La course mondiale à l’intelligence artificielle continue de faire exploser les montants engagés. Dernier exemple en date : Meta, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, a conclu un accord stratégique de plus de 100 milliards de dollars avec le fondeur américain AMD sur une période de cinq ans. Ce contrat hors norme illustre à la fois la rareté des ressources matérielles nécessaires à l’IA et la volonté de Meta de sécuriser durablement sa capacité de calcul.
Des puces cruciales pour l’IA générative
Cet accord porte sur les puces graphiques et accélérateurs de calcul fournis par AMD, indispensables pour entraîner et exploiter les grands modèles d’intelligence artificielle développés par Meta. Comme ses concurrents, Mark Zuckerberg investit massivement dans l’IA générative, que ce soit pour améliorer ses services existants ou pour développer de nouveaux usages liés à la création de contenus, à la publicité et aux assistants intelligents.
Dans un contexte où la demande mondiale en semi-conducteurs spécialisés dépasse largement l’offre, sécuriser l’accès à ces composants est devenu un enjeu stratégique majeur. Ce contrat permet à Meta de réduire sa dépendance à d’autres fournisseurs, tout en garantissant un volume de livraisons suffisant pour ses infrastructures de calcul à venir.
Une prise de participation inédite dans AMD
Mais l’accord va bien au-delà d’un simple contrat d’approvisionnement. Meta a également obtenu le droit d’acquérir jusqu’à 10 % du capital d’AMD, soit environ 160 millions d’actions. Une option qui, si elle est exercée, ferait de Meta l’un des actionnaires de référence du groupe de semi-conducteurs.
Cette dimension financière souligne la volonté de Meta de s’ancrer durablement dans la chaîne de valeur du matériel IA, à l’image de ce que font déjà certains géants du cloud et de l’intelligence artificielle. Pour AMD, l’opération représente à la fois une garantie de débouchés à long terme et un renforcement de sa position face à une concurrence féroce sur le marché des puces IA.
Une nouvelle escalade dans la guerre des semi-conducteurs
Ce méga-contrat s’inscrit dans une tendance plus large : les grands acteurs de la tech multiplient les engagements financiers colossaux pour sécuriser leur accès aux composants critiques. Après les investissements massifs autour des GPU, des data centers et des infrastructures cloud, l’IA est désormais au centre d’une véritable bataille industrielle et géopolitique.
Pour Meta, cet accord avec AMD annonce la couleur : le groupe entend rester l’un des leaders mondiaux de l’IA, quitte à s’engager sur des montants comparables à ceux des géants du cloud ou des fabricants de puces eux-mêmes.
Qu'en penser ?
Pour le moment, on ne sait pas trop comment cet accord se traduira concrètement dans les produits et services de Meta au cours des prochaines années. Une chose est sûre : avec plus de 100 milliards de dollars engagés et une possible entrée au capital d’AMD, Meta confirme que l’IA est bien au cœur de sa stratégie industrielle pour la décennie à venir.