À l’occasion du sommet Choose France, Bpifrance, Mistral, MGX et NVIDIA ont annoncé une nouvelle étape majeure pour Campus AI, leur projet de méga-campus dédié à l’intelligence artificielle. Le consortium prévoit désormais de développer jusqu’à 3 gigawatts (GW) de capacité de calcul en France, grâce à l’implantation prochaine d’un second site qui viendra compléter le campus déjà en construction à Fouju, en Seine-et-Marne.
Une alliance entre les champions français, émiratis et américains
Cette décision marque un changement d’échelle pour l’un des projets les plus ambitieux du continent dans le domaine des infrastructures d’IA. Selon les partenaires, l’arrivée d’un deuxième campus permet de doubler l’investissement initial et constitue une étape clé dans la construction d’un réseau paneuropéen d’usines d’IA.
Campus AI repose sur une coentreprise réunissant Bpifrance, la banque publique d’investissement française, Mistral AI, figure de proue européenne de l’intelligence artificielle générative, MGX, fonds d’investissement spécialisé dans l’IA basé aux Émirats arabes unis, ainsi que NVIDIA, devenu incontournable dans le domaine des infrastructures de calcul accéléré.
L’annonce a été effectuée lors du sommet Choose France en présence d’Emmanuel Macron et de Khaldoon Al Mubarak, président de l’Executive Affairs Authority d’Abou Dabi et secrétaire général du Conseil pour l’intelligence artificielle et les technologies avancées.
Faire de la France le leader européen des “AI factories”
Avec cette extension, Campus AI ambitionne de renforcer la position de la France comme première destination européenne pour les infrastructures d’intelligence artificielle à grande échelle alimentées par une énergie décarbonée.
L’objectif est de répondre à la demande croissante des entreprises européennes pour des capacités de calcul souveraines, tout en limitant l’empreinte carbone liée à l’entraînement et à l’exploitation des modèles d’IA. Les partenaires mettent en avant la disponibilité d’une électricité française largement décarbonée, principalement grâce au nucléaire, comme un avantage concurrentiel majeur face à d’autres régions du monde.
Le projet doit également garantir à Mistral AI un accès privilégié à une puissance de calcul massive sur le territoire national, un enjeu devenu stratégique alors que la compétition mondiale autour des modèles d’IA générative s’intensifie.
Des milliers d’emplois et une filière industrielle mobilisée
Au-delà de la seule infrastructure informatique, Campus AI se veut un projet industriel de grande ampleur. Les promoteurs évoquent la création de milliers d’emplois directs et indirects et une collaboration étroite avec les acteurs français de l’énergie, des batteries, des semi-conducteurs, de l’électronique et des technologies critiques.
L’ambition est de fédérer l’ensemble de la chaîne de valeur industrielle française autour de l’IA, dans une logique de souveraineté technologique et de réindustrialisation. Une stratégie qui rappelle les efforts européens engagés ces dernières années pour réduire la dépendance aux infrastructures américaines et asiatiques dans les secteurs stratégiques.
Fouju comme modèle pour les futurs campus
Le premier site de Campus AI, actuellement développé à Fouju en Seine-et-Marne, sert de laboratoire grandeur nature pour cette expansion. Les responsables du projet mettent en avant une conception pensée pour limiter l’impact environnemental, avec notamment des systèmes de refroidissement sans consommation d’eau et une architecture optimisée sur le plan énergétique.
Le futur second site devrait reprendre les mêmes principes : coopération avec les collectivités locales, exigences environnementales élevées et intégration dans l’écosystème industriel régional.
Qu'en penser ?
À travers cette nouvelle phase d’expansion, Campus AI entend ainsi positionner la France comme l’un des principaux centres européens du calcul pour l’intelligence artificielle. Reste désormais à connaître l’emplacement du deuxième campus, dont la sélection devrait être annoncée prochainement.