ByteDance a mis en pause le déploiement international de Seedance 2.0, son outil de génération vidéo par IA. Disney, Paramount et le syndicat SAG-AFTRA ont tous attaqué l'outil après la diffusion de deepfakes viraux mettant en scène des acteurs et des personnages sous copyright.
Un deepfake Tom Cruise contre Brad Pitt, et Hollywood voit rouge
Seedance 2.0 est disponible en Chine depuis février 2026, et le moins qu'on puisse dire, c'est que les utilisateurs n'ont pas perdu de temps. Nous vous en en avons déjà parlé, un clip montrant Tom Cruise en train de se battre avec Brad Pitt a circulé massivement sur les réseaux sociaux chinois, suivi de remixes d'Avengers: Endgame, d'Optimus Prime contre Godzilla, et même d'une scène de Friends rejouée par des loutres. Rigolo sur le papier, sauf que les studios hollywoodiens n'ont pas du tout ri.
Disney a envoyé une mise en demeure à ByteDance, accusant l'entreprise de mettre à disposition une bibliothèque piratée de personnages Star Wars, Marvel et d'autres franchises Disney, comme si ces contenus étaient des cliparts libres de droits. Paramount Skydance a fait de même, et le syndicat d'acteurs SAG-AFTRA a qualifié les vidéos de violation flagrante des droits à l'image de ses membres.
Un outil qui impressionne, et c'est bien le problème
Côté technique, Seedance 2.0 repose sur une architecture à double branche de type diffusion transformer. L'outil accepte jusqu'à 12 fichiers de référence en même temps (images, clips vidéo, pistes audio et texte) et génère vidéo et audio en une seule passe, avec une synchronisation labiale. ByteDance revendique un taux de vidéos exploitables de plus de 90 %, contre 60 à 70 % pour Sora 2 d'OpenAI et 75 % pour Kling 3.0.
Le résultat est un outil bien plus convaincant que la plupart de ses concurrents, et c'est justement ce qui inquiète les ayants droit. La qualité des deepfakes générés rend la distinction entre vrai et faux de plus en plus difficile à faire, et les studios ne veulent pas que leurs franchises servent de terrain de jeu gratuit.
ByteDance temporise, mais ne recule pas
ByteDance a déclaré travailler à renforcer les garde-fous actuels pour empêcher l'utilisation non autorisée de la propriété intellectuelle et de l'image des personnes. L'outil reste accessible aux utilisateurs existants en Chine, mais le lancement mondial prévu pour mi-mars a été reporté. Les ingénieurs et les avocats de l'entreprise travaillent en parallèle pour trouver un cadre qui limite les risques juridiques sans castrer l'outil.
On en dit quoi ?
On est clairement dans la même séquence que ce qu'on a vu avec les générateurs d'images il y a deux ans. L'IA avance plus vite que le droit, et les studios se retrouvent à jouer aux pompiers après coup. Seedance 2.0 est quand même un outil impressionnant sur le plan technique, et ByteDance le sait. Le coup de frein est temporaire, on n'a aucun doute là-dessus. Par contre, Disney qui compare ses personnages à des cliparts libres de droits, c'est assez bien trouvé pour décrire la problématique qui secoue tout le milieu en ce moment.