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Xbox à vendre ? La patronne dit non, mais il y a des doutes

Par Vincent Lautier - Publié le

Huit mois après avoir remplacé Phil Spencer, Asha Sharma jure que Microsoft ne compte pas se séparer de sa division jeu vidéo. La mise au point arrive après un été très dur pour les équipes, entre vagues de licenciements à répétition et studios fermés ou revendus. Autant dire que la déclaration ne va pas rassurer tout le monde.

Xbox à vendre ? La patronne dit non, mais il y a des doutes


Mais qui est Asha Sharma ?



Avant de prendre la tête de Microsoft Gaming le 20 février dernier, Asha Sharma n'avait jamais travaillé dans le jeu vidéo. Passée par la direction des opérations d'Instacart puis par Meta, elle avait rejoint Microsoft en 2024 pour piloter le produit du groupe CoreAI, celui de GitHub Copilot et de Visual Studio Code. Sa nomination a surpris, d'autant que beaucoup voyaient Sarah Bond, la numéro deux de Phil Spencer, hériter du poste après les 38 ans de maison du patron historique. Microsoft a préféré un profil venu de l'IA et de l'acquisition d'utilisateurs, alors que les ventes de consoles reculent d'année en année.

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Huit mois de coupes



Depuis son arrivée, les mauvaises nouvelles s'enchaînent. L'été dernier, environ 1 600 postes ont sauté, soit un cinquième des effectifs, et une deuxième vague de 1 600 suppressions, déjà réalisée aux trois quarts, doit se terminer d'ici la fin de l'année fiscale. En septembre, 268 personnes supplémentaires ont quitté Halo Studios et le management des Xbox Game Studios. Cinq studios ont été fermés ou revendus, Obsidian a été rattaché à Bethesda et la licence Halo confiée à Activision. Du coup, la rumeur d'une vente pure et simple s'est installée un peu partout.

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Mais c'est quoi cette rumeur de vente ?



En juin, The Information racontait que Microsoft avait mis sur la table plusieurs scénarios pour sa branche gaming, du spin-off à la coentreprise avec des partenaires extérieurs, en passant par une transformation en filiale autonome qui aurait facilité une cession future. Nos confrères du New York Times ont posé la question frontalement dans le portrait qu'ils consacrent à la dirigeante, et la réponse tient en cinq mots, Xbox n'est pas à vendre, aussitôt nuancée par une ouverture aux bons partenariats et au bon modèle opérationnel que le journaliste décrit lui-même comme une esquive. La patronne vise un retour à la croissance dès l'exercice 2027, en s'appuyant sur les 500 millions de joueurs mensuels revendiqués par la marque et sur des suites accélérées pour Fallout comme pour Diablo, dont le cinquième épisode est calé pour 2029.

On en dit quoi ?



Difficile d'imaginer Microsoft brader une division dans laquelle le groupe a englouti 69 milliards de dollars rien que pour Activision Blizzard en 2023. Le problème, c'est le vocabulaire. Une dirigeante qui répète qu'elle regardera tous les modèles opérationnels possibles laisse en fait la porte entrouverte, et une filiale autonome serait la première marche d'une vente. On veut bien la croire, d'autant que céder Xbox maintenant reviendrait à solder huit mois de sacrifices pour rien. Mais après un salarié sur cinq poussé vers la sortie, les joueurs ont de bonnes raisons de rester méfiants, et cette rumeur reviendra sur la table à chaque nouvelle charrette.