L’intelligence artificielle continue de redessiner les priorités des géants américains de la tech. À l’occasion de leurs résultats trimestriels, Alphabet, Microsoft et Meta ont tous affiché une forte croissance portée par le cloud, les abonnements premium et les services IA. Mais derrière ces performances financières solides se cache une autre réalité : les investissements explosent, les infrastructures saturent et la bataille pour dominer l’IA générative devient de plus en plus coûteuse.
Google mise sur les abonnements et le cloud IA
Chez Google, la progression des services payants reste spectaculaire. Alphabet revendique désormais 350 millions d’abonnements à travers ses différentes plateformes, contre 325 millions fin 2025. Cette hausse repose principalement sur YouTube Premium et Google One, qui intègre désormais certaines fonctions avancées de Google Gemini.
En parallèle, Google Cloud réalise un trimestre record avec plus de 20 milliards de dollars de revenus, en hausse de 63 % sur un an. Sundar Pichai explique cette croissance par la forte demande autour des solutions IA, notamment Gemini Enterprise et les infrastructures cloud dédiées aux entreprises. Google indique même que les produits liés à son IA générative progressent de près de 800 % sur un an.
YouTube et Gemini soulèvent encore des interrogations
Malgré cette forte croissance, certains indicateurs inquiètent Wall Street. Les revenus publicitaires de YouTube atteignent 9,88 milliards de dollars, légèrement sous les attentes des analystes. Une situation qui s’explique notamment par la montée en puissance des abonnements sans publicité comme YouTube Premium, qui réduisent mécaniquement les revenus issus des annonces.
Google reste également très discret sur les performances exactes de Gemini. Le groupe n’a communiqué ni le nombre précis d’abonnés, ni celui des utilisateurs actifs mensuels de son assistant IA. Alphabet évoque simplement une hausse de 40 % des utilisateurs payants de Gemini Enterprise sur un trimestre, sans donner davantage de chiffres, signe que la bataille face à ChatGPT et aux autres concurrents reste encore ouverte.
Microsoft transforme Copilot en outil incontournable
Du côté de Microsoft, l’intégration de l’IA dans les outils bureautiques semble commencer à porter ses fruits. Satya Nadella a annoncé que Microsoft 365 Copilot comptait désormais 20 millions de licences payantes en entreprise. De grands groupes comme Mercedes-Benz, Bayer ou Johnson & Johnson déploient désormais l’outil à très grande échelle.
Microsoft affirme également que l’usage explose. Selon Nadella, l’engagement autour de Copilot atteint désormais un niveau comparable à celui d’Outlook. L’entreprise pousse particulièrement les fonctions agentiques, capables d’exécuter des tâches complexes directement dans Word, Excel ou PowerPoint, afin d’ancrer l’IA dans les usages quotidiens des salariés.
Meta continue de brûler des milliards
Chez Meta, les résultats financiers restent solides avec 56,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires trimestriel et un bénéfice net de 26,8 milliards. Pourtant, les investisseurs s’inquiètent toujours du niveau colossal des dépenses engagées par le groupe de Mark Zuckerberg.
La division Reality Labs, responsable des casques VR et des lunettes connectées, a encore perdu près de 4 milliards de dollars ce trimestre. Depuis 2021, cette branche a englouti plus de 83 milliards de dollars. Désormais, Meta prépare aussi une nouvelle phase d’investissements massifs dans l’IA, avec des dépenses prévues entre 125 et 145 milliards de dollars en 2026 pour financer infrastructures et puissance de calcul. Dans ces conditions, le titre s'effondre en bourse.
Qu'en penser ?
Ces résultats montrent que les géants américains entrent dans une nouvelle phase de la révolution IA. Tous cherchent désormais à transformer leurs services historiques — cloud, bureautique, vidéo ou réseaux sociaux — en plateformes dopées à l’intelligence artificielle.
Mais cette transition a un coût colossal. Centres de données, GPU, recrutement de chercheurs et infrastructures énergétiques pèsent lourdement sur les finances des groupes. Si la croissance reste forte aujourd’hui, les investisseurs attendent désormais des preuves concrètes que cette gigantesque course à l’IA pourra devenir durablement rentable.