Une enquête du Wall Street Journal accuse Polymarket d'avoir financé des centaines de créateurs pour filmer de faux gains sur des copies de son site. Plus de 2,5 millions de dollars versés, 1 105 vidéos analysées, 140 millions de vues, et pas un seul pari réel. La plateforme promet maintenant d'auditer ses contenus promotionnels.
Des gains filmés sur un faux site
Polymarket, plateforme de paris sur des événements comme les élections ou le sport, aurait orchestré une promotion bien rodée. Selon le Wall Street Journal, des créateurs, souvent des étudiants, ont été payés pour publier des vidéos où ils empochaient de jolies sommes. Sauf que les paris n'existaient pas. Beaucoup de ces clips ont été tournés sur des copies quasi parfaites du site, avec des trades et des gains bidons. Le journal a passé au crible 1 105 vidéos et les supports d'instruction remis aux créateurs.
2,5 millions de dollars via un PayPal personnel
Aucun des quelque 1,9 million de dollars de paris montrés dans ces vidéos n'était réel. Côté rémunération, le directeur marketing Matthew Modabber aurait utilisé son compte PayPal personnel pour envoyer plus de 2,5 millions de dollars à plus de 800 personnes entre janvier 2025 et février 2026. Chaque créateur touchait 2 000 à 3 000 dollars par mois, avec une consigne claire : ne jamais dire qu'il était payé par Polymarket. Une société de marketing a ensuite poussé ces vidéos, qui ont dépassé les 140 millions de vues.
Des partenaires qui s'affichaient seulement quand on les regardait
Les créateurs n'ont ajouté la mention obligatoire "@polymarket partner" dans leur bio qu'une fois les journalistes lancés sur leur collaboration. Razeen Khan, un étudiant qui a travaillé avec la plateforme jusqu'en mars 2026, compare ça à la publicité du fast-food, où le hamburger photographié sous toutes les coutures n'a jamais grand-chose à voir avec ce qu'on vous tend au comptoir. Polymarket botte poliment en touche, assurant rester engagé à maintenir des marchés précis, justes et transparents.
On en dit quoi ?
C'est un peu gênant de voir une plateforme qui vend la sagesse des foules et la transparence des prix se faire prendre à fabriquer de fausses réussites. Le plus problématique n'est pas la mise en scène, assez banale dans le marketing d'influence, mais la consigne de silence imposée aux créateurs et le recours au PayPal personnel du directeur marketing pour faire transiter 2,5 millions de dollars hors de tout circuit officiel. On serait curieux de savoir si les régulateurs américains finiront par s'en mêler : vendre des gains qui n'ont jamais existé, c'est un peu gros.