Actualité

IA

L'Europe ne veut pas de Friend, ce collier doté d'une IA !

Par Laurence - Publié le

Repéré dans le métro parisien (les pubs étaient dures à manquer) et déjà critiqué pour ses capacités d’écoute, le collier connecté dopé à l’IA de la start-up américaine Friend voit son lancement repoussé en Europe. En effet, des interrogations majeures se posent autour du respect de la vie privée et du RGPD.

Friend Collier IA UE


Un porteur sur écoute ?



Le concept avait de quoi intriguer. Imaginé par la firme éponyme, ce collier connecté se présente comme un compagnon intelligent capable d’écouter les conversations de son utilisateur et de répondre à ses questions via une application mobile.

Concrètement, l’appareil s’appuie sur l’intelligence artificielle Gemini de Google pour analyser les échanges et fournir des réponses personnalisées. Une sorte d’assistant toujours actif, pensé pour accompagner le quotidien.

Mais cette promesse technologique s’accompagne d’un revers immédiat : le dispositif peut capter des conversations sans le consentement explicite des personnes autour. Un point qui a rapidement suscité une vive polémique.

L'Europe ne veut pas de Friend, ce collier doté d'une IA !


Le RGPD bloque son arrivée en Europe



Face à ces inquiétudes, Friend a décidé de repousser la commercialisation du produit dans l’Union européenne. L’entreprise souhaite désormais s’assurer d’une conformité totale avec le RGPD avant toute mise sur le marché.

Son fondateur, Avi Schiffmann, a confirmé travailler avec une équipe juridique européenne pour adapter le produit aux exigences locales. Une étape incontournable dans un contexte où la protection des données personnelles est particulièrement encadrée.

En France, le sujet a même pris une tournure politique. Le député Jérémie Iordanoff a saisi la CNIL afin d’évaluer d’éventuels manquements en matière de respect de la vie privée.

Image Le Parisien
Image Le Parisien


Un lancement déjà controversé



Avant même son arrivée sur le marché, le collier avait fait parler de lui dans les rues de Paris. Une campagne publicitaire au ton volontairement décalé avait rapidement attiré l’attention, mais aussi des critiques.

Certaines affiches ont été dégradées, signe d’un rejet d’une partie du public face à un produit jugé intrusif. Un symbole fort des tensions actuelles autour des technologies capables d’écouter en permanence.

Proposé autour de 113 euros en Europe, il se positionnerait comme un accessoire accessible. Malgré la controverse, le produit a déjà trouvé son public outre-Atlantique, avec environ 3 000 unités vendues aux États-Unis selon Fortune. Seulement, pourrait-on dire, surtout qu'OpenAI entend proposer un galet similaire avec Jony Ive !



Qu’en penser ?



Ce collier illustre parfaitement les limites actuelles de l’IA dans la vie quotidienne. Si la promesse d’un assistant omniprésent peut séduire, la question du consentement reste centrale — et particulièrement sensible en Europe.

Le report du lancement montre que les règles européennes, souvent critiquées pour leur rigidité, jouent ici un rôle de garde-fou face à des innovations potentiellement invasives. Dans ce contexte, les entreprises technologiques doivent désormais intégrer ces contraintes dès la conception de leurs produits.

Plus largement, ce type d’objet pose une question de fond : jusqu’où sommes-nous prêts à accepter que nos conversations soient analysées, même au nom de la praticité ?