L'acteur oscarisé vient de faire approuver huit marques déposées par l'Office américain des brevets, incluant sa célèbre réplique "Alright, alright, alright". Une parade improbable contre les deepfakes, alors même qu'il investit dans une startup de clonage vocal.
Une stratégie juridique inédite
Matthew McConaughey n'a pas attendu d'être victime d'un deepfake pour agir. L'acteur a obtenu l'approbation de huit marques déposées auprès de l'USPTO (United States Patent and Trademark Office), couvrant des extraits vidéo et audio de sa personne. Parmi eux : un clip de sept secondes où il se tient sur un porche, un autre de trois secondes devant un sapin de Noel, et bien sur l'enregistrement de son mythique "Alright, alright, alright", tiré de Dazed and Confused en 1993.
Son avocat Jonathan Pollack résume l'idée : Dans un monde où tout le monde se démène pour savoir comment réagir aux abus de l'IA, nous avons désormais un outil pour stopper quelqu'un net ou l'emmener devant un tribunal fédéral. McConaughey lui-même l'a expliqué au Wall Street Journal : il veut que toute utilisation de sa voix ou de son image passe par son accord explicite.
Matthew McConaughey
Pas anti-IA pour autant
Le plus intéressant dans cette affaire, c'est que McConaughey n'est pas du tout opposé à l'intelligence artificielle. L'acteur est même investisseur chez ElevenLabs, une startup new-yorkaise spécialisée dans la synthèse vocale, valorisée 6,6 milliards de dollars. Il utilise leur technologie pour produire une version espagnole de sa newsletter "Lyrics of Livin'" avec sa propre voix clonée.
Michael Caine, 92 ans, a lui aussi rejoint le mouvement en intégrant l'Iconic Voice Marketplace d'ElevenLabs. Cette plateforme permet aux entreprises de demander l'autorisation d'utiliser la voix de l'acteur britannique pour des livres audio ou des narrations. C'est la premiere fois que deux acteurs de ce calibre autorisent officiellement une société à reproduire leur voix.
Michael Caine
Un vide juridique à combler
La démarche de McConaughey met en fait en lumière un problème de fond : il n'existe toujours pas de cadre fédéral clair aux États-Unis pour protéger les célébrités contre les reproductions IA non autorisées. Un projet de loi a été introduit en 2024, mais il n'a jamais été voté. Des stars comme Tom Hanks ou Taylor Swift ont déjà été confrontées à des clips synthétiques utilisant leur image sans permission.
Les experts juridiques restent quand même prudents : faire valoir une marque déposée sur la voix ou l'image d'une personne est un terrain inexploré devant les tribunaux fédéraux. Ça pourrait créer des précédents importants.
On en dit quoi ?
C'est quand même malin de la part de McConaughey. Plutôt que de crier au loup comme beaucoup à Hollywood, il prend les devants avec les outils juridiques existants, tout en gardant un pied dans le business de l'IA. Cette approche pragmatique est à l'opposé des batailles dans le vide, comme celle de Scarlett Johansson contre l'app Lisa AI en 2023. La vraie question maintenant : est-ce que d'autres célébrités vont suivre le mouvement et transformer cette astuce en standard de l'industrie ? Ça promet des débats juridiques intéressants.