L'Italie a commencé à sanctionner directement les utilisateurs d'IPTV illégale avec des amendes pouvant grimper jusqu'à 5 000 euros. La France, elle, reste pour l'instant plus mesurée, mais le cadre juridique est déjà en place.
L'Italie passe à l'offensive
L'an dernier, le fisc italien a verbalisé plus de 2 000 abonnés à des services d'IPTV après avoir mis la main sur la base de données clients d'un réseau démantelé. Les amendes vont de 154 euros pour une première infraction à 5 000 euros en cas de récidive. Et ce n'est pas tout : à l'automne 2025, DAZN a envoyé des courriers aux abonnés identifiés pour réclamer 500 euros de dommages et intérêts.
La Serie A, elle, a fait encore plus fort en janvier 2026, avec près de 2 000 lettres exigeant 1 000 euros chacune. Le PDG Luigi De Siervo a même évoqué des montants pouvant atteindre 5 000 euros, plus 1 000 euros de compensation. Histoire d'aller encore plus loin, le ministre des Sports italien a même proposé de publier les noms des abonnés à des services IPTV, histoire de leur mettre la honte. Difficile de voir l'intérêt de cette mesure, mais admettons.
Et en France ?
En France aussi ça bouge, et le Sénat a déjà adopté une loi sur le piratage audiovisuel aggravé. En gros, les fournisseurs de services de ce type risquent trois ans de prison et 300 000 euros d'amende. Les utilisateurs, eux, seraient considérés comme des utilisateurs de contrefaçon, avec le risque d'une amende de 375 000 euros et de cinq ans de prison.
Une amende forfaitaire de 750 euros est aussi prévue pour la détention d'un boîtier préconfiguré. Sauf que pour l'instant, la France privilégie le blocage : l'Arcom a bloqué près de 2 000 sites illégaux en 2024. Et en janvier 2026, le tribunal de Paris a ordonné à NordVPN et Surfshark de filtrer l'accès à 16 plateformes IPTV depuis la France. 232 utilisateurs ont quand même été sanctionnés, avec des amendes allant de 90 à 1 000 euros.
Des risques pour les abonnés
Le modèle italien fait peur parce qu'il repose sur un principe assez redoutable : une fois la base de données saisie, chaque abonné devient identifiable et reçoit une amende quasi automatique. En France, le dispositif est différent, la traque passe par les adresses IP et l'Arcom procède par avertissements progressifs. Trois quarts des personnes averties cesseraient leur utilisation après les premières notifications. Mais le scénario à l'italienne, où les ayants droit envoient directement la facture, est tout à fait envisageable si une base de données tombe entre de bonnes mains.
On en dit quoi ?
Honnêtement, on ne va pas se mettre à plaindre les revendeurs de ce type de services, mais on peut quand même admettre que la double peine à l'italienne est intense. On peut comprendre la volonté de taper au portefeuille, mais il faut peut-être doser un peu quand même.