Nous sommes habitués aux produits Apple bien pensés, beaux et qui se vendent par millions. Mais Cupertino n’a pas toujours été la société qui fait rêver avec les iPhone, iPad ou autres AirPods. Parfois, Apple prend des risques et sort des produits vraiment différents. Parfois trop.
iPod nano sixième génération
C’est un des produits qui me fascine le plus chez Apple. Tellement que j’ai écrit un article complet sur le sujet. C’est un iPod avec un écran carré minuscule, tactile, pratiquement inutilisable. Mais ce qui a marqué, c’est le fait de pouvoir l’utiliser comme une montre. En effet, il était livré avec un certain nombre de cadrans ainsi que des applications de suivi de santé, comme un podomètre, en partenariat avec Nike. Beaucoup de fonctionnalités se retrouveront par la suite presque identiques dans l’Apple Watch.
iPod Hi-Fi
Restons dans le domaine des iPod avec un autre produit hors norme. L’iPod est devenu un vrai phénomène mondial. Appâtées par les chiffres de ventes vertigineux, beaucoup d’entreprises produisent des appareils complémentaires à l’iPod. On se rappelle par exemple des enceintes comme le Zeppelin de Bowers & Wilkins ou encore du JBL On Stage.
Ils avaient la spécificité de proposer un dock spécialement pour l’iPod. Voyant le succès de ces produits, Apple a décidé de faire sa version d’une enceinte pour iPod : c’est l’iPod Hi-Fi.
En quoi ce produit est-il bizarre ? Tout simplement parce qu’il ne ressemble à rien d’autre. Là où les concurrents font des enceintes relativement petites, l’iPod Hi-Fi est énorme et lourd : plus de 6 kg ! Malgré un son de bonne qualité, il n’a jamais trouvé son public. Sans doute que son design très cubique ne l’a pas aidé. À noter qu’il était possible de l’utiliser sans le brancher : il fallait pour cela mettre 6 grosses piles de type D.
Chaussettes iPod
Décidément, la période des iPod a été riche en produits atypiques. Quand les chaussettes pour iPod ont été annoncés en octobre 2004, tout le monde a cru à une blague. En effet, Steve Jobs les présente, avec humour, comme un nouveau produit révolutionnaire. Pour 29$, vous aviez six chaussettes aux couleurs différentes ou vous pouviez acheter une chaussette seule pour 5$.
Même si cela prête à sourire, avec le recul, je trouve que c’est un super produit. Les iPod de l’époque n’avaient pas de protection. Autant il est rare de voir un iPhone sans coque, les iPod n’en avaient pratiquement jamais. Ils avaient donc tendance à avoir des rayures, étant souvent dans la même poche que des clés par exemple. Mettre son iPod dans une chaussette permettait de les protéger au minimum. Le fait que ce soit en tissu élastique facilitait aussi la possibilité de l’enlever et la remettre facilement afin d’utiliser son iPod.
Mine de rien, ce produit a marqué son époque. Par exemple, Native Union avait sorti une version pour AirPods pour commémorer les dix ans de la disparition de Steve Jobs. Encore aujourd'hui, il est possible d'acheter des produits similaires pour iPhone, signe que le concept a encore du mérite.
iPhone Pocket
L’influence des chaussettes d’iPod ne s’arrête pas là. Tout récemment, Apple a sorti un produit en édition limité qui rappelle un peu les chaussettes dans l’esprit : l’iPhone Pocket. Créé en partenariat avec la marque du regretté Issey Miyake, l’iPhone Pocket est un accessoire textile pour iPhone permettant de le transporter avec style.
Cependant, son prix excessif le différencie des chaussettes pour iPod abordables.
Chiffonnette
On reste un peu dans le tissu avec la célèbre chiffonnette d’Apple. Vendu pour un prix exorbitant de 25€, c’est un simple chiffon pour nettoyer vos écrans. Elle se targue aussi d’avoir une liste de produits compatibles. Avec une taille de 16 cm de côté, la chiffonnette est très petite. Mais pour le prix, vous aurez un joli logo Apple dessus.
PowerBook duo
À gauche le dock avec le PowerBook Duo inséré, à droite le PowerBook Duo.
Le PowerBook Duo est le premier ordinateur « dockable ». Il ressemble beaucoup au PowerBook classique. La différence se fait sur une nouvelle possibilité : arrivé au bureau, vous pouvez installer l’ordinateur sur un dock et ainsi profiter de possibilités supplémentaires. Par exemple, connecter un disque dur externe, un lecteur de disquettes, un écran externe plus spacieux, un clavier plus grand, se connecter à un réseau ou à un périphérique SCSI.
Tout est lié au dock sur lequel sont branchés les autres éléments tels qu’un disque dur externe ou un écran. Il permet aussi d’améliorer les performances du PowerBook : il est possible via le NuBus d’ajouter de la puissance processeur avec plus de mémoire virtuelle, permettant la gestion d’un écran plus grand et en couleur. Une fois le travail fini au bureau, il suffit d’appuyer sur un bouton sur le dock pour éjecter le PowerBook et partir vers de nouvelles aventures.
Au milieu des années 90, Apple est au plus mal. Afin de trouver de nouvelles sources de revenu, la société essaie de se diversifier. En effet, la concurrence dans le monde des ordinateurs personnels est de plus en plus farouche. Apple avait alors du mal à tirer son épingle du jeu. Cupertino essaie alors de trouver d’autres marchés. En partenariat avec Kodak, Apple sort l’un des premiers, si ce n’est le premier, appareil photo numérique : le Quicktake Digital Camera.
Les photos prises sont d’une résolution de 640*480 pixels au maximum. Pas de mise au point disponible, pas de zoom ni d’écran de prévisualisation, le Quicktake a néanmoins un flash. Malheureusement, il ne se vendra pas bien : avec un prix de 750 $, cela reste trop cher pour un produit grand public. De plus, la concurrence va rapidement mettre sur le marché des produits concurrents avec une image de marque plus adéquate avec la photographie.
Console de jeu Pippin
Dans le même esprit de diversification que l’appareil photo numérique QuickTake, Apple décide d’entrer sur le marché des jeux vidéo alors en plein essor au milieu des années 90. Au lieu de créer sa propre console, il est décidé de faire une plateforme ouverte permettant à n’importe quel constructeur de produire sa console à condition qu’elle remplisse un certain nombre de contraintes. La Pippin (aussi écrit PiPP!N) est née de cette volonté en partenariat avec Bandai. La console est basée sur la plateforme Mac avec un lecteur CD-ROM. Elle se trouve en trois versions : la Bandai Pippin Atmark pour le marché japonais qui est beige, comme tous les ordinateurs Apple à l’époque, la Bandai Pippin @World qui, elle, est noire pour le marché américain et enfin la Katz Media Pippin, version européenne, qui est utilisée principalement comme centre multimédia pour les hôtels. Une chose notable est la présence d’une trackball sur la manette, inédit pour une console de jeux. Autre spécificité : quelques années avant la Dreamcast, la Pippin permet de se connecter à Internet.
C’est un échec commercial de grande ampleur. La Pippin restera dans l’imaginaire collectif comme une des pires consoles jamais sorties. Il faut dire que la concurrence était rude avec la Sega Saturn et la Sony PlayStation.
eMate
L’eMate est une version du Newton mais avec un clavier intégré. Sorte de chainon manquant entre l’ordinateur portable et un PDA, il utilise le système d’exploitation du Newton. Il est possible d’interagir avec un stylet sur son écran tactile et le clavier permet de prendre des notes plus facilement. Originellement prévu pour le marché de l’éducation, il est rapidement abandonné. En effet, peu après sa sortie, Steve Jobs revient à la tête d’Apple et décide d’abandonner la ligne des Newton.
L'iBook G3 reprendra des éléments de style de l'eMate.
Cependant, il rentrera dans l’histoire d’une manière détournée. En effet, Steve Jobs aime beaucoup son design tout en courbes et en plastique translucide. Il demandera à Jony Ive de s’en inspirer pour faire l’iMac G3. Par la suite, les iBook G3 auront un design assez proche.
Et pour vous, quel est le produit d’Apple le plus bizarre ?