Une semaine à peine après la mise en vente des premiers Googlebook, une développeuse a publié un script qui fait tourner le nouveau système de Google sur n'importe quel Mac Apple Silicon. De quoi se faire une idée du concurrent annoncé des MacBook sans débourser les 1 099 à 1 399 euros demandés en France. Et vu les premiers tests, c'est peut-être la meilleure façon d'y goûter.
Un lancement compliqué
Les Googlebook, ces portables qui fusionnent Android et ChromeOS et qui doivent remplacer les Chromebook à terme, sont vendus en France depuis le 5 octobre chez Boulanger et Fnac Darty, avec quatre modèles signés HP, Acer, Lenovo et Asus facturés de 1 099 à 1 399 euros. Sauf que les premiers retours piquent. La liaison avec le téléphone demande plusieurs redémarrages avant de fonctionner, le transfert de fichiers met de longues minutes à déplacer une simple photo, Chrome ne gère pas les profils multiples et certaines applications du Play Store refusent carrément de s'installer. Les possesseurs de Samsung Galaxy, eux, ont attendu une mise à jour publiée cette semaine pour profiter des fonctions de continuité sous One UI 9.0. C'est un peu rude pour des machines vendues au prix d'un MacBook Air.
Une bidouille bien pensée
C'est dans ce contexte que la développeuse Skylar Taylor-Barrick a mis en ligne gbos-vm, un script open source repéré le 11 octobre qui installe Googlebook OS dans une machine virtuelle sur Mac. Le script télécharge l'image de récupération officielle du modèle de Dell, environ 9 Go, remplace les éléments liés au matériel d'origine par des composants virtuels issus du projet Cuttlefish de Google, puis lance le tout sous QEMU. Et comme le système s'appuie sur l'API graphique Vulkan quand les Mac utilisent Metal, l'outil MoltenVK fait la traduction entre les deux, ce qui permet à la machine virtuelle de profiter de la puce graphique du Mac. Il faut un Mac Apple Silicon avec 16 Go de mémoire vive, 60 Go d'espace libre et les outils de développement d'Apple et d'Android. L'installation a été validée sur des MacBook Pro M1 Pro et M2 Max, un Mac mini M4 et un MacBook Air M5.
Des limites bien réelles
Le projet est encore rustique. Le Bluetooth plante au démarrage, l'affichage plafonne à 60 Hz, un processus lié à la puce de sécurité redémarre en boucle et le son saute parfois. Plus gênant, les clés de chiffrement ne sont plus protégées par une puce dédiée, puisque la machine virtuelle n'en a pas. La développeuse recommande du coup de traiter l'ensemble comme un environnement de test et d'éviter d'y connecter son compte Google principal.
On en dit quoi ?
C'est toujours rigolo de voir le système censé bousculer les MacBook tourner dans une fenêtre de macOS une semaine après sa sortie. Mais cette bidouille gratuite a un vrai mérite : elle permet de vérifier par soi-même si les critiques des premiers tests, qui décrivent une belle idée encore mal exécutée, sont justifiées. Pour le moment, votre MacBook ne risque pas grand-chose.