Une coalition de navigateurs baptisée Browser Choice Alliance, qui réunit Google Chrome, Opera, Vivaldi, Midori et quelques autres, vient d'écrire à Satya Nadella, le patron de Microsoft. Sa demande, que les utilisateurs Windows puissent enfin choisir librement leur navigateur, sans les obstacles dont Microsoft entoure son Edge maison. Apple, lui, reste à l'écart de la bagarre.
Ce que l'alliance reproche à Microsoft
La lettre ouverte, datée du 3 juin, dresse une liste précise de griefs. Edge est préinstallé sur chaque PC Windows et reste impossible à désinstaller sur la plupart des machines dans le monde. Quand l'utilisateur cherche un navigateur concurrent, le système lui sert des messages dissuasifs, et il arrive qu'Edge se réinstalle de force comme application par défaut après une modification. S'ajoute l'intégration imposée de l'assistant Copilot dans les panneaux d'Edge, et une procédure volontairement pénible pour changer de navigateur par défaut. Bref, une série de petits cailloux dans la chaussure de tous ceux qui veulent autre chose.
Une demande simple, le choix en un clic
Au fond, la coalition ne réclame rien d'extravagant, juste que basculer vers un autre navigateur se fasse en un seul clic, pour tous les types de fichiers, et que ce choix soit respecté. Le timing n'a rien d'innocent. En Europe, le règlement sur les marchés numériques a déjà forcé Microsoft à lâcher du lest depuis 2025, en autorisant par exemple la désinstallation d'Edge. Le problème, c'est que ces concessions arrachées par Bruxelles s'arrêtent aux frontières du continent, et que partout ailleurs, le verrouillage tient bon. L'alliance demande donc que ces règles deviennent mondiales.
Et Apple dans tout ça ?
L'absence d'Apple et de Safari de cette croisade ne veut pas dire que Cupertino soit irréprochable sur le sujet. La marque a longtemps imposé son moteur de rendu à tous les navigateurs sur iPhone, et c'est là encore le même règlement européen qui l'a contrainte à ouvrir les vannes, avec un écran de choix du navigateur et l'autorisation de moteurs alternatifs sur le Vieux Continent. La différence, c'est qu'Apple a déjà essuyé cette tempête réglementaire, quand Microsoft est cette fois visé non par un régulateur, mais par ses propres concurrents.
On en dit quoi ?
Il y a quelque chose d'un peu cocasse à voir Google se poser en chevalier du libre choix, lui qui verse chaque année des milliards à Apple pour rester le moteur de recherche par défaut sur l'iPhone et qui écrase le marché des navigateurs avec Chrome. La cause défendue n'en est pas moins juste, parce qu'un système qui rend la désinstallation d'un logiciel quasi impossible et qui harcèle l'utilisateur dès qu'il regarde ailleurs, ça mérite bien une lettre un peu salée. Reste que sans la menace d'un régulateur derrière, une pétition entre concurrents pèse rarement bien lourd face à Microsoft. Vous utilisez quel navigateur sur macOS vous d'ailleurs ?