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Les robots humanoïdes vont-ils piquer les emplois des humains ?

Par Laurence - Publié le

Le CES n'est pas seulement l'occasion de présenter de nouveaux produits. En effet, Jensen Huang — grand patron de NVIDIA — en a profité pour s'adonner à une petite interview face à l'essor des robots humanoïdes !

En effet, la robotique et l’intelligence artificielle suscitent de vives inquiétudes sur l’avenir de l’emploi, et le CEO défend une vision plutôt très, très optimiste. Devant près de 200 journalistes, il a affirmé sans détour : avoir des robots va créer des emplois !


NVIDIA CES 2026 robots humanoïdes


Des "immigrants IA" pour compenser la pénurie de main-d’œuvre



Selon lui, la montée en puissance des robots ne détruira pas le travail humain, mais créera au contraire davantage d’emplois, en compensant une pénurie mondiale de main-d’œuvre liée au vieillissement démographique et à la baisse des naissances.

Pour le dirigeant de Nvidia, la robotique représente avant tout une réponse pratique à un problème structurel. Le monde ferait face à un manque de travailleurs, qui se compterait non pas en milliers, mais en dizaines de millions — une conséquence directe du déclin démographique observé dans de nombreuses économies avancées.

Jensen Huang qualifie d'ailleurs les robots d’immigrants IA, appelés à épauler les humains dans les usines, les entrepôts et d’autres secteurs sous tension. Il ne s'agirait pas de remplacer systématiquement les travailleurs, mais de prendre en charge des tâches que les sociétés peinent de plus en plus à pourvoir, ou que les humains choisissent de ne plus effectuer. D'après lui, cette robotisation accrue stimulera la productivité globale, ce qui entraînera mécaniquement une croissance économique.



Des robots plus avancés plus vite que prévu



Interrogé sur le décalage entre ce discours et les capacités encore limitées de nombreux robots présentés au CES, Jensen Huang s’est montré particulièrement confiant. À un journaliste sceptique qui l’interrogeait sur l’arrivée de robots aux capacités proches du niveau humain, il a répondu sans hésiter : cette année, corrigeant même une estimation plus prudente évoquant l’année suivante.

Cette affirmation semble tout de même audacieuse, mais cohérente avec la stratégie de Nvidia. L’entreprise entend devenir le fournisseur central de ce qu’elle appelle l'IA physique, en couvrant l’ensemble de la chaîne technologique : les ordinateurs d’entraînement des modèles d’IA, les ordinateurs de simulation, ou encore les systèmes embarqués, véritables cerveaux des robots.

Les robots humanoïdes vont-ils piquer les emplois des humains ?


Qu'en penser ?



Avec une capitalisation boursière avoisinant les 4 500 milliards de dollars, Nvidia est aujourd’hui l’entreprise la plus valorisée au monde. Son rôle clé dans l’essor de l’IA générative lui permet désormais d’étendre son influence à la robotique industrielle et de service.

Pour Jensen Huang, la convergence entre IA, simulation et robotique ouvre la voie à une nouvelle phase d’automatisation, non pas destructrice, mais structurante pour les économies vieillissantes. Une vision qui tranche avec les discours alarmistes, et qui place Nvidia au centre des débats sur le futur du travail.

Est-ce que la promesse d’emplois compensatoires se matérialisera aussi rapidement que le prévoit Jensen Huang ? De même l'avenir dira si cette avancée industrielle a pris ou pas l'avantage sur les emplois physiques. La dernière révolution industrielle fournit tout de même quelques réponses sur cette question...