir encore alourdir la facture avec l'intervention d'un professionnel.
Le Stream Connect : une excellente idée… vendue séparément
Sunology commercialise également un second accessoire baptisé Stream Connect. Son rôle est particulièrement intéressant.
Il permet au système de continuer à fonctionner localement même en cas de coupure d'Internet ou si les serveurs cloud de Sunology deviennent indisponibles. Autrement dit, la batterie conserve son intelligence sans dépendre en permanence d'un service distant. Dans un contexte où la pérennité des objets connectés devient un véritable sujet, cette approche mérite d'être saluée.
En revanche, là encore, il faudra passer à la caisse. Le Stream Connect est facturé environ 129 €, nécessite une configuration supplémentaire et ajoute un nouvel équipement à installer dans la maison. Pris individuellement, chacun de ces accessoires est pertinent, mais additionnés, ils rendent cependant la solution un peu moins « prête à l'emploi » sans toutefois être réellement insurmontable : les interfaces sont bien pensée et la connexion de fait de façon très douce, ce qui n'est pas toujours le cas chez la concurrence -notamment Marstek. En parlant de Marstek, leur batteries fonctionnent aussi sans connectivité mais toute l'intelligence se place cette fois directement dans leur batterie...
Une application devenue particulièrement mature
L'application Stream constitue probablement l'un des plus gros points forts de l'écosystème Sunology. La marque développe ce logiciel depuis plusieurs années, notamment pour ses stations photovoltaïques Play et Play Max.
La Storey vient naturellement s'intégrer dans cet environnement déjà bien connu des utilisateurs fidèles. C'est d'ailleurs l'un des premiers éléments appréciables. Les anciens produits cohabitent avec les nouveaux au sein d'une seule et même interface. La production solaire, le stockage, la consommation et les différents équipements dialoguent ensemble sans qu'il soit nécessaire de jongler entre plusieurs applications.
• la production de chaque panneau ; • la puissance injectée • le niveau de charge de la batterie • les flux énergétiques •... ainsi que différentes statistiques historiques.
On sent que Sunology a énormément progressé sur l'expérience utilisateur depuis les premières versions de Stream.
L'interface Anker, bien plus claire
Tout n'est cependant pas parfait : on regrette notamment l'absence d'un véritable schéma énergétique, comme le proposent désormais plusieurs fabricants chinois. Une représentation graphique de la maison, des panneaux, de la batterie et des différents flux d'énergie permettrait de comprendre instantanément ce qui se passe.
De la même manière, il n'est actuellement pas possible de visualiser directement le niveau de charge de chaque module individuel depuis l'application, même si cette information reste accessible via Home Assistant pour les utilisateurs les plus avancés.
Malgré ces quelques limites ergonomiques, Stream reste aujourd'hui l'une des applications les plus agréables à utiliser parmi les fabricants européens.
Des statistiques complètes pour suivre sa consommation
L'un des points forts de Stream réside également dans ses outils de suivi énergétique. L'application conserve un historique particulièrement détaillé de la production solaire, mais aussi de la charge et de la décharge de la batterie. Il devient très simple de visualiser une journée type et de comprendre à quels moments l'installation fonctionne le plus efficacement.
Dans notre cas, on distingue parfaitement la recharge progressive de la Storey tout au long de la journée, avant une décharge importante en soirée, lorsque la consommation de la maison augmente. C'est exactement le comportement que l'on attend d'un système de stockage bien configuré. L'application affiche également plusieurs indicateurs intéressants, comme le taux d'autonomie énergétique ou encore le niveau d'autoconsommation -ici à 18%. Cela peut paraitre assez faible, mais dès que je recharge la voiture (50-100kWh), la demande est supérieure à toute la consommation de la maison et le solaire devient totalement insuffisant.
Ces chiffres permettent rapidement de comprendre si l'installation est correctement dimensionnée. Dans notre configuration de test, par exemple, le taux d'autoconsommation plafonnait autour de 58 % sur une journée très ensoleillée d'été. Cela peut sembler relativement faible, mais ce n'est pas la faute du logiciel. En réalité, cette valeur traduit simplement les limites de la configuration retenue. Avec seulement deux modules, la batterie ne peut fournir que 1 000 W en continu. Or notre maison dépasse régulièrement cette puissance dès que plusieurs appareils fonctionnent simultanément : le four, la climatisation, les appareils en veille et les différents équipements domestiques consomment souvent bien davantage.
Le constat est identique en journée. Notre installation photovoltaïque dépasse régulièrement 2 000 W de production lorsque le soleil est au rendez-vous. La batterie ne pouvant absorber que 1 000 W, une partie importante du surplus repart directement vers le réseau au lieu d'être stockée. Une batterie plus puissante ou quelques modules supplémentaires permettraient donc d'améliorer sensiblement ces statistiques.
Plusieurs modes de fonctionnement selon vos besoins
Sunology a également entièrement revu la partie consacrée au pilotage de la batterie. Plusieurs modes de fonctionnement sont disponibles.
Sans Smart Meter, deux solutions principales sont proposées. La première est un mode totalement manuel. L'utilisateur choisit lui-même les horaires de charge et de décharge en fonction de ses habitudes de consommation.
La seconde repose sur les heures pleines et les heures creuses. La batterie peut alors se charger automatiquement durant les périodes où l'électricité est la moins chère afin d'alimenter la maison pendant les heures les plus coûteuses. Cette stratégie peut s'avérer intéressante durant l'hiver, lorsque la production photovoltaïque devient insuffisante. En revanche, durant les beaux jours, où les panneaux produisent largement assez d'électricité, son intérêt devient beaucoup plus limité. La différence tarifaire entre heures pleines et heures creuses ne justifie pas toujours de faire fonctionner la batterie de cette manière.
Sunology propose également un mode baptisé Suncast. Celui-ci s'appuie sur des prévisions météorologiques afin d'anticiper la production solaire des heures à venir.
L'objectif est séduisant : si une journée très ensoleillée est prévue, la batterie évitera par exemple de se recharger inutilement durant la nuit afin de laisser de la place à la production photovoltaïque du lendemain. À l'inverse, si plusieurs journées pluvieuses sont annoncées, elle pourra privilégier une recharge nocturne pour optimiser les économies.
Dans la pratique, ce système reste cependant perfectible.Les prévisions météo ne prennent évidemment pas en compte les spécificités de chaque installation : orientation des panneaux, ombrages temporaires, arbres, bâtiments voisins ou encore salissures peuvent modifier considérablement la production réelle. Comme souvent, la théorie fonctionne mieux sur le papier que sur le terrain.
Le Smart Meter reste la meilleure solution
Au quotidien, le mode automatique piloté par le Smart Meter demeure clairement le plus efficace.C'est lui qui adapte en permanence la charge et la décharge de la batterie en fonction des besoins réels de la maison.
Sunology propose également une fonction baptisée Optimisation tarifaire. Son objectif est particulièrement intéressant : la batterie peut décider de se recharger durant les heures creuses lorsqu'elle estime qu'elle devra couvrir une période de forte consommation le lendemain matin avant que les panneaux ne recommencent à produire.
Le principe est donc plutôt intelligent, en revanche, son fonctionnement reste relativement opaque : l'utilisateur ne sait jamais vraiment pourquoi la batterie prend telle ou telle décision. Aucune notification n'explique les choix effectués par l'algorithme, ce qui donne parfois l'impression de laisser entièrement la main à une boîte noire. Quelques explications supplémentaires dans l'application permettraient sans doute de renforcer la confiance des utilisateurs.
Parlons maintenant du vrai sujet : la rentabilité
Comme toujours avec les batteries domestiques, la question essentielle reste celle du retour sur investissement. Sunology intègre un menu baptisé Énergie, qui affiche directement les économies réalisées.
L'interface est volontairement très simple, elle indique notamment :
• le coût estimé du kilowattheure stocké • les gains réalisés depuis l'installation • ainsi que différentes estimations financières
Sur notre installation de test, l'application annonçait environ 35 € d'économies sur une semaine, tout en tenant compte de notre abonnement Tempo. Sur le papier, ces chiffres sont particulièrement encourageants,malheureusement, ils sont également un peu optimistes. En effet, Stream considère que chaque kilowattheure réinjecté sur le réseau est valorisé financièrement. Or, dans la réalité, la majorité des installations plug & play ne revendent pas leur surplus, celui-ci est simplement injecté gratuitement sur le réseau. Cette hypothèse conduit donc à surestimer légèrement les économies réalisées.
Pour évaluer correctement la rentabilité d'une batterie, il est préférable de repartir des données techniques. Le module principal est commercialisé autour de 1 390 € pour 2,2 kWh de capacité, même si des promotions sont régulièrement proposées.
En tenant compte d'un rendement d'environ 90 %, chaque cycle restitue un peu moins de 2 kWh réellement utilisables. Sunology annonce 7 500 cycles, avec une garantie de quinze ans et une capacité résiduelle de 80 %. Au total, cela représente environ 15 000 kWh d'énergie stockée puis restituée au cours de la vie de la batterie.
Le calcul est alors relativement simple : on obtient un coût d'environ 8 à 9 centimes par kilowattheure stocké. Les modules d'extension, légèrement moins chers, permettent même de descendre autour de 7 à 8 centimes selon les tarifs pratiqués au moment de l'achat.
Ce résultat reste parfaitement rentable dans un contexte où l'électricité coûte bien davantage. En revanche, il faut reconnaître que certains concurrents font aujourd'hui encore mieux. Selon les configurations, Anker, Zendure ou Marstek parviennent parfois à descendre entre 3 et 5 centimes par kilowattheure stocké, grâce à des batteries plus capacitaires ou à des promotions particulièrement agressives. La Storey n'est donc pas la batterie la moins rentable du marché, mais ce n'est probablement pas non plus ce qu'elle cherche à être.
Notre verdict : une vraie réussite française, malgré quelques compromis
Avec la Storey, Sunology signe une entrée particulièrement convaincante sur le marché des batteries domestiques. Ce qui frappe immédiatement, c'est la cohérence de l'ensemble.
Contrairement à de nombreuses marques qui assemblent simplement des composants existants, Sunology développe en France une grande partie de son logiciel, de sa recherche et développement ainsi que de la conception globale du produit. Si la fabrication reste réalisée en Chine, le suivi, le support technique et l'évolution de l'écosystème sont bien pilotés depuis la France. Pour beaucoup d'utilisateurs, cette proximité constitue un véritable argument, notamment lorsqu'on investit dans un produit destiné à fonctionner pendant une quinzaine d'années.
Sur le plan matériel, difficile de lui reprocher grand-chose. La qualité de fabrication est excellente, les finitions sont parmi les plus soignées du marché et le design permet réellement de l'intégrer dans une pièce de vie sans donner l'impression d'avoir installé un équipement industriel au milieu du salon. Peu de concurrents peuvent en dire autant, même si Marstek fait également partie des bons élèves sur ce point.
L'application Stream a elle aussi beaucoup gagné en maturité. Les progrès réalisés depuis les premières stations Play sont évidents : l'interface est agréable, les statistiques nombreuses et le système s'est montré fiable tout au long de notre période de test.
Tout n'est cependant pas parfait : nous aurions aimé une puissance plus élevée dès les premières configurations, afin de couvrir plus facilement les pics de consommation d'une maison moderne. L'obligation d'acheter un Smart Meter pour profiter pleinement du système, ainsi que le Stream Connect pour bénéficier d'un fonctionnement local, alourdit également la facture et s'éloigne quelque peu de la promesse "plug & play".
Malgré ces réserves, la Storey laisse une excellente impression. Elle ne cherche pas à battre tous les records de puissance ou de prix. Elle privilégie une approche plus durable, plus élégante et plus rassurante, avec un véritable écosystème logiciel et un support français. Pour de nombreux particuliers qui souhaitent franchir le pas du stockage solaire sans se tourner vers un acteur chinois, c'est aujourd'hui l'une des propositions les plus crédibles du marché.
Reste à voir comment Sunology fera évoluer cette plateforme. Si les prochaines générations augmentent la puissance disponible tout en conservant cette qualité de fabrication et cet écosystème logiciel, la marque pourrait rapidement devenir une référence incontournable du stockage solaire résidentiel.
Enfin une belle batterie solaire, que l'on n'a pas honte de placer dans son salon ! Conçue en France par un acteur historique de l'énergie plug&play, la Sunology Storey constitue un bon moyen d'entrée pour stocker l'énergie de ses panneaux déjà installés. Avec une bonne capacité et une conception modulaire, l'écosystème discute à travers une application simple et sérieuse. Seul bémol, il faut cumuler de nombreux modules pour couvrir les pics de consommation, un choix défendable, mais qui ne conviendra pas à tous les usages.