Lorsque les grandes puissances et les acteurs technologiques convergent sur un même enjeu, la gouvernance de l’intelligence artificielle devient un sujet de première importance. À Antonio Guterres, secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, revient désormais un rôle central pour structurer cette réflexion au niveau mondial.
Une commission scientifique internationale pour “l’IA humaine”
Lors du Global AI Impact Summit 2026 à New Delhi, qui s’est achevé aujourd'hui après plusieurs jours de discussions, le chef de l’ONU a mis en avant la nécessité d’approcher l’intelligence artificielle avec des données solides et une compréhension approfondie de ses effets réels. Le sommet, qui rassemble dirigeants politiques, industriels et experts, vise notamment à réduire l’écart entre les enjeux économiques, sociaux et éthiques posés par les technologies d’IA et les réponses politiques proposées.
En marge de ce rendez-vous mondial, l’Assemblée générale des Nations unies a validé la création d’un organe consultatif constitué d’experts scientifiques internationaux, dont l’objectif est d’analyser concrètement les répercussions de l’intelligence artificielle sur les sociétés, les économies et les cadres réglementaires. Cette nouvelle structure, composée d’une quarantaine de spécialistes, est conçue pour fournir aux États membres des évaluations basées sur des faits et des preuves plutôt que sur des projections ou des discours alarmistes.
Selon les responsables onusiens, cette commission devrait fonctionner un peu à l’image du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), mais appliqué à l’écosystème de l’IA. Son rôle consistera à clarifier ce que ces systèmes peuvent réellement accomplir, quels risques ils présentent et quelles mesures pourraient être adoptées pour garantir que l’intelligence artificielle reste sous supervision humaine effective.
Moins de battage médiatiques, plus de politiques solides
L’intervention d'Antonio Guterres à New Delhi a été marquée par un appel à dépasser les discours sensationnalistes ou anxiogènes entourant l’intelligence artificielle. Alors que les technologies d’IA continuent d’évoluer rapidement, notamment dans des domaines comme la santé, l’éducation ou la gouvernance, il a souligné l’importance d’élaborer des politiques publiques qui s’appuient sur une connaissance rigoureuse plutôt que sur des spéculations ou des promesses marketing.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte où de nombreux pays cherchent à équilibrer innovation, protection sociale et sécurité. Les débats ont aussi abordé les risques que l’IA pourrait accroître les inégalités mondiales, si l’accès à cette technologie restait concentré entre les mains de quelques acteurs économiques ou nations très avancées technologiquement.
Un sommet global, des enjeux universels
Le sommet de New Delhi a également été l’occasion de rappeler que la régulation ou la gouvernance de l’IA ne peut pas être l’apanage de quelques pays ou grandes entreprises. L’ONU entend favoriser une approche multilatérale et inclusive qui tienne compte des préoccupations des pays en développement et des différentes cultures politiques et économiques.
Si les conclusions finales de la conférence devraient être formalisées dans une déclaration commune, les discussions de ces derniers jours confirment que la question de la régulation intelligente de l’IA concentre désormais l’attention des institutions internationales, des gouvernements et des acteurs économiques.
Le défi reste immense : articuler l’innovation technologique, la protection des droits fondamentaux et l’équité de l’accès à une ressource numérique devenue stratégique.