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Meta rappelé à l'ordre en France, il devra repayer la presse et ouvrir ses comptes sous quinze jours

Par Vincent Lautier - Publié le

L'Autorité de la concurrence vient de taper du poing sur la table. Elle reproche à Meta de ne plus rémunérer la presse française pour les articles qui circulent sur ses réseaux, et lui impose des mesures d'urgence, dont l'obligation de rouvrir des négociations de bonne foi et de dévoiler sous quinze jours les revenus qu'il tire de ces contenus.

Meta rappelé à l'ordre en France, il devra repayer la presse et ouvrir ses comptes sous quinze jours


Ce que l'Autorité reproche à Meta



Pour bien comprendre, il faut revenir aux droits voisins, ce mécanisme né de la loi de 2019 qui oblige les plateformes à payer les éditeurs et les agences quand elles réutilisent leurs articles. Sauf que voilà, Meta a laissé ses accords expirer, fin 2024 pour la société des droits voisins de la presse et début 2025 pour l'Alliance de la presse d'information générale, si bien que leurs membres ne touchent plus rien depuis. Ce sont ces deux organisations qui ont saisi l'Autorité, en accusant Meta de vouloir imposer sa propre méthode de calcul de la rémunération tout en refusant de livrer les informations qui permettraient de la vérifier, et en limitant sa proposition aux seuls contenus postés par les utilisateurs de Facebook.

Meta rappelé à l'ordre en France, il devra repayer la presse et ouvrir ses comptes sous quinze jours


Des mesures d'urgence, pas encore une amende



Le 8 juillet, l'Autorité a rendu deux décisions estimant qu'il existe des indices sérieux d'un abus de position dominante et une atteinte grave portée à la presse. Concrètement, ce sont des mesures conservatoires, c'est-à-dire des obligations prises en urgence le temps que l'enquête de fond se poursuive. Meta se retrouve donc contraint de remettre les négociations sur les rails avec des critères clairs, en couvrant tout ce qui a été repris depuis début 2025, et de lâcher sous quinze jours les informations utiles, à commencer par ces fameux revenus. Il lui est même interdit de faire discrètement disparaître les articles des éditeurs concernés tant que durent les discussions.

Le remake du dossier Google



Ce feuilleton a un air de déjà-vu, puisque Google était passé par là avant lui, avec une amende de 500 millions d'euros en 2021 puis une autre de 250 millions en 2024, justement pour avoir traîné les pieds sur ces mêmes droits voisins. En ressortant la même procédure contre Meta, l'Autorité fait comprendre à toutes les plateformes qu'il n'est plus question de payer la presse le moins possible en espérant que personne ne regarde de trop près.

On en dit quoi ?



Obliger Meta à ouvrir ses livres de comptes et à arrêter de faire disparaître les articles, c'est une belle prise pour les éditeurs, d'autant que ce chiffre des revenus est exactement ce que les plateformes gardent jalousement au chaud. Reste que si Meta décide de jouer la montre à la manière de Google, l'addition finira par arriver, ce n'est plus qu'une question de patience.