Après Discord, c’est au tour d’OpenAI de renforcer ses dispositifs de protection des mineurs. L’entreprise a annoncé ce mardi la mise en place prochaine d’un système de vérification de l’âge pour l’ensemble des utilisateurs de ChatGPT, y compris en Europe. La mesure devrait entrer en vigueur dans les prochaines semaines au sein de l’Union européenne.
Selfie vidéo ou pièce d’identité pour lever les restrictions
Concrètement, les utilisateurs identifiés comme mineurs — ou dont l’âge ne peut être déterminé avec certitude — devront confirmer leur âge pour accéder à certaines fonctionnalités. Cette vérification pourra se faire via un selfie vidéo ou par le dépôt d’un document d’identité directement sur la plateforme.
Il s'agit ici d'adapter l’expérience aux plus jeunes et limiter l’accès à des contenus ou usages jugés inappropriés selon l’âge. Dans un email adressé à ses utilisateurs, OpenAI explique vouloir offrir aux adolescents des expériences plus sûres et adaptées à leur âge.
Un système de prédiction d’âge basé sur l’IA
Avant d’exiger une preuve d’identité, ChatGPT s’appuiera sur un système de prédiction de l’âge, similaire à celui déjà déployé par Discord. L’intelligence artificielle analysera un ensemble d’indices comportementaux pour estimer si un compte appartient à un mineur.
Parmi les signaux pris en compte figurent notamment les thématiques abordées dans les conversations, les plages horaires de connexion, et plus largement les habitudes d’utilisation du service. Ce faisceau d’indices permettra de déclencher, le cas échéant, une demande de vérification plus formelle.
Une réponse aux exigences réglementaires européennes
Cette évolution s’inscrit dans un contexte de pression réglementaire croissante, en particulier au sein de l’Union européenne. Les plateformes numériques sont de plus en plus incitées — voire contraintes — à renforcer la protection des mineurs, notamment dans le cadre du Digital Services Act (DSA). En anticipant ces obligations, OpenAI cherche à sécuriser le déploiement de ses services sur le marché européen tout en affichant une posture proactive sur les questions de sécurité et de responsabilité.
Qu'en penser ?
Mais cette annonce soulève aussi des interrogations. La collecte de données biométriques (selfie vidéo) ou de documents d’identité pourrait inquiéter certains utilisateurs, notamment sur la conservation et l’usage de ces informations sensibles. OpenAI n’a pas encore détaillé précisément les modalités techniques, ni la durée de stockage de ces données.
À l’image de Discord avant lui, OpenAI devra trouver un équilibre délicat entre protection des mineurs, respect de la vie privée et simplicité d’usage, sous peine de susciter des réticences chez une partie de ses utilisateurs européens. Une chose est sûre : l’accès aux outils d’IA grand public entre désormais dans une nouvelle phase, plus encadrée, où l’âge de l’utilisateur devient un critère central.