Meta accélère massivement ses investissements dans l’intelligence artificielle. Selon des informations publiées ce 18 février, le groupe de Mark Zuckerberg a conclu un accord pluriannuel d’envergure avec Nvidia, portant sur l’acquisition de millions de processeurs et de GPU dédiés à l’IA afin d’étendre ses data centers à l’échelle mondiale.
Grace, Blackwell et Rubin au cœur de l’accord
Dans le détail, Meta prévoit de déployer à grande échelle des CPU Nvidia Grace et, à terme, les CPU Vera de nouvelle génération, ainsi que les GPU Blackwell et les futurs Rubin, conçus pour les charges de travail IA les plus intensives.
Nvidia souligne qu’il s’agit du premier déploiement à grande échelle reposant exclusivement sur les CPU Grace, une architecture censée offrir des gains significatifs en performance par watt.
Il s’agit d’un point clé alors que la consommation énergétique des data centers IA devient un enjeu stratégique, économique et environnemental. L’accord prévoit par ailleurs l’intégration des CPU Vera dans les infrastructures de Meta à partir de 2027, confirmant une collaboration inscrite dans la durée.
Meta toujours dépendant de Nvidia, malgré ses ambitions internes
Si Meta travaille depuis plusieurs années sur ses propres puces IA maison, cette stratégie rencontre des difficultés. D’après le Financial Times, le groupe ferait face à des problèmes techniques et des retards de déploiement, limitant pour l’instant l’adoption de ses solutions internes à grande échelle.
Nvidia reste un partenaire incontournable pour alimenter les modèles d’IA de Meta, qu’il s’agisse de recommandation, de publicité, de modération ou de développement de modèles génératifs.
Nvidia sous pression, mais toujours dominant
Ce méga-contrat intervient dans un contexte plus contrasté pour Nvidia. Le fabricant doit composer avec des inquiétudes autour de la dépréciation rapide des puces IA, le recours à des montages financiers complexes pour soutenir l’explosion des investissements, et une concurrence de plus en plus visible.
En novembre dernier, l’évocation par Meta d’un possible recours aux puces Tensor de Google avait entraîné une chute de 4 % de l’action Nvidia, rappelle CNBC. De son côté, AMD a annoncé récemment des accords avec OpenAI et Oracle, renforçant la pression concurrentielle.
Des montants vertigineux, dignes d’un programme spatial
Ni Meta ni Nvidia n’ont souhaité communiquer le montant de l’accord. Mais l’ordre de grandeur donne le tournis : les dépenses cumulées en IA cette année de Meta, Microsoft, Google et Amazon dépasseraient le coût total du programme Apollo, qui avait permis à l’humanité de marcher sur la Lune.
Ce chiffre symbolique illustre à quel point la course à l’IA est devenue l’un des plus grands chantiers industriels et technologiques de l’histoire moderne — et confirme le rôle central de Nvidia, malgré les velléités d’indépendance de ses plus gros clients.
Dans cette bataille, Meta semble avoir fait un choix pragmatique : sécuriser dès maintenant la puissance de calcul nécessaire, quitte à repousser encore un peu l’objectif d’une autonomie complète sur le plan matériel.