Le rachat de PayPal, qui aurait figuré parmi les plus gros de l'histoire, tombe à l'eau. Le consortium formé par la plateforme de paiement Stripe et le fonds d'investissement Advent renonce à mettre la main sur le pionnier du paiement en ligne, après un refus net de son conseil d'administration. En jeu, une offre de 53 milliards de dollars jugée bien trop basse.
Un des plus gros rachats de l'histoire, avorté
D'après Bloomberg, Advent et Stripe proposaient 60,50 dollars par action, ce qui valorisait PayPal à plus de 53 milliards de dollars, soit près de 49 milliards d'euros. L'opération aurait été l'un des plus gros rachats par endettement jamais réalisés, ce type de montage où l'acheteur finance l'essentiel de l'addition à crédit avant de se rembourser sur les revenus de sa cible. Autant dire un morceau colossal, surtout venant de Stripe, ce concurrent plus jeune qui monte en puissance dans le paiement et qui rêvait visiblement d'avaler l'un des grands noms historiques du secteur.
Pourquoi PayPal a claqué la porte
Le conseil d'administration de PayPal n'a pas été long à trancher, estimant que l'offre sous-évaluait franchement l'entreprise. Les administrateurs misent sur un vrai potentiel de rebond, en particulier sous la houlette du nouveau patron Enrique Lores, arrivé aux commandes en mars 2026. À cela se sont ajoutés des obstacles réglementaires et des difficultés de financement, dans un contexte où boucler un chèque de cette taille n'a rien d'évident. Le consortium a alors refusé de remonter sa proposition, et plutôt que de se lancer dans un bras de fer, il a préféré tout simplement se retirer.
PayPal coincé entre Apple Pay et Google Pay
Ce refus est un pari, car PayPal traverse une période délicate. La marque peine à tenir tête à Apple Pay et Google Pay, qui grignotent le terrain avec l'avantage d'être intégrés directement dans les téléphones, pendant que son cours de bourse fait du surplace et que sa croissance ralentit. Dire non à 53 milliards quand on stagne demande donc un certain aplomb, et tout l'enjeu pour la direction sera de prouver que le titre vaut réellement mieux que ce qu'on lui proposait. Si le redressement tarde, certains actionnaires pourraient vite regretter que la porte se soit refermée aussi sèchement.
On en dit quoi ?
C'est un joli bras de fer, avec un PayPal qui refuse de se brader malgré des difficultés bien réelles, et un Stripe qui repart bredouille de sa tentative de casse du siècle. La position du conseil se défend, personne n'aime vendre au plus bas. Reste que parier sur un rebond dans un marché du paiement où Apple et Google avancent à toute vitesse, c'est un sacré pari, et il faudra vite des résultats pour donner raison à ceux qui ont dit non.