Selon Mind Media, Canal+ a porté l'affaire devant la justice et réclame 137 millions d'euros à Disney. Le groupe français accuse son ancien partenaire d'avoir siphonné une partie de sa base d'abonnés pendant leur partenariat de distribution entre 2020 et 2024.
Un partenariat devenu procès
L'affaire remonte à décembre 2019, quand Canal+ et Disney avaient annoncé un partenariat de distribution. Pendant quatre ans, de 2020 à 2024, le groupe français commercialisait les chaînes TV Disney, diffusait les films Disney et proposait aussi le service Disney+ dans ses offres. Sauf que côté Disney, l'idée a fini par changer. Le 4 novembre 2024, l'américain a officiellement mis fin à l'accord, avec effet au 1er janvier 2025, pour distribuer Disney+ en direct sans passer par Canal+. La rupture était déjà douloureuse. La suite l'est plus encore.
Le vol de données qui fâche
Selon Mind Media, Canal+ accuse Disney d'avoir siphonné une partie de sa relation client pendant le partenariat. En clair, le groupe français reproche à Disney d'avoir détourné des informations d'abonnés pour son activité de streaming. Ces données, qui sont en fait la liste des clients ayant souscrit au bundle, auraient été utilisées par Disney+ pour son business après la rupture du contrat. D'où la demande d'indemnisation chiffrée à 137 millions d'euros. La procédure est en cours, et ni Canal+ ni Disney n'ont commenté publiquement.
Un précédent qui inquiète toute l'industrie
Le cas dépasse largement le conflit entre Canal+ et Disney. Aujourd'hui, plein d'éditeurs s'appuient sur des accords de bundle pour développer leurs abonnements (Apple TV+ via Canal+, Max via certains distributeurs européens). Si la justice donne raison à Canal+, les partenaires vont devoir repenser leurs contrats, avec sûrement des clauses qui interdisent explicitement la réutilisation des données après la fin de l'accord. Le contexte général entre les deux groupes est de toute façon tendu : depuis le départ de Disney+ du bouquet Canal+, les deux ont aussi croisé le fer sur la chronologie des médias en France.
On en dit quoi ?
Honnêtement, 137 millions d'euros, c'est beaucoup. Mais quand on connaît l'historique de Canal+ avec ses partenaires (HBO, Netflix avant, et maintenant Disney), on voit bien que la chaîne cryptée n'a pas l'intention de se laisser faire. Maxime Saada, le patron du groupe, est connu pour défendre âprement les intérêts financiers de la chaîne. Pour Disney, qui a déjà bousculé toute l'industrie cinéma française en obtenant une fenêtre de diffusion très favorable contre un investissement réduit, la facture risque quand même d'être lourde. Et pour les autres éditeurs qui regardent la procédure de près, c'est aussi un avertissement. Un accord de bundle, c'est pratique pour le marketing, sauf que le jour où ça se termine, la séparation peut coûter cher.