Patrick Stewart est mort hier, le 28 octobre à Los Angeles, à 86 ans, des suites de la maladie d'Alzheimer et d'une démence à corps de Lewy. Tout le monde pleure le capitaine Picard, et c'est bien normal. Mais l'acteur anglais aligne plus de soixante ans de carrière, souvent très loin de l'Enterprise. On a retenu cinq films à revoir, et aucun ne demande d'aimer Star Trek.
Deux armures avant Picard
En 1981, John Boorman lui confie le rôle de Leondegrance dans Excalibur, le père de Guenièvre, casque sur la tête et voix déjà reconnaissable entre mille. Stewart a alors 40 ans, quinze années de Royal Shakespeare Company derrière lui, et le cinéma commence à peine à le remarquer. Trois ans plus tard, David Lynch en fait Gurney Halleck dans Dune, le maître d'armes qui forme le jeune Paul Atreides. Le film de 1984 s'est pris une veste en salle, mais il est devenu culte avec le temps, et les scènes entre Stewart et Kyle MacLachlan valent à elles seules le détour.
Le méchant qu'on n'attendait pas
En 1997, Richard Donner le transforme en docteur Jonas dans Complots, un psychiatre glaçant qui traque Mel Gibson dans tout New York, avec Julia Roberts au milieu. Le vrai choc arrive en 2015 avec Green Room de Jeremy Saulnier. Il y joue Darcy, patron d'un club néonazi décidé à faire disparaître un petit groupe de punk témoin d'un meurtre. Pas un cri, pas un effet de manche. Juste un homme calme, poli, et absolument terrifiant. Face à lui, un certain Anton Yelchin, qui jouait Chekov dans les films Star Trek des années 2010.
Logan, le plus dur à revoir
En 2017, James Mangold filme un Charles Xavier de 90 ans passés, rongé par une maladie neurodégénérative et caché au Mexique par un Wolverine en bout de course. Oui, c'est encore une franchise, mais Logan ne ressemble à aucun autre film de super-héros, et la prestation de Stewart y est pour beaucoup. Le film a décroché une nomination à l'Oscar du scénario adapté, une première pour le genre. Le revoir aujourd'hui, en sachant de quoi l'acteur est réellement mort, serre un peu le ventre. C'est pourtant peut-être son plus beau rôle au cinéma.
On en dit quoi ?
On perd un capitaine, mais on perd surtout un immense acteur de composition, formé au théâtre et capable de tout jouer. Stewart a passé quarante ans à casser son image de sage galactique, en roi arthurien, en maître d'armes, en psychiatre tortionnaire, en vieillard brisé. Du coup, si vous ne devez en revoir qu'un, prenez Green Room. Passer une heure et demie à détester l'homme le plus rassurant de la télévision, c'est quand même le plus beau compliment qu'on puisse faire à un comédien.